Le mérite de la récitation nuit et jour du le Coran

06/07/2010| IslamWeb

Selon Abd-Allah Ibn ‘Amr (), le Prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) a dit: «Point d'envie (légitime), sinon dans les deux (cas suivants) : Un homme à qui Allah a donné le Coran et qui donc passe la nuit et la journée à le réciter et un  homme à qui Allah accordé et lui a donné la force de dépenser  nuit et jour dans de bonnes œuvres." (Hadith rapporté par Boukhari et Mouslim)


Il y’a deux sortes d'envie  une détestable et une louable. L’envie détestable est celle qui se confond avec le souhait de voir disparaître la faveur qu’Allah, exalté soit-Il, a accordé autrui et l'envie recommandable est celle qui consiste à souhaiter obtenir le semblable de ce que l'envié possède en sciences ou en bien.
Passer la nuit avec le Coran veut dire la passer en le récitant, l’apprenant et le psalmodiant. Il est souhaitable qu'une pareille dévotion soit  à l'insu des autres, c'est-à-dire secrète. Etre avec le Coran pendant le jour c'est en appliquer publiquement les préceptes en raison de l'ordre émanant d'Allah dans ce sens mais aussi par souci de donner le bon exemple aux autres afin de gagner une récompense proportionnelle au nombre de ceux qui auront suivi son exemple.
Ce Hadith souligne deux choses :
La première est faveur qu'a celui qui possède le Coran et qui en applique les préceptes.
La deuxième est celle qu’a celui qui possède une fortune et à qui Allah a donné la force de la dépenser dans les voies du bien.
Soulignons en passant que la faveur d’obtenir la science est plus importante que celle d’obtenir la richesse c’est pourquoi Ali ibn Abi Talib () a dit à son disciple, Kamil Ibn Ziad Ibn Nahil : « ô, Kamil ! Sache que la science est meilleure que la richesse à plusieurs égards : Ta science te garde alors que ta richesse c’est toi qui la gardes. La science gouverne alors que la richesse est gouvernée. La richesse diminue avec la charité alors que la science augmente avec la dépense.» (N.T : La diminution de la richesse ici se réfère à la diminution apparente aux yeux des autres. Mais chez Allah elle ne cesse de se développer et d'augmenter).

Le Messager d'Allah a interprété ce hadith par un autre rapporté par Abou Kabchata  Al-Anmari () dans lequel il dit:
« Les biens de ce monde appartiennent à l'un de ces quatre individus:
1. Quelqu'un à qui Allah a octroyé une fortune et une science (sagesse). Il craint ainsi Allah dans la façon de la dépenser. Il en donne à ses proches et il sait qu’Allah a un droit dans cette fortune. Cet homme occupe la position la plus enviable.
2. Quelqu'un à qui Allah a octroyé une science sans lui donner de fortune. Or son intention est sincère quand il dit: «Si j'avais de l'argent, je le dépenserais à la manière d'untel (celui dont on vient de parler). Il est alors jugé sur son intention; lui et le précédent sont égaux dans le salaire. 
3. Quelqu'un à qui Allah a octroyé une fortune sans lui donner de science. Le voilà dépensant son argent à tort et à travers, sans craindre son Seigneur dans ses dépenses et sans rien donner à ses proches. Il ne reconnaît non plus à Allah aucun droit dans sa fortune. Celui-là occupe la position la plus mauvaise.
4. Quelqu'un à qui Allah n'a donné ni fortune ni science. Il ne fait que dire: «Si j'avais la richesse d'untel (celui dont on vient de parler), je la dépenserais à sa manière». Il est alors jugé sur son intention et son salaire est le même que celui du précédent.». (Rapporté par Attirmidhi)

Ainsi, le Messenger d'Allah (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) condamne le dernier homme non pas parce qu'il a souhaité avoir la même chose que l'autre mais parce qu'il a espéré commettre les mêmes péchés. En conséquence il n'y a pas de mal à envier les autres pour souhaiter avoir autant qu'eux aussi longtemps qu'on n'a pas souhaité voir disparaître leur faveur ou détester sa continuité. Eh bien s'il s'agit d'une faveur religieuse comme la foi, la prière et l'aumône alors une telle concurrence  est obligatoire, c’est-à-dire qu'il doit aimer être comme lui parce que s'il ne l'est pas cela veut dire qu'il s’accommode bien avec le péché ce qui est interdit. Si la faveur en question fait partie des vertus comme par exemple la dépense des biens dans les bonnes actions ou en charité alors la concurrence devient recommandée. S'il s'agit d'une faveur avec laquelle il jouit de façon halal alors la concurrence dans ce cas est halal (Voir  Revivification des sciences de la Religion par l'Imam Al-Ghazali - tome 3, p. 180).

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