Le verdict imposant ou interdisant la Hidjra

11-6-2007 | IslamWeb

Question:

J'ai 29 ans, je suis né en France où j'ai toujours vécu. Je voudrais savoir quels sont les critères qui rendent la "Hidjra" obligatoire.

Réponse:

Louange à Allah.  Paix et salut sur Son Prophète.

Cher frère,

 

Le verdict imposant ou interdisant la Hidjra  diffère selon les conditions des gens et des pays. L’’imam Ibn Qoudama le Hanbalite a établi que les gens à ce sujet sont répartis en trois groupes :

 

Le premier groupe : la Hidjra est obligatoire pour celui qui ne peut ni manifester publiquement sa religion, ni accomplir ses pratiques en restant avec les mécréants, tout en ayant la capacité d’émigrer.  Ceci selon ce verset coranique : « Ceux qui ont fait du tort à eux mêmes, les Anges enlèveront leurs âmes en disant : ‹Où en étiez-vous ?› (à propos de votre religion) - ‹Nous étions impuissants sur terre›, dirent-ils. Alors les Anges diront : ‹La terre d'Allah n'était-elle pas assez vaste pour vous permettre d'émigrer ?› Voilà bien ceux dont le refuge et l'Enfer. Et quelle mauvaise destination ! » (Sourate 04/ Verset 97)

 

Ce verset marque effectivement un avertissement sérieux signalant l'obligation.  L'accomplissement du devoir envers la religion est une obligation pour quiconque en est capable et l'émigration est une des nécessités favorisant ce devoir.

 

Le deuxième groupe : il est licite de ne pas effectuer la Hidjra, vu son incapacité due à une maladie, à la contrainte que représente le fait de rester dans ces pays où à la faiblesse, comme le cas des enfants des femmes,  etc. Ceux là sont dispensés de l'émigration étant donné qu'Allah le Très-Haut dit : « A l'exception des impuissants : hommes, femmes et enfants, incapables de se débrouiller, et qui ne trouvent aucune voie : A ceux-là, il se peut qu'Allah donne le pardon. Allah est Clément et Pardonneur. » (Sourate 04/ Versets 98-99).  

Son émigration ne peut même pas être qualifiée de recommandée  car il ne peut même pas l’effectuer.

 

Le troisième groupe : la Hidjra est recommandée sans être obligatoire à celui qui peut l’effectuer mais qui est capable de préserver sa religion tout en restant dans les pays mécréants. 

La Hidjra lui est désirable car en l’effectuant il pourra accroître le nombre de musulmans et les aider à combattre les mécréants. Il se mettra aussi à l’abri de leur mauvaise fréquentation et contre le fait d’accepter les actes interdits qu'ils commettent.

Par contre, l’émigration ne lui est pas obligatoire vu qu'il peut accomplir ses pratiques de culte sans contrainte.

 

On peut citer l’exemple d'Al Abbas, l'oncle paternel du Prophète, , qui demeurait à la Mecque bien qu’étant musulman.

De même, Nouâym Ibn An-Nahham voulait abandonner le pays de sa tribu mécréante, mais face à leur demande de rester avec eux sans changer sa religion, il a accepté.  En racontant son acte au Prophète, , il ne l'a pas désapprouvé.  Ce récit est relaté par Ibn Abd Al Bar dans "Al Istiâab", Ibn Assaker dans "Al Tarikh", Ibn Hadjar dans "Al Issaba", An-Nawawi dans "Tahdhib Al Asmaa'" et Ibn Al Athir dans "Ousdou Al Ghaba".

 

De ce qui précède, il ressort que l'émigration n'est pas obligatoire au musulman qui peut garantir la sécurité pour sa personne, son argent et sa famille, qui ne risque pas, ni lui ni sa famille, de succomber aux tentations et aux actes blâmables, tout en étant capable d’accomplir les rites de l’Islam dans le pays non-musulman où il réside.

 

En revanche, il lui est fermement recommandé d'émigrer pour rester au sein des pays des musulmans vu les bienfaits innombrables qu'il pourra acquérir dont le don d’Allah de pouvoir accomplir la prière en commun, d’écouter  l’Adhan, de fréquenter  les hommes pieux parmi les musulmans, qui plus est, les tentations y sont moins répandues et l'occasion d’accomplir les bonnes œuvres est plus grande. De même qu'il y a d'autres intérêts qui faciliteront à l'homme le bon comportement et la bonne voie. 

 

Quant au Hadith rapporté par Abou Dawoud, selon lequel le Prophète, , a annoncé son désaveu envers celui qui demeure dans les pays des mécréants, il concerne celui qui ne peut préserver sa piété. 

 

En outre, il n'y a pas d'inconvénient à ce qu'un musulman se déplace d'un pays non-musulman vers un autre, vu que les pays mécréants qui ne sont pas en guerre avec les pays musulmans sont égaux en ce qui concerne le verdict à leur égard. Ce verdict sera applicable d'autant plus s’il existe un intérêt légal considérable via l'apprentissage d'une science, Daâwa à Allah ou l’entraide dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété.

 

Et Allah sait mieux.

                                                                           

                                                                           

 

 

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