La Zakat est obligatoire sur l'argent donné en gage et sur l'argent placé en Moudaraba Fatwa No: 138672
- Fatwa Date:17-1-2026
Je possède un million de livres syriennes réparties comme suit :
• 400 000 : un montant donné en gage pour une maison, car j'ai besoin d'un logement.
• 300 000 : un montant investi chez une personne, générant un profit mensuel licite.
• 300 000 : le montant payé pour un carnet de souscription à une coopérative immobilière, qui n'est pas encore attribué et est en cours de construction.
Sachant que je ne possède rien d'autre, que je suis sur le point de me marier et que j'attends que la somme augmente pour pouvoir le faire. Ma question est : où se trouve l'obligation de l'aumône légale (Zakat) dans ces montants ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
La Zakat vous est obligatoire sur l'argent que vous possédez, à condition qu'il ait atteint le seuil imposable (Nisab) et qu'une année lunaire se soit écoulée depuis le moment où vous en avez pris possession.
1. Concernant les 400 000 que vous avez données en gage :
Nous n'avons pas compris clairement ce que vous entendez par ce "gage". Si vous faites référence au gage conforme à la Charia (ar-Rahn ash-Shar'i), c'est-à-dire le fait de déposer cet argent comme garantie (caution) à partir de laquelle un droit que vous devez sera prélevé, alors la Zakat est obligatoire sur ce montant si l'année lunaire s'est écoulée. Si le créancier gagiste vous autorise à prélever la Zakat sur cet argent, vous le faites. Sinon, vous la sortez d'un autre bien, ou vous attendez que le gage soit levé pour vous acquitter de la Zakat des années écoulées.
Le Cheikh Al-'Uthaymin (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : L'argent donné en gage est soumis à Zakat s'il s'agit d'un bien assujetti à la Zakat. Cependant, c'est le constituant du gage qui la sort de cet argent, avec l'accord du créancier gagiste. Exemple : un homme donne en gage du bétail (moutons) – et le bétail est un bien soumis à la Zakat – à une personne. LA Zakat est obligatoire sur ce bétail, elle ne peut être omise ; car le gage n'abroge pas la Zakat. Il s'en acquitte, mais avec l'autorisation du créancier gagiste. Fin de citation.
Il convient de noter qu'il existe des détails et des divergences entre les oulémas concernant le gage d'argent (numéraire).
Il est mentionné dans Al-Mawsu'at al-Fiqhiyya (L'Encyclopédie du Fiqh) :
• Les Hanafites et les Malikites sont d'avis qu'il est permis de donner de l'argent en gage.
- Les Hanafites disent : cela n'est valide que pour garantir le recouvrement à partir de cet argent. S'il est gagé auprès d'une personne de même espèce (monnaie) et qu'il est détruit, son équivalent est déduit de la dette, car le recouvrement a eu lieu. Il n'y a pas d'intérêt à lui imposer de rendre l'équivalent, puisqu'il s'agit d'un bien fongible, qu'il donnera ensuite au titulaire du droit pour s'acquitter.
- Les Malikites disent : il est permis de donner de l'argent en gage, qu'il soit placé sous la garde d'un tiers de confiance ou entre les mains du créancier gagiste. Ils ont cependant posé comme condition de validité que l'argent soit scellé d'un sceau solide, de sorte que si le sceau est brisé, cela se remarque. Ils ont posé cette condition pour bloquer les voies d'accès à l'interdit, car il est possible que les deux parties aient eu l'intention d'un prêt (Sala f) et l'aient simplement nommé "gage". Or, le prêt associé à un crédit (Muda'yana) est interdit.
• Les Shafi'ites et les Hanbalites estiment qu'il est valide que le prix de vente constitue un gage, dans le cas où le constituant du gage ou le juge vend le bien gagé, ou si l'on vend un bien périssable contre un paiement différé : il est vendu et son prix constitue le gage. Fin de citation.
2. Concernant l'argent placé en commandite (Moudaraba) :
La Zakat vous est également obligatoire sur ce capital. Les profits qui en découlent lui sont rattachés ; ils sont soumis à sa Zakat si vous ne les dépensez pas au cours de l'année lunaire.
3. Concernant le reste de l'argent (les 300 000 pour le logement) :
Il n'y a pas de Zakat sur ce montant si vous en êtes dessaisi pour l'achat d'un logement, selon ce que nous avons compris de la question (c'est-à-dire que vous l'avez versé comme faisant partie du prix du logement).
Remarque importante : Si vous avez des dettes, les oulémas divergent sur le fait de les déduire de l'argent soumis à la Zakat que vous détenez. La position la plus prudente (al-Ahwat) est que vous vous acquittiez de la Zakat sur la totalité de ce que vous détenez, sans tenir compte de vos dettes, afin de sortir de la divergence d'opinions.
Et Allah sait mieux.