Une femme mariée se remarie !
Fatwa No: 242239

Question

Salam alaykoum, En fait, j'ai déjà exposé le problème, mais je ne suis pas bien sûr que mon message ait eu la chance de vous parvenir, n'ayant vu aucun indice qui me l'eût confirmé sur l'écran de mon PC. LES FAITS: 1-Un garçon demande la main d'une fille majeure qui accepte ; ses parents aussi sont d'accord. 2-Quelques mois plus tard, le mariage est fêté avec des invités ; des photos sont prises, etc. 3-D'un commun accord, la rédaction de l'acte de mariage est reportée à plus tard ; la fille rend le montant de la dot en vue de le reprendre le jour où l'on décidera de se présenter devant les Adouls pour faire rédiger l'acte. Bien sûr, il n'y a pas eu de consommation du mariage -pas de nuit nuptiale- 4-Après des mois d'attente, un malentendu survient entre les deux jeunes en question et c'est la rupture ; plus précisément c'est elle qui rompt. 5-La fille ne perd pas de temps, elle se marie avec un autre. QUESTION: Est-ce que ce deuxième mariage est conforme à la Charia ou bien il aurait fallu que le premier garçon prononçât et fît entendre à la fille les mots du divorce devant deux des témoins au courant de la première alliance ? Merci de bien vouloir nous éclairer là-dessus.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

D'après ce qui est mentionné dans la question, il semble que le mariage a bel et bien été contracté et que, de ce fait, cette femme soit devenue l'épouse de cet homme. Quant au fait qu'elle lui ait rendu la dot et se soit arrangée avec lui pour reporter la rédaction de l'acte de marriage, il n'influence en rien son statut de femme mariée. En effet, si les conditions du mariage contracté sont préalablement remplies et qu’aucun empêchement n’est venu l’entraver, celui-ci est considéré comme religieusement valable, sans considération aucune pour le fait qu'il ait été rédigé ou enregistré auprès des services compétents ou pas, car cela n'est qu'un moyen de contrôle et de préservation des droits. Quant à la femme mariée, elle fait partie des femmes non-éligibles pour le mariage. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : (Il vous est également défendu d’épouser) les femmes déjà mariées, […] (Coran 4/24)

Dès lors, on comprend que le fait que cette femme ait épousé une autre personne est un péché évident et que ce dernier mariage n'est pas valide et fait figure de relation adultère à laquelle il faut mettre un terme en plus de s'en repentir. Quant à son premier mari, il n'a le droit d'avoir de rapport charnel avec elle qu'après s'être assuré qu'elle n'est pas enceinte.

Si la femme refuse de retourner auprès de son mari et désire le divorce sans justification, son mari peut refuser de la répudier jusqu'à ce qu'elle lui verse une compensation. En effet, la Charia permet d'empêcher la femme de se remarier lorsqu'elle commet une turpitude évidente. Quant à la turpitude, il y a divergence sur le fait qu'elle désigne uniquement la fornication ou comprend plus largement toute désobéissance, obscénité et autres choses de ce genre. Ce dernier avis est celui choisi par un groupe des oulémas comme Ibn Djarîr qui le mentionne dans son exégèse du Coran. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : à moins qu'elles ne viennent à commettre un péché prouvé. (Coran 4/19) Ibn Kathîr a dit à propos du sens du verset précédent : Ibn Mas'ûd et ibn 'Abbâs ont dit : "Cela désigne l’adultère. C'est-à-dire que si elle commet l’adultère, vous avez le droit de lui reprendre la dot que vous lui avez données et de lui faire pression afin qu'elle vous la rende et que vous la répudiez..." Ibn 'Abbâs, 'Ikrima et al-Dahhâk ont dit : "Le péché prouvé désigne la désobéissance et le péché." Ibn Djarîr est d'avis que le péché prouvé comprend tout cela : la fornication, la désobéissance, le péché, l'obscénité... c'est-à-dire que tout cela permet de lui faire pression afin de lui reprendre toute ou une partie de sa dot puis de la répudier et cela est une bonne chose.

Et Allah sait mieux.

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