Règle relative au travail consistant à intégrer des prêts usuraires dans les états financiers, ainsi qu’à les réviser ou les modifier
Fatwa No: 354433

Question

Je travaille en tant que programmeur informatique dans une grande entreprise commerciale – un groupe de sociétés – à Riyad. Son activité commerciale est licite, car elle consiste à vendre des marchandises. Je travaille sur un programme de rapports analytiques dont l’objectif est de produire des rapports détaillés sur l’ensemble des activités de l’entreprise : ventes, achats, ressources humaines et finances, afin que la société puisse analyser son activité et consulter ces rapports.
Or, certaines sociétés du groupe contractent des prêts usuraires, et ces écritures apparaissent dans les rapports financiers générés par ce programme analytique. Le fait de travailler sur ces états financiers, qui contiennent certains postes relatifs à des opérations usuraires, ainsi que le fait de modifier ces rapports, est-il illicite ou non ?
Qu’Allah vous récompense par le bien.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Dès lors que l’activité de l’entreprise est licite en elle-même, y travailler est, en principe, permis. Toutefois, il n’est pas permis d’exercer, dans le cadre de ce travail, une activité illicite.
Concernant l’intégration des prêts usuraires dans les états financiers, ainsi que leur révision ou leur modification, la Commission Permanente de l’Iftâ a émis une fatwa interdisant cela. En effet, la question suivante lui a été soumise :
J’ai un cabinet d’expertise comptable dans lequel nous effectuons l’audit des données financières des institutions et des entreprises à partir de leurs livres comptables, dans le but de présenter, à la fin de l’exercice financier, le résultat de cet audit sous forme de bilans et de rapports sur la situation financière de l’institution, afin qu’ils soient transmis par celle-ci à une administration publique, à une banque ou à l’administration de la zakât et de l’impôt.
Nous assurons également, tout au long de l’année, un contrôle visant à protéger les fonds de l’institution contre les manipulations et les détournements.
J’ai cependant certaines questions auxquelles je sollicite votre réponse : il peut apparaître, dans les comptes de certaines institutions, des postes du bilan correspondant à des comptes bancaires créditeurs, c’est-à-dire des dettes dues par l’institution à la suite d’un prêt contracté auprès d’une banque ou d’un dépassement de découvert, ce qui entraîne la perception d’intérêts par la banque, autrement dit de l’usure.
De par la nature de notre travail, nous faisons apparaître ce compte, au même titre que les autres, dans le bilan, sur la base des livres et registres de l’institution ainsi que des relevés bancaires. Nous ne pouvons pas le supprimer des autres comptes et devons l’indiquer afin que le bilan reflète la situation réelle de l’institution. Y a-t-il, pour nous, un péché dans cela ? Sommes-nous considérés comme faisant partie des témoins de l’usure ?
La Commission a répondu :
Il ne t’est pas permis d’exercer le métier de comptable dans le cas que tu as mentionné dans la question, car cela constitue une entraide dans le péché et la transgression. Fin de citation.


Le cheikh Ibn Bâz – qu’Allah lui fasse miséricorde – a également été interrogé en ces termes :
Je suis comptable dans une entreprise commerciale, et celle-ci est parfois contrainte de contracter un prêt usuraire auprès d’une banque. On me remet alors une copie du contrat de prêt afin d’enregistrer la dette de l’entreprise. Suis-je considéré comme pécheur du simple fait d’enregistrer le contrat, sans en être l’auteur ?
Il répondit :
Il n’est pas permis de coopérer avec ladite entreprise dans les transactions usuraires, car le Prophète () a maudit celui qui consomme l’usure, celui qui la verse, celui qui l’écrit et ses deux témoins, et il a dit : “Ils sont tous égaux” — rapporté par Mouslim — ainsi qu’en raison du caractère général de la parole d’Allah, exalté soit-Il :
Et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression” (Coran 5/2). Fin de citation.


Et Allah sait mieux.

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