Apprendre le droit positif
Fatwa No: 365662

Question

Assalamou alaykoum,
Je suis actuellement étudiant en droit positif en 1ère année. Je me suis déjà référé à la Fatwa num.346063 pour savoir s'il était légitime ou non d'étudier le droit positif. Néanmoins j'aimerais savoir s'il y a certaines conditions à respecter, tel que :
- Faut-il systématiquement lorsqu'on écrit mettre "selon la prof/ le droit positif" afin de s'assurer de bien marquer la non acception du droit positif appliqué par les mécréants contraire aux versets du Noble Coran ?
- Doit-on réprouver par le cœur le droit positif lors des cours ?
- le fait de participer en cours, est-ce une participation à la mécréance : une forme d'approbation du droit positif (inventé par les hommes) ?
- Est-ce se mêler aux mécréants que d'aller dans une de leur Université ?
De plus je souhaiterais savoir quel profit le musulman tire-t-il du droit positif. En effet je crois peut être me réorienter.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Nous avons mentionné dans plusieurs fatwas précédentes qu'il est permis au musulman d'étudier le droit positif allant à l'encontre de la Législation islamique si ses études ont un objectif valide comme le fait de défendre les droits des musulmans qui sont soumis malgré eux à ces lois ou pour dénoncer leurs contradictions, injustices et lacunes dont est exempte la Législation d'Allah ou encore pour en tirer profit dans ce qui n'est pas contraire à la Législation islamique. Il est ainsi permis d'interroger quelqu'un à propos d'un mal dans le but de s'en protéger comme l'indique le hadith dans lequel Hudhayfa ibn al-Yamân a rapporté : Les gens interrogeaient le Prophète () à propos du bien et moi je l'interrogeais à propos du mal, de peur d'être touché par celui-ci. (Boukhari, Mouslim) Le cheikh ibn 'Uthaymîn, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : Si l'homme étudie le droit positif dans le but d'en appliquer ce qui est en accord avec la Législation islamique et d'en réprouver ce qui va à l'encontre de celle-ci tout en montrant son caractère erroné, cela est certes un bien. En effet, l'homme ne peut répondre à ce qui est erroné sans l'avoir étudié. Par contre, étudier ces lois pour les mettre en pratique même si elles ne sont pas en accord avec la Législation islamique est interdit.

Il est obligatoire à l'étudiant, durant ses études, de désapprouver avec le cœur ce qui est contraire à la Législation islamique, car cela fait partie de la désapprobation du mal et le minimum est de le désapprouver avec le cœur. Le Prophète () a dit :

Que quiconque parmi vous qui constate quelque chose de condamnable y mette fin avec la main ; s'il ne le peut, qu’il s'y oppose verbalement ; et s'il ne le peut également, qu'il le désapprouve en son cœur, et cette attitude constitue le plus faible degré de la foi. (Mouslim)

Ainsi, si l'étudiant tombe sur une loi qui permet la fornication par consentement mutuel et la considère comme un crime s'il n'y a pas consentement mutuel, par exemple, il doit désapprouver cela dans son cœur.

Enfin, s'il est interrogé à l’examen à propos d'une loi contraire à la Législation islamique, il peut alors répondre que l’article numéro tant de la loi Untel stipule ceci ou cela, sans pour autant écrire, à notre avis, que cela va à l'encontre de la Législation islamique surtout s'il craint que cela lui porte préjudice. Qu'il se contente donc de le désapprouver dans le cœur et d'attribuer l’article à la loi.

Et Allah sait mieux.

Fatwas en relation