La mère demande à son fils d’écrire la moitié du prix de l’appartement qu’elle lui a donné pour la cause d’Allah
Fatwa No: 414109

Question

Ma mère m’a aidé à acquérir la moitié du prix d’un appartement sous forme de dette. Après que ma sœur fut demandée en mariage, elle m’a dit qu’elle m’en faisait don et qu’elle donnerait la même chose à ma sœur. Mais le prétendant venu demander ma sœur s’est rétracté par la suite. Elle m’a alors dit : ‘ Ecris dans mon testament que la moitié de l’appartement doit être reversé pour la cause d’Allah’ ceci pour que mes sœurs n’héritent pas de mon père car ma mère est divorcée et déteste mon père et toute sa famille.A plusieurs reprises, je lui ai adressé un conseil lui disant que seul Allah connait l’avenir et que nous ignorons lequel d’entre nous mourrait en premier mais elle a insisté et n’a pas changé d’avis en me disant : ‘ C’est moi qui en est responsable devant Allah. Je veux que seuls toi et tes enfants profitent de l’héritage, mais si tu n’as pas d’enfants alors il faut que tu inscrives la moitié du prix de l’appartement pour Allah.’Ma question : Cette clause du testament que ma mère me demande d’écrire est-elle interdite par la religion ? Quelle est l’attitude adéquate à adopter sachant que cet appartement m’a demandé beaucoup d’effort et que je ne veux pas le vendre ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

A partir du moment où votre mère vous a libérée de votre dette, ce droit qui vous incombait n’est plus et l’appartement est le votre dans son intégralité, votre mère n’en possède rien. Il est dit dans Al-Mawsû’a Al-Fiqhiyya : ‘ Il est bien connu qu’un droit qu’on a concédé n’est plus et est réduit à néant, il est comme inexistant. Il n’y a aucun moyen de retrouver ce droit si ce n’est par un nouveau moyen qui nous amènera à retrouver un droit identique et non le même précisément. Aussi, si un créditeur affranchi un débiteur de sa dette alors cette dette n’a plus lieu d’être et n’est plus, sauf si une nouvelle situation le mène à contracter une nouvelle dette.’ Fin de citation. Dans Sharh Majallat Al-Hukkâm : La mention 51 affirme : Un droit concédé ne peut être réclamé. Ce qui signifie que si une personne concède un des droits qu’il lui est possible de concéder, alors celui-ci n’est plus et il ne pourra le réclamer après l’avoir concéder … Par exemple : si un créditeur annule la dette qu’un homme lui doit puis regrette, cette dette étant pourtant un des droits qu’il a la possibilité de concéder, il ne lui sera pas permis de la réclamer par la suite et d’exiger que cette dette lui soit remboursée parce que la responsabilité du débiteur a déjà été acquitté précédemment quand il a annulé sa dette.’ Fin de citation. Pour ce qui de la recommandation de votre mère d’inscrire la moitié de l’appartement pour Allah dans le cas où vous n’auriez pas d’enfants, il ne vous est pas obligatoire de lui obéir pour ce cas. Inscrire une clause du testament qui prive des héritiers de leurs droits est contraire aux lois de la religion. Il est possible de léguer une part de l’héritage à des personnes qui ne sont pas des héritiers dans la limite du tiers des biens. Aussi, vous n’êtes pas obligé d’inscrire cette clause comme vous le demande votre mère. Par contre, vous devez vous montrer bon et bienfaisant envers elle. Nous vous conseillons de faire preuve de douceur et de bienveillance envers elle de façon à ne pas la mettre en colère. Et n’agissez pas de façon contraire à la religion ou par toute autre attitude qui vous serait nuisible.

Et Allah sait mieux.

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