Le statut juridique de l'apposition du symbole du serpent enroulé autour d'un bâton
Fatwa No: 42154

Question

Certains médecins musulmans utilisent le symbole du serpent enroulé autour d'un bâton, ou un emblème similaire, sur leurs diplômes ou leurs cartes de visite. Quelle est la signification de cet insigne ? Son usage est-il licite en Islam ? Qu'Allah vous récompense en bien.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Certains pharmaciens musulmans ont expliqué que cet emblème signifie que le médicament peut être nocif bien qu'il soit bénéfique à l'origine, et ce lorsque le patient prend le traitement en contradiction avec les prescriptions médicales. D'autres ont avancé une seconde hypothèse : les substances intrinsèquement toxiques peuvent servir à extraire des remèdes salutaires, à l'instar de la thériaque issue du venin de serpent. D'autres encore ont rapporté que cet insigne apposé sur la plupart des pharmacies et centres médicaux à travers le monde est l'emblème de celui qui est réputé être le dieu de la médecine chez les Grecs, connu sous le nom d'Asclépios (Esculape). Il descendait d'une lignée qui pratiquait l'art médical à leur époque ; son aïeul, selon leurs récits, était le dieu Apollon, lui-même divinité de la médecine, et son épouse ou sa fille — selon les divergences de leurs historiens — était la déesse de la santé, nommée Hygie.
Il est également rapporté à son sujet que Chiron enseigna à Asclépios les secrets de la pharmacopée par les plantes et qu'il exerça cet art jusqu'à y exceller ; toutefois, il transgressa les instructions de ses maîtres en tentant de ressusciter les morts au moyen de certaines herbes, ce en quoi, selon eux, il aurait réussi. Cela éclaire l'allégation infondée de certains auteurs occidentaux prétendant que Jésus ('Îsâ, sur lui la paix) aurait puisé la science de la résurrection des morts dans les écrits des Grecs, qu'il aurait découvert la plante que la majorité ignorait, et qu'il ne s'agissait nullement d'un miracle divin. Les adeptes de ce mythe représentent cette divinité sous les traits d'un homme tenant dans sa main droite un bâton autour duquel s'enroule un serpent : l'homme est Asclépios, le bâton est l'attribut du voyageur infatigable, et le serpent est le symbole du savoir, car c'est lui qui aurait fait découvrir à Asclépios l'herbe de vie . Ils content à cet égard un récit selon lequel Asclépios était en voyage et vit un jour surgir un serpent en plein désert ; alors qu'il l'observait, un second reptile apparut, portant en sa gueule une herbe qu'il déposa dans la bouche du serpent mort. Quelques instants plus tard, la vie réintégra le premier serpent. Asclépios perça ainsi le secret de cette plante et se mit à en faire usage pour ressusciter les défunts.


On constate que la majeure partie des officines pharmaceutiques n'apposent pas l'effigie d'Asclépios, mais uniquement la représentation du bâton et du serpent, ou parfois le serpent enroulé autour d'une coupe — bien que cela se rencontre également dans certains pays occidentaux, la coupe possédant elle aussi sa propre légende chez eux. Nous renvoyons le consultant désireux d'approfondir le sujet aux encyclopédies générales, arabes et internationales, aux entrées suivantes :
•    (ASCLEPIUS écrite par des lettres arabe) pour les encyclopédies en langue arabe, telles que L'Encyclopédie arabe universelle ou L'Encyclopédie simplifiée ;
•    (ASCLEPIUS) pour les encyclopédies de langue anglaise ;
•    (Esculape) pour les encyclopédies de langue française ;
•    (Asklepios) ou (Asclepios) pour les encyclopédies de langues italienne et espagnole.
Ceux qui n'ont pas un accès aisé à ces ouvrages de référence peuvent effectuer des recherches sur le réseau Internet à partir des termes susmentionnés.


Sans nous prononcer de manière catégorique sur la véracité de l'une de ces hypothèses, nous estimons que les musulmans doivent délaisser cet insigne et s'en écarter — bien que la plupart d'entre eux en ignorent la portée symbolique originelle — et le remplacer par un autre emblème, à l'instar de ce qui a été accompli au sein des organisations humanitaires où le symbole du croissant s'est substitué à celui de la croix. Il s'agit là d'une démarche aisément réalisable, louange à Allah, d'autant que les musulmans ont joué un rôle pionnier dans la science pharmaceutique, fait reconnu par les Occidentaux eux-mêmes. Il convient en outre de rappeler que le Prophète () s'attachait fréquemment à se distinguer des polythéistes dans leurs coutumes et leurs démarches doctrinales ; cette exigence est d'autant plus impérieuse lorsque ces signes renvoient à des manifestations ou à des vestiges de l'idolâtrie (shirk).


Et Allah sait mieux.
 

Fatwas en relation