Elle est tombée enceinte sans l’accord de son mari et il refuse de pourvoir aux besoins de son enfant
Fatwa No: 421654

Question

Al-Salâmu ‘Alaykum wa Rahmatullah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur vous).J'aimerais avoir quelques conseils à donner à un couple. Voici la situation : La femme est tombée enceinte contre la volonté de son mari. Elle était censée utiliser une forme de contraception. Maintenant, le mari a clairement indiqué qu'il ne prendrait en charge aucune dépense liée au futur bébé. La raison étant qu’il éprouve des difficultés financières. L'épouse éprouve également des difficultés financières, et elle commence à avoir besoin d'argent pour le bébé.La relation entre les époux n'est pas très bonne depuis quelques années et la situation actuelle va probablement l’empirer.Quels conseils puis-je donner aux époux pour résoudre le problème actuel et pour qu’ils aient une meilleure relation à l’avenir.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Premièrement, les époux doivent toujours être conscients que le mariage est une importante institution islamique et qu'Allah, Exalté soit-Il, l'a prescrit comme une source de tranquillité pour les deux époux.
Allah dit (selon la traduction du sens du verset) :
Parmi Ses signes, Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles, et Il a mis entre vous de l’affection et de la bonté. Il y a, en cela, des preuves pour des gens qui réfléchissent. (Coran 30/21)

Par conséquent, les deux conjoints doivent s'efforcer d'atteindre ce noble objectif grâce au respect mutuel, à la coopération, à la consultation et à des moyens similaires qui favorisent l'intimité, encouragent la convivialité et génèrent de l'amour et de l'affection.
Allah, le Très-Haut, dit (selon la traduction du sens du verset) :
[...] Quant à elles, elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance [...] (Coran 2/228)
Deuxièmement, l'un des principaux objectifs que Satan cherche à atteindre est de semer la discorde entre maris et femmes et de les séparer. Il a été rapporté sur l’autorité de ‘Âichah, qu’Allah soit satisfait d’elle, que le Messager d’Allah () a dit :
Iblis établit son trône sur l'eau et envoie ses légions. Le démon qui a (ensuite) le plus de proximité avec lui est celui qui a réussi le plus grand trouble (fitna). L'un de ces démons vient à lui et dit : "J'ai fait ceci et cela." Mais il lui répond : "Tu n'as rien fait." Puis l'un d'entre eux vient à lui et lui dit : "Je n'ai pas lâché [tel humain], jusqu'à ce que j'ai réussi à provoquer la séparation entre lui et son épouse." Iblis rapproche de lui ce démon et lui dit : "Quel bon fils es-tu !(Mouslim)
Ce faisant, Satan réussit à détruire la famille, encourant des pertes pour les enfants et ruinant et corrompant leur éducation.
Troisièmement, la reproduction est un droit à la fois pour le mari et pour la femme. Il est permis de retarder temporairement la grossesse dans un but valable, mais cela doit être fait avec le consentement des deux conjoints. Si une femme n'approuve pas le fait de retarder la grossesse et tombe enceinte, elle n'encoure ni péché ni blâme. Cela dit, nous pensons — et Allah sait mieux — qu'il n'y a rien de mal à retarder temporairement la grossesse en raison de difficultés financières de la famille. Cependant, cela est considéré comme le plan d'action le moins préférable.
Abu Hâmid Al-Ghazâli, qu’Allah lui fasse miséricorde, a affirmé, en mentionnant les raisons valables de pratiquer le coït interrompu :
[...] Troisièmement : la crainte d'encourir des difficultés et des désagréments excessifs en raison du fait d'avoir de nombreux enfants et se protéger ainsi contre la nécessité de devoir déployer des efforts considérables pour subvenir aux besoins des personnes à sa charge et d'avoir recours à des moyens illicites dans le processus. La pratique du coït interrompu à cette fin n'est pas non plus interdite, car l'élimination des difficultés et des inconvénients est un moyen utile de préserver sa religion. Il est vrai, cependant, que ce qui est plus parfait [en termes de foi] et plus méritoire, c'est de placer sa confiance en Allah, le Très-Haut, et de faire confiance à Son soutien. Il dit (selon la traduction du sens du verset) : ’Il n'y a point de créature sur Terre dont la subsistance n'incombe à Allah [...]’ (Coran 11/6) Il ne fait aucun doute que [d’empêcher la grossesse] n'est pas la chose la plus parfaite et la plus méritoire à faire. Agir ainsi implique de laisser de côté ce qui est mieux. Cependant, nous ne pouvons pas dire que le fait de considérer les conséquences, de préserver son argent et de l'épargner est interdit, même si cela contredit (en apparence) la confiance en Allah ! [Fin de la citation]

Quatrièmement, il incombe au mari de subvenir aux besoins de son enfant dans tous les cas et il lui est interdit de s’abstenir de le faire.
Il a été rapporté sur l’autorité de ‘Abdullah ibn ‘Amr, qu’Allah soit satisfait de lui, que le Messager d’Allah () a dit :
Il suffit comme péché de négliger celui dont on a la charge. (Abû Dâwûd)
Cinquièmement, si son mari refuse de dépenser pour l'enfant, mais qu'elle a accès à ses richesses, il lui est permis d'en prendre suffisamment pour subvenir à ses besoins (l'enfant), même à l'insu de son mari. Si elle n'a pas accès à ses richesses, elle a le droit de renvoyer l'affaire devant un tribunal islamique ou à défaut un centre islamique (si elle ne vit dans un pays musulman).
Il a été rapporté sous l'autorité de 'Aichah, qu’Allah soit satisfait d’elle, que Hind bint 'Utbah, , l'épouse d’Abu Sufyân, a dit au Prophète () :
- Ô Messager d’Allah ! Abou Soufyan est un homme trop avare, il ne nous assure pas mes enfants et moi-même un entretien alimentaire suffisant et je suis même obligé de prélever de ses biens à son insu. Aurais-je commis un péché ?
– Le Messager d’Allah () lui dit : Prends de ses biens ce dont tes enfants et toi-même avez besoin équitablement. (Boukhari)

Et Allah sait mieux.

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