Jugement de celui qui jure par le divorce de son épouse en pensant dire vrai
Fatwa No: 429514

Question

Je souhaiterais connaître les avis des savants concernant le fait de jurer par le divorce à propos d’un événement passé.
Un homme a eu une conversation téléphonique avec son épouse, au cours de laquelle une dispute a éclaté et les voix se sont élevées. Puis, soudainement, la communication a été interrompue. Le mari a alors dit à son épouse : Pourquoi as-tu raccroché ? Elle répondit d’une voix hésitante : Je n’ai pas raccroché, la batterie s’est déchargée.
Or le mari était convaincu que c’est elle qui avait raccroché, et il lui dit : Par le divorce, c’est toi qui as raccroché.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Celui qui jure par le divorce à propos d’un fait passé, alors qu’il dit la vérité dans ce sur quoi il a juré, son divorce ne prend pas effet. Cela ne fait l’objet d’aucune divergence.


En revanche, s’il affirme un fait contrairement à ce qui s’est réellement produit, tout en étant persuadé de la véracité de ses propos, cette situation fait l’objet d’une divergence entre les savants. L’avis que nous retenons est que le divorce ne prend pas effet dans ce cas. C’est un avis rapporté chez les chaféites et les hanbalites, et c’est l’opinion choisie par Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya.
Il a dit — qu’Allah lui fasse miséricorde — :
Si le serment porte sur un fait passé ou présent, et qu’il est formulé dans une intention d’information — et non pour inciter ou empêcher — comme le fait de dire : “Par Allah, j’ai fait telle chose” ou “je ne l’ai pas faite”, ou encore : “le divorce m’est obligatoire, j’ai fait telle chose” ou “je ne l’ai pas faite”, ou “ce qui m’est licite devient illicite pour moi, j’ai fait telle chose” ; alors, soit la personne croit sincèrement dire vrai, soit elle sait qu’elle ment. Si elle croit dire vrai, il existe à ce sujet trois avis.
Le premier est qu’aucune conséquence ne lui incombe dans tous ces types de serments. C’est l’avis le plus apparent chez ach-Chafi‘i, ainsi qu’une seconde version rapportée de l’imam Ahmad. Ainsi, celui qui jure par le divorce, l’affranchissement ou autre, à propos d’un fait qu’il croit véridique, puis il s’avère que ce n’était pas le cas, rien ne lui incombe selon cet avis. Et c’est le plus juste des avis. (Fin de citation, extraite de Majmou‘ al-Fatâwâ)


Quant à celui qui ment délibérément, son divorce prend effet selon la majorité des savants, contrairement à l’avis de Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya — qu’Allah lui fasse miséricorde — qui considère que le divorce ne prend pas effet, tout en imposant néanmoins le repentir à Allah pour le mensonge commis.


En conclusion, si cette personne a juré par le divorce de son épouse en croyant sincèrement dire vrai, alors le divorce n’a pas pris effet. Toutefois, il lui incombe à l’avenir d’éviter de jurer par le divorce, car cela fait partie des serments des pervers et peut entraîner des conséquences graves et regrettables.


Et Allah sait mieux.
 

Fatwas en relation