La nécessité qui permettrait d’acheter une voiture par le biais d’une banque usuraire
Fatwa No: 460729

Question

Je vis dans un pays non musulman. Quel est le statut d’acheter une voiture par le biais d’une banque usuraire en cas de nécessité ? La somme que je paie au taxi pour emmener mon fils à l’école correspond au salaire mensuel complet d’un employé, ou le prix d’une voiture neuve. Sans compter les autres déplacements qui ont leur importance. Alors qu’aujourd’hui je suis sans emploi parce que mon travail nécessite de disposer d’un moyen de transport. Nous espérons que vous invoquerez en notre faveur.
Qu’Allah vous récompense par un bien.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Nous demandons à Allah de vous maintenir sur la bonne voie, de vous y orienter, de faciliter vos affaires et dissiper vos peines. Quant au statut de ce que vous avez demandé : si la banque usuraire vous accorde un prêt correspondant au prix de la voiture avec des intérêts usuraires – comme cela semble évident – alors cela n’est pas permis sauf en cas de nécessité vitale qui permettrait de faire ce qui est initialement interdit. Allah a dit :
Il vous a clairement indiqué ce qui vous est interdit, sauf en cas de nécessité impérieuse. (Coran 6/119).
La nécessité est définie ainsi : le fidèle se retrouve dans une situation telle que s’il ne commet pas ce qui est interdit il en mourrait ou se retrouverait dans une situation proche de la mort. Certains savants ont dit en expliquant la définition de ce qu’est une nécessité : il s’agit d’une situation dangereuse dans laquelle se retrouve le fidèle, ou une situation difficile qui le conduirait à avoir peur qu’il lui arrive un préjudice ou un méfait sur sa personne, ou sur un membre de son corps, ou à son honneur, ou à sa raison, ou à ses biens ou ce qui y est corrélé. Dans ces cas, il peut être obligatoire ou permis de commettre ce qui est initialement interdit ou de délaisser une obligation, ou de la retarder de son heure. Ceci pour repousser le mal duquel il a une forte présomption qu’il le toucherait dans ce cas, dans les limites de la religion. Fin de citation extraite du livre Nadhariyat Al-Darûrat Al-Shar’iyya.
Ce que vous avez mentionné que le prix du taxi correspond au prix d’une voiture neuve et que votre emploi nécessite de disposer d’un moyen de transport. Tout cela n’est pas considéré comme une nécessité permettant de commettre un interdit – selon ce qu’il nous semble – louer un véhicule même à un prix élevé peut vous permettre de faire ce que vous avez besoin tant que vous avez la capacité de la faire et que cela n’impose pas au fidèle une charge qu’il ne peut supporter. Ceci jusqu’à ce que vous puissiez, par une transaction permise, acheter un véhicule vous permettant de faire ce que vous voulez avec, même si cette voiture n’est pas neuve. Les alternatives permises religieusement sont nombreuses pour ceux qui les désirent et se donnent les moyens de les chercher. Mais il arrive que le diable enjolive ce qui est interdit aux yeux d’un homme et lui cachent les voies permettent d’atteindre son objectif par des moyens licites jusqu’à lui faire croire qu’il n’y a pas d’autre moyen d’obtenir ce qu’il veut que par le biais de ce qui est interdit jusqu’à ce qu’il le fasse tomber dedans. Allah a dit :
Satan vous fait craindre la pauvreté et vous incite à commettre le péché, tandis qu’Allah vous promet Son pardon et Ses faveurs. Les faveurs et la science d’Allah sont infinies. (Coran 2/268).

Et Allah sait mieux.
 

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