Le désir de la femme d'accoucher par césarienne : vision religieuse et médicale
Fatwa No: 523408

Question

Je suis enceinte et j'ai souffert de vaginisme pendant trois ans et demi. Je souhaite accoucher par césarienne chez ma gynécologue qui suit ma grossesse, car elle connaît ma situation depuis le début, je me sens à l'aise avec elle et j'ai peur de l'accouchement par voie basse.
Je bénéficie d'une assurance militaire et je peux accoucher dans les hôpitaux militaires sans frais, mais je souhaite accoucher dans un hôpital privé chez ma gynécologue habituelle. Sachant que c'est moi qui paierai les frais de l'accouchement de mon propre argent, sans rien demander à mon mari et sans lui imposer de charge financière :
1. Mon mari a-t-il le droit de me forcer à accoucher dans un hôpital dont je ne veux pas ?
2. Mon mari commet-il un péché s'il m'y oblige ?
3. Le choix de la méthode et du lieu de l'accouchement est-il mon droit ou celui de mon mari ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


L'obéissance de la femme à son mari n'est pas absolue ; elle est limitée à ce qui concerne le mariage et ses suites, selon la convenance. (Veuillez consulter la fatwa 115078 ).
Concernant le choix de la personne qui pratique l'accouchement ou les soins, en l'absence de transgressions religieuses, cela est soumis à l'intérêt général. Si le mari a un motif valable pour son choix, l'épouse doit lui obéir.
Il nous apparaît — et Allah sait mieux — que le mari a un motif valable pour que l'épouse entre à l'hôpital [militaire] en raison de la disponibilité des moyens et des compétences médicales permettant un accouchement naturel. En effet, la césarienne a des conséquences sur la santé de l'épouse et sur sa capacité à avoir des grossesses répétées.
L'épouse ne peut choisir l'accouchement par césarienne par simple peur de l'accouchement naturel et de ses douleurs, que le mari soit d'accord ou non. Notre avis juridique est que pratiquer cette chirurgie n'est pas autorisé, sauf en cas de crainte d'un préjudice pour la femme ou le fœtus. La décision revient alors à des médecins spécialistes de confiance.
Il est cité dans l'ouvrage Les règles de la chirurgie médicale et ses conséquences :
La césarienne est la procédure à laquelle les médecins ont recours lorsqu'ils craignent un dommage pour la mère, le fœtus, ou les deux, si le nouveau-né sort par la voie habituelle. Cela est dû à des obstacles provoquant ces dommages, comme l'étroitesse du bassin, sa déformation ou certaines pathologies articulaires empêchant l'extension des articulations pelviennes. Ou encore si la paroi utérine est fragile, ou d'autres raisons imposant de renoncer à l'accouchement naturel pour éviter le préjudice qui en découlerait.
Le jugement sur la nécessité de ce type de chirurgie revient à l'évaluation des médecins ; ce sont eux qui en confirment la présence.
La demande de l'épouse ou du mari n'est pas considérée comme une justification pour pratiquer cette chirurgie dans le seul but d'éviter les douleurs de l'accouchement naturel. Le médecin doit respecter la condition de nécessité et évaluer la capacité de la femme à supporter l'effort de l'accouchement naturel, ainsi que les conséquences qui en découlent :
•    Si l'accouchement naturel comporte des dommages supérieurs à la normale chez les femmes, atteignant un stade de gêne et de difficulté extrême, ou s'il pense que cela causera un tort au fœtus, il est alors permis de recourir à la chirurgie, à condition qu'il n'existe pas d'alternative pour éliminer ces risques. (Fin de citation).
Enfin, nous rappelons l'importance de la vie commune empreinte de bonté entre les époux, et le souci de chacun pour l'affection, la compréhension et la compassion mutuelle.


Et Allah sait mieux.

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