Je ne souhaite plus avoir de contact avec ma fille pour qui j'ai tout sacrifié Fatwa No: 526141
- Fatwa Date:11-2-2026
J’ai élevé mes quatre enfants seule, ils sont aujourd’hui tous adultes. Parmi eux, les jumelles, dont l’une est malade. J’ai tout donné à cette fille : mon temps, mes larmes, mon argent. À plusieurs reprises, elle m’a confrontée violemment par des paroles blessantes et, une fois, par des gestes. Malgré tout, j’ai oublié et pardonné.
Aujourd’hui, je ne souhaite plus avoir de contact avec elle. Est-ce haram ? Je lui pardonne en ce bas-monde, je demande à Allah d’apaiser son âme, mais je ne veux plus la voir ni même qu’elle me considère comme sa mère.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Si ta fille est réellement dans l’état que tu as décrit, à savoir qu’elle te maltraite et te cause du tort, alors elle s’expose à un danger grave et a commis une faute odieuse, faisant partie des grands péchés, à savoir l’ingratitude envers les parents — qu’Allah nous en préserve. Il aurait au contraire convenu à cette fille de te traiter avec bienveillance, piété filiale et respect, car la bienfaisance envers les parents est une obligation légale, tandis que leur désobéissance est interdite. Allah, Exalté soit-Il, dit :
Et ton Seigneur a décrété : n’adorez que Lui ; et (soyez) bienfaisants envers les parents. Si l’un d’eux ou tous deux atteignent la vieillesse auprès de toi, ne leur dis pas “ouf”, ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. (Coran 17/23)
À cela s’ajoute le fait que tu es sa mère — et Allah a rendu ta bienfaisance obligatoire sans condition — et que tu as fait preuve de bonté à son égard en consacrant ton temps et ton argent à son traitement.
Tu as également bien agi en pardonnant à ta fille, en invoquant Allah en sa faveur et en répondant à son mauvais comportement par la bienfaisance. Cela constitue un rang élevé de mérite, auquel seuls parviennent les patients, comme Allah, Exalté soit-Il, l’a dit :
La bonne action et la mauvaise ne sont pas pareilles. Repousse (le mal) par ce qui est meilleur ; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux. Mais (ce privilège) n’est accordé qu’à ceux qui patientent, et il n’est accordé qu’à celui qui possède une part immense. (Coran 41/34-36)
Quant au fait de délaisser cette fille ou de rompre les liens avec elle, il convient d’y rechercher ce qui est le plus bénéfique. Si le fait de la délaisser et de la boycotter est de nature à la dissuader de son comportement et constitue une cause de son repentir, alors il est permis de la délaisser. En revanche, si cette attitude ne fait qu’aggraver sa conduite et accroître son entêtement, il ne faut pas la délaisser, mais plutôt poursuivre les conseils, les exhortations et les invocations en sa faveur, peut-être Allah la guidera-t-Il.
Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit dans Majmû‘ al-Fatâwâ :
Si l’intérêt prépondérant réside dans le fait de délaisser le pécheur — c’est-à-dire lorsque son boycott conduit à l’affaiblissement du mal et à sa disparition — alors cela est légiféré. Fin de citation.
Et Allah sait mieux.