Jugement relatif aux produits destinés aux femmes, aux boissons gazeuses et énergisantes, ainsi qu’aux publicités auxquelles de la musique est ajoutée
Fatwa No: 528409

Question

Je travaille dans le domaine de la conception 3D, qui consiste, en termes simples, à utiliser un logiciel permettant de créer des publicités pour des produits, des personnages ou des objets en trois dimensions.
Je sais qu’il est interdit de représenter des êtres animés, tels que les êtres humains ou les animaux. Mes questions portent donc sur les publicités pour des produits :
1. Si je conçois uniquement la publicité, sans musique, puis que le commanditaire y ajoute ultérieurement de la musique, est-ce que je commets un péché ?
2. Est-il interdit de faire la publicité de produits destinés aux femmes, tels que les parfums ou les shampooings ?
3. Est-il interdit de faire la publicité de produits préjudiciables à la santé, tels que les boissons gazeuses, les boissons énergisantes ou les chips ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Si les produits en question font partie de ceux dont la promotion est licite, il n’y a aucun mal à concevoir des publicités pour ces produits. Si le commanditaire y ajoute ensuite de la musique, le péché lui incombe et non à vous. En effet, ce qui est interdit ne rend pas interdit ce qui est licite, et votre travail ne saurait être considéré comme une assistance à l’accomplissement d’un acte interdit, puisque, à l’origine, il est licite.
Cette situation ne peut être assimilée à la vente de jus de raisin à une personne qui entend en faire du vin. Dans ce dernier cas, l’acheteur a, dès le départ, l’intention d’en faire un usage interdit, à savoir fabriquer du vin.
En revanche, dans le cas mentionné dans la question, l’acte interdit n’est pas l’objectif premier du commanditaire : l’ajout de musique n’est qu’un élément accessoire à la promotion d’un produit licite. La conception de la publicité ne constitue donc ni une assistance directe ni une assistance intentionnelle à un acte interdit.

Par conséquent, nous ne considérons pas qu’il soit interdit de concevoir de telles publicités, licites dans leur principe. Il convient toutefois, dans la mesure du possible, de conseiller au commanditaire de respecter les prescriptions religieuses dans la promotion de ses produits.


Quant aux produits destinés aux femmes qui ne comportent rien d’interdit, ils ne deviennent illicites que lorsqu’une circonstance particulière rend leur utilisation interdite. Tel est le cas, par exemple, lorsqu’une femme se parfume avant de sortir et de se trouver parmi des hommes afin que ceux-ci sentent son parfum.


S’agissant des boissons gazeuses, des boissons énergisantes et des chips, il faut tout d’abord établir qu’elles constituent réellement des produits nocifs pour la santé. Elles ne sont interdites que si leur nocivité est avérée par l’expérience, attestée par des spécialistes dignes de confiance, ou s’il est établi que la boisson est enivrante, ou pour toute autre cause impliquant son interdiction.
En effet, le principe fondamental applicable aux aliments est leur licéité, à l’exception de ce qui est interdit en raison de son caractère mauvais, de sa nocivité, de son effet enivrant ou d’une autre cause semblable. Allah, exalté soit-Il, dit :
Mangez de ce qui est sur terre, pourvu que ce soit licite et bon. (Coran 2/168)
Tant qu’un aliment est licite et bon, il est permis de le consommer. Il en va de même pour les boissons. Allah, exalté soit-Il, dit également :
Il leur rend licites les bonnes choses et leur interdit les mauvaises. (Coran 7/157)
La simple présence d’un préjudice particulier ou minime, au regard d’un bénéfice licite, est toutefois tolérée. En effet, la plupart des aliments et des boissons peuvent comporter une certaine part de nocivité, soit pour des personnes déterminées auxquelles certains aliments ou certaines boissons sont préjudiciables, soit pour l’ensemble des personnes lorsqu’ils sont consommés excessivement. Néanmoins, leur utilité demeure prédominante.
On ne peut donc les déclarer interdits tant qu’il en est ainsi et qu’ils sont consommés avec modération, de manière à prévenir tout préjudice.


Et Allah sait mieux.

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