Jugement sur l'aumône au nom d'un musulman vivant et le fait de lui offrir la récompense de cet acte
Fatwa No: 529360

Question

J’avais l’intention d’offrir un cadeau à une personne à l’occasion de chacun de ses anniversaires, mais celle-ci ne me répond plus. M'est-il permis de faire une aumône de la valeur du cadeau chaque année en formulant l'intention que la récompense lui revienne ? Recevra-t-elle cette récompense ?
Qu’Allah vous bénisse.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Muhammad, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Si votre intention était d’offrir un cadeau à cette personne spécifiquement à l'occasion de son anniversaire chaque année, la réponse est que cela n'est pas permis. L’interdiction est d'autant plus stricte s'il s'agit d'une femme s'adressant à un homme qui lui est étranger. Comme nous l'avons souligné dans les fatwas n° 198455 et n° 137517 , la célébration des anniversaires n'est pas prescrite en Islam.


Quant à l'aumône (Sadaqa), c'est un acte vivement encouragé. Toutefois, elle ne devrait pas être limitée à une échéance annuelle spécifique ; il convient plutôt de faire l'aumône quotidiennement. Comme le mentionne le hadith faisant l'objet d'un consensus : le Prophète () a dit :
Chaque jour où les serviteurs se lèvent, deux anges descendent. L'un d'eux dit : "Ô Allah, donne à celui qui dépense une compensation", et l'autre dit : "Ô Allah, donne à celui qui retient la ruine".


Sachez également que la simple intention n'engage pas celui qui l'a formulée et n'est pas considérée comme un vœu pieux (Nadhr) qu'il serait obligatoire d'accomplir.


Concernant le fait d'offrir la récompense d'une œuvre à des personnes vivantes, et la réception effective de cette récompense par ces dernières, un groupe de savants l'a autorisé, bien que cela n'ait pas été une pratique connue chez les premiers prédécesseurs (Salaf).


L'Imam Al-Kasani a déclaré dans Bada'i al-Sana'i : Quiconque jeûne, fait l'aumône ou prie, et offre la récompense de son acte à autrui, qu'il soit mort ou vivant, cela est permis. La récompense leur parvient selon l'avis des Gens de la Sunna et du Consensus (Ahlu al-Sunna wa al-Jama'a).


Mustafa al-Ruhaybani (jurisconsulte hanbalite) précise dans son ouvrage Matalib Uli al-Nuha : Tout acte de piété accompli par un musulman, dont il destine par l'intention la totalité ou une partie de la récompense à un musulman vivant ou mort, est permis et profite à ce dernier par l'obtention de ladite récompense.


Al-Bahuti mentionne également dans Kashshaf al-Qina' : Tout acte de piété accompli par le musulman, dont il offre la récompense ou une partie — comme la moitié, le tiers ou le quart — à un musulman vivant ou mort, est autorisé.


Et Allah sait mieux.

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