Les avis des juristes concernant la lecture du Coran à partir du mushaf durant la prière obligatoire et surérogatoire Fatwa No: 531868
- Fatwa Date:20-5-2026
Est-il permis de lire le Coran à partir du mushaf pendant la prière obligatoire et la prière surérogatoire ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Les juristes ont divergé concernant le jugement de la lecture du Coran à partir du mushaf durant la prière obligatoire et surérogatoire.
La majorité des juristes parmi les shaféites et les hanbalites estiment qu’il est permis de lire à partir du mushaf dans la prière, qu’elle soit obligatoire ou surérogatoire.
Zakariyyâ al-Ansârî a dit dans Asnâ al-Matâlib :
Si quelqu’un ouvre un livre, en comprend le contenu, ou lit dans un mushaf, même en tournant parfois les pages, sa prière n’est pas invalidée, car cela constitue un mouvement léger ou discontinu qui ne traduit pas une distraction manifeste de la prière.
Al-Khatîb ash-Shirbînî dit dans Mughnî al-Muhtâj :
La récitation de la Fâtiha est obligatoire dans chaque unité de prière, qu’elle soit récitée de mémoire, lue dans un mushaf, dictée par quelqu’un ou autrement, aussi bien pour celui qui prie seul que pour les autres, que la prière soit à voix basse ou haute, obligatoire ou surérogatoire.
Al-Buhûtî dit dans Kashshâf al-Qinâ‘ :
Il est permis au fidèle de lire dans le mushaf, même s’il connaît le Coran par cœur. Cela est fondé sur le récit rapportant que ‘Aïsha, épouse du Prophète (), était dirigée dans la prière du Ramadan par son serviteur Dhakwân qui lisait dans le mushaf.
Az-Zuhrî a dit :
Les meilleurs d’entre nous lisaient dans les mushafs.
Ibn Hâmid a précisé que cela concernait aussi bien les prières obligatoires que surérogatoires.
Ar-Ruhaybânî dit dans Matâlib Ulî an-Nuhâ : Le fidèle peut lire à partir d’un mushaf et le regarder.
Ahmad ibn Hanbal a dit :
Il n’y a aucun mal à ce qu’une personne dirige les gens dans la prière nocturne tout en regardant dans le mushaf.
On lui demanda : Et pour la prière obligatoire ?
Il répondit : Je n’ai rien entendu à ce sujet.
Az-Zuhrî fut interrogé au sujet d’un homme lisant dans le mushaf durant les prières du Ramadan, et il répondit :
Les meilleurs d’entre nous lisaient dans les mushafs.
Les malikites, quant à eux, considèrent la lecture à partir du mushaf dans la prière obligatoire comme réprouvée de manière absolue. Ils distinguent toutefois la prière surérogatoire : ils l’autorisent sans réprobation au début de la prière, mais la jugent réprouvée lorsqu’elle se poursuit pendant la prière.
At-Tatâ’î dit dans Jawâhir ad-Durar :
Il est réprouvé de regarder dans un mushaf durant une prière obligatoire en raison de la distraction que cela entraîne généralement.
Il indique ensuite que cette réprobation s’oppose à l’avis d’Abû Hanîfa qui considère la prière invalide dans ce cas.
Il ajoute :
Cela est également réprouvé au cours d’une prière surérogatoire lorsqu’elle est déjà commencée, à cause des nombreux mouvements et distractions que cela implique ; mais non au début de celle-ci, en raison de la tradition rapportée par al-Boukhari :
“Les meilleurs d’entre nous lisaient dans le mushaf durant le Ramadan.”
Abû Hanîfa estime, pour sa part, que la prière de celui qui lit dans le mushaf est invalide de manière absolue. Il excepte toutefois le cas où la personne connaît déjà par cœur ce qu’elle lit et récite sans porter le mushaf, auquel cas la prière n’est pas invalidée.
Ses deux compagnons ont divergé avec lui et ont autorisé cette pratique, sauf lorsque cela est fait par imitation des Gens du Livre, auquel cas cela devient réprouvé.
Al-Haskafî dit dans Ad-Durr al-Mukhtâr :
La prière est invalidée par la lecture à partir d’un mushaf contenant du Coran, de manière absolue, car cela s’apparente à un apprentissage.
Puis il ajoute :
Sauf si la personne connaît déjà par cœur ce qu’elle récite et lit sans porter le mushaf. Certains ont même dit que la prière n’est invalidée qu’à partir d’un verset complet.
Al-Halabî a considéré cet avis comme le plus pertinent.
Ash-Shâfi‘î l’a autorisé sans aucune réprobation, tandis que les deux compagnons d’Abû Hanîfa l’ont autorisé avec réprobation lorsqu’il y a intention d’imiter les Gens du Livre.
En résumé, il est permis de lire à partir du mushaf aussi bien dans la prière obligatoire que surérogatoire, que la personne connaisse le Coran par cœur ou non. Toutefois, il est préférable de délaisser cette pratique dans les prières obligatoires afin de sortir de la divergence des oulémas et de préserver certaines recommandations de la prière, comme fixer le regard vers l’endroit de la prosternation et éviter les distractions liées au regard et au fait de tourner les pages.
Et Allah sait mieux.