Lors de l’Aïd al kabir, y a-t-il une autre voie pour adorer Allah que d’égorger un mouton ? Fatwa No: 532798
- Fatwa Date:4-6-2026
Salam Aleykoum,Je suis une femme seule je viens de me reconvertir et j’aimerais savoir si lors de l’aïd al kabir il y a une autre voie pour adorer Allah que d’égorger un mouton ? J’ai peur d’être hypocrite car si je ne délègue pas cette tâche à une tierce personne je serais incapable de tuer un animal et même en déléguant cette tâche je me sens coupable de tuer même par procuration.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
L’hypocrisie (an-nifâq) consiste à afficher la foi tout en dissimulant la mécréance. Cela n’a aucun rapport avec votre situation. Vous aimez Allah et Son Messager, et vous craignez de manquer à vos devoirs religieux ; cela est au contraire une manifestation authentique de la foi. Qu’Allah vous accorde la réussite et vous affermisse.
Le sentiment de compassion que vous éprouvez envers les animaux fait partie de la nature saine (fitra) qu’Allah a placée en vous. La miséricorde envers les animaux est recommandée et encouragée par la législation islamique. Le Prophète () a dit :
Pour toute créature vivante, il y a une récompense à quiconque lui fait du bien. (Rapporté par Al-Boukhari)
La bienveillance envers les animaux est donc une noble qualité islamique et une œuvre par laquelle on se rapproche d’Allah, le Très-Haut.
Cependant, l’abattage d’un animal n’est pas incompatible avec la compassion à son égard. Il constitue un moyen permettant à l’être humain de tirer profit de ce qu’Allah a créé à son intention, bienfait qu’Il lui a Lui-même rappelé lorsqu’Il dit :
Et les bestiaux, Il les a créés pour vous ; vous y trouvez des vêtements chauds et d’autres utilités, et vous vous en nourrissez. (Coran 16/5)
L’Islam n’a pas légiféré l’abattage dans le but de faire souffrir les animaux, mais en raison de sages objectifs, parmi lesquels la gratitude envers Allah et le fait de nourrir les nécessiteux. Nul n’est plus miséricordieux envers les créatures que leur Créateur, glorifié soit-Il.
Le Prophète () a également établi des règles strictes visant à garantir la bienveillance lors de l’abattage. Il a dit :
Lorsque vous abattez, faites-le de la meilleure manière. Que chacun de vous aiguise bien sa lame et épargne toute souffrance à l’animal qu’il abat. (Rapporté par Mouslim)
Le sacrifice de l’Aïd (al-oudhiya) est une sunna fortement recommandée selon la majorité des savants. Ainsi, celui qui le délaisse ne commet pas de péché.
Toutefois, pour celui qui est concerné par cette pratique parce qu’il en a les moyens financiers, que l’on considère ce sacrifice comme recommandé ou obligatoire, aucune autre adoration ne peut le remplacer. En effet, il s’agit d’un rite parmi les rites de l’Islam, d’une tradition du Messager d’Allah () et d’une tradition du Prophète Ibrahim (Alaihi Salam).
D’après Aïcha (qu’Allah soit satisfait d’elle), le Messager d’Allah () a dit :
Le jour du sacrifice, aucune œuvre accomplie par le fils d’Adam n’est plus aimée d’Allah que le fait de faire couler le sang de la bête sacrifiée. Celle-ci viendra le Jour de la Résurrection avec ses cornes, ses poils et ses sabots. Et le sang est agréé par Allah avant même qu’il ne touche le sol. Accomplissez donc ce rite avec sérénité et satisfaction. (Rapporté par At-Tirmidhi et Ibn Mâjah)
Par conséquent, attachez-vous à la Sunna du Messager d’Allah () et à celle du Prophète Ibrahim (Alaihi Salam) tant que vous en avez les moyens financiers. Ne la délaissez pas et ne la remplacez pas par une autre œuvre sous prétexte d’éviter la souffrance de l’animal. Allah, notre Seigneur, est le Plus Miséricordieux des miséricordieux. C’est Lui qui a permis, et même ordonné, l’immolation des sacrifices.
Notre modèle est le Messager d’Allah (), le Prophète de la miséricorde, qui a lui-même procédé à l’abattage de sa noble main. Son Seigneur l’a décrit en ces termes :
Certes, un Messager pris parmi vous est venu à vous ; ce qui vous accable lui pèse lourdement. Il est plein de sollicitude pour vous, et envers les croyants, il est compatissant et miséricordieux. (Coran 9/128)
Ainsi, la crainte d’accomplir ce rite sous prétexte d’éviter une prétendue souffrance à l’animal n’est pas fondée.
Et Allah sait mieux.