Les règles relatives à la vente de marchandises non possédées via des applications numériques Fatwa No: 533482
- Fatwa Date:23-6-2026
Je possède un site internet affichant des produits disponibles dans des centres de vente répartis dans plusieurs pays. Lorsqu'un client souhaite acheter, il m'envoie un message contenant la liste des produits. Je saisis alors mon numéro d'adhérent dans l'application pour obtenir des points, puis je renseigne mon nom, mon numéro de téléphone, ainsi que le nom et le numéro de téléphone du client. Après deux ou trois jours, la commande lui parvient et il paye à la livraison, tout en s'acquittant également des frais de port.
Quel est le statut juridique de cette méthode ? Est-elle considérée comme une vente de ce que je ne possède pas ? Si elle est interdite, je vous prie de m'indiquer une méthode licite pour réaliser cette vente. Qu'Allah vous récompense par un bien.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Il vous est permis d'exposer les produits afin de trouver des acheteurs potentiels avant de les posséder. En revanche, il ne vous est pas permis de conclure un contrat de vente sur des marchandises déterminées avant de les détenir en propre. En effet, la législation islamique interdit à l'homme de vendre ce qu'il ne possède pas, tout comme elle interdit de réaliser un profit sur ce dont on ne garantit pas la perte. Le Prophète () a dit :
Ne sont licites ni le prêt couplé à une vente, ni deux conditions dans une seule vente, ni le profit sur ce qui n'est pas garanti, ni la vente de ce que tu ne possèdes pas. (Rapporté par Al-Tirmidhi et d'autres, et Al-Tirmidhi a précisé : Hadith bon et authentique (Hassan Sahih)).
De plus, d'après Hakim ibn Hizam (qu'Allah soit satisfait de lui), qui a dit :
Je suis allé voir le Messager d'Allah () et je lui ai dit : "Des hommes viennent me voir pour m'acheter des marchandises que je ne possède pas ; dois-je les leur acheter au marché pour ensuite les leur revendre ?" Il répondit : "Ne vends pas ce que tu ne possèdes pas." (Rapporté par Ahmad et les auteurs des Sunan, et authentifié par Al-Tirmidhi).
Les alternatives juridiques licites :
1. Le contrat de vente à terme (Al-Salam)
Il vous est permis de traiter avec le client sur la base d'une marchandise décrite de manière précise à terme (dont l'obligation pèse sur votre conscience) pour un prix déterminé, à la condition que le client vous verse l'intégralité du prix au moment même de la conclusion du contrat (lors de la séance contractuelle).
Cette transaction est appelée Le Salam. Dans ce cas précis, il n'est pas exigé que le vendeur possède la marchandise au moment du contrat, car la vente porte sur un bien décrit abstraitement et non sur un objet physique individualisé existant au moment de l'accord. Après avoir perçu le montant, vous commandez la marchandise auprès d'un des centres de vente pour qu'elle soit livrée à l'acheteur dans le délai convenu. Dans les deux Sahih [Al-Bukhari et Muslim], d'après Ibn Abbâs :
Lorsque le Prophète () est arrivé à Médine, les gens payaient d'avance pour des fruits un an ou deux ans à l'avance. Il dit alors : "Quiconque paye d'avance pour des dattes, qu'il le fasse pour une mesure déterminée et un poids déterminé, à un terme déterminé."
Mustafa ibn Saad al-Ruhaybani a écrit dans Matalib Uli al-Nuha :
Et il n'est pas valide [de vendre une chose] déterminée que le vendeur ne possède pas et pour laquelle il n'a pas reçu d'autorisation [...] en raison du hadith prophétique de Hakim ibn Hizam : "Ne vends pas ce que tu ne possèdes pas". [...] Sauf s'il s'agit d'un bien décrit selon les critères du Salam, non individualisé au départ ; cela devient alors valide car sa conscience juridique est apte à s'engager, à condition que la marchandise soit réceptionnée ou que son prix soit payé au moment de la conclusion du contrat. Si aucun des deux n'est perçu lors de la séance contractuelle, la vente n'est pas valide, car cela reviendrait à vendre une créance contre une autre créance, ce qui est formellement interdit. Fin de citation.
2. Le contrat de mandat de vente (Wakala)
Vous pouvez conclure un contrat de mandat avec les centres de vente (fournisseurs). Vous devenez alors leur mandataire pour vendre leurs marchandises auprès des clients, et vous percevez de la part de ces fournisseurs une commission pour ce service.
3. Le contrat de mandat d'achat et de courtage
Il est également possible de convenir avec le demandeur (le client) que vous allez lui importer la marchandise depuis son propriétaire d'origine en échange d'une commission fixe et connue à l'avance. Dans ce cas, vous agissez en tant que son mandataire pour l'achat.
Cependant, vous êtes considéré comme un dépositaire de confiance concernant le prix d'achat réel et les frais de transport : vous ne devez rien lui dissimuler, ni le tromper en mentionnant un prix d'achat falsifié ou des coûts imaginaires. Vous devez lui exposer la réalité des coûts de manière transparente et fixer clairement la commission que vous exigez en contrepartie de votre service de courtage.
Et Allah sait mieux.