Le travail en tant que « client mystère » pour le compte d'une entreprise et l'exploration des entreprises concurrentes
Fatwa No: 533602

Question

Sur Internet, on trouve des offres d'emploi pour le poste de client mystère . Cet emploi comporte deux aspects :
Le premier aspect : Une entreprise donnée, proposant un produit ou un service dans mon lieu de résidence, souhaite recruter une personne pour visiter ses locaux sans révéler la nature de sa mission à quiconque au sein de l'entreprise. L'objectif est de s'assurer du bon déroulement du travail et de rédiger un rapport sur des points précis que l'entreprise souhaite évaluer.
Le second aspect : Une entreprise (appelons-la première entreprise) propose un produit ou un service dans mon lieu de résidence. Une autre entreprise concurrente (appelons-la seconde entreprise) opère dans le même secteur ou souhaite s'y lancer ultérieurement. Cette entreprise concurrente (la seconde entreprise) souhaite recruter une personne capable de visiter la première entreprise en dissimulant sa qualité de client mystère afin d'étudier ladite entreprise sous certains aspects et de rédiger un rapport sur des points précis que la seconde entreprise souhaite connaître.
Est-il permis de travailler comme client mystère selon le premier aspect ? Est-il permis de le faire selon le second aspect, ou cela est-il considéré comme de l'espionnage ? Qu'Allah vous récompense par un bien.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Il n'y a aucun grief à travailler pour le compte de la première entreprise afin de s'assurer du bon déroulement du travail. Cela relève de l'intérêt général et de la vérification de la qualité des prestations. En effet, cela est considéré comme une forme de contrôle administratif que le propriétaire de l'entreprise ou sa direction est en droit d'exercer pour garantir la bonne marche de l'activité et s'assurer que les employés respectent les conditions et les obligations contractuelles pour lesquelles ils se sont engagés.
De plus, le fait que le client mystère dissimule son identité n'est pas considéré comme de l'espionnage interdit, car le but recherché n'est pas de traquer la vie privée des employés, mais plutôt d'évaluer leur probité et leur application dans le service fourni au public. Par nature, les entreprises mettent en place des règlements intérieurs qui avertissent les employés de l'existence de contrôles périodiques (qu'ils soient déclarés ou confidentiels).


Quant à la seconde entreprise, il est permis de travailler avec elle pour ce qui ne porte pas préjudice à la première entreprise et n'implique pas la divulgation de ses secrets. Ainsi, il est permis de rechercher leurs points forts et les raisons de leur succès afin que la seconde entreprise puisse en tirer profit. Les hommes n'ont cessé de s'imiter les uns les autres et de suivre les traces d'autrui dans les méthodes de commerce et de gain, profitant de l'expertise des uns et des expériences des autres ; cela ne comporte aucun grief tant que cela reste encadré par les règles et les limites de la législation islamique.


En revanche, concernant les affaires internes et confidentielles qu'ils gardent secrètes, il n'est pas permis de les espionner ni d'en informer autrui. Il est même à craindre que cela ne relève d'une forme de tromperie et de fraude interdite. Allah – Pureté à Lui et Très-Haut – a dit :
Ô vous qui avez cru ! Évitez d'utiliser trop de conjectures, car une partie des conjectures est péché. Et n'espionnez pas (Coran 49/12).
L'imam Ibn Hibban a d'ailleurs intitulé un chapitre de son Sahih ainsi : Mention de la réprobation du fait qu'un homme ruse contre son frère musulman ou le trompe dans ses moyens de subsistance . Il y a rapporté d'après Abdallah que le Messager d'Allah () a dit :
Celui qui nous trompe n'est pas des nôtres ; la ruse et la tromperie mènent en Enfer.
Al-San'ani a précisé dans Al-Tanwir Sharh Al-Jami' Al-Saghiri :
Al-Dhahabi a déduit de cette menace que ces trois pratiques (la tromperie, la ruse et la fraude) font partie des grands péchés (Kaba'ir). Fin de citation.


Al-Baghawi a dit dans son Tafsir :
Allah le Très-Haut a interdit de rechercher ce qui est caché des affaires des gens et de traquer leurs défauts, afin de ne pas exposer ce qu'Allah a dissimulé. Fin de citation.
Ibn Hajar al-Haytami a également affirmé :
Il y a dans ce verset une interdiction stricte de rechercher les affaires privées et cachées des gens, ainsi que de traquer leurs failles. Fin de citation.


Et Allah sait mieux.

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