Mon père a été condamné pour violences conjugales mais il refuse de reconnaître les actes ignobles qu’il a commis
Fatwa No: 534640

Question

As-salam alaykoum. Allah pardonne tous nos péchés dès lors que l’on se repentit si je ne me trompe pas. Mon père est un homme condamné pour violence conjugale, aujourd’hui j’ai repris contact avec lui par devoir filiale religieux. Pour autant il lui est impossible de reconnaître les actes ignobles qu’il a commis. Dans ce cas est-ce que c’est un péché de ne pas s’excuser envers ceux qu’il a blessés et traumatisés ? Et comment je dois faire pour apaiser ma colère ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Si votre père a été injuste envers un membre de sa famille ou envers toute autre personne, ou s’il lui a porté préjudice sans droit, alors il a commis un péché. Il lui incombe donc de se repentir auprès d’Allah et de demander pardon à ceux qu’il a lésés ou offensés. En effet, à propos de ceux qui portent atteinte aux croyants, Allah dit :
Ceux qui offensent les croyants et les croyantes sans qu'ils l'aient mérité se chargent d'une calomnie et d'un péché manifeste. (Coran 33/58)
Et lorsqu’il s’agit de proches, la gravité est encore plus grande. Il est rapporté dans les Sunan d’Abû Dâwûd, d’après ‘Abd Allah ibn ‘Amr, que le Prophète () a dit :
Il suffit à un homme comme péché de négliger ceux dont il a la charge.

Cependant, le fait qu’un père ait été injuste envers son enfant ne fait pas disparaître le droit qu’il a d’être honoré et traité avec bonté. En effet, Allah a ordonné de tenir une bonne compagnie même à des parents polythéistes qui incitent leur enfant à l’associationnisme. Il dit :
Et s’ils te contraignent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, ne leur obéis pas, mais accompagne-les ici-bas de façon convenable. (Coran 31/15)

Par ailleurs, al-Bukhârî a consacré dans son ouvrage Al-Adab al-Mufrad un chapitre intitulé : La piété filiale envers ses parents, même lorsqu’ils sont injustes . Il y rapporte une parole d’Ibn ‘Abbâs (qu’Allah soit satisfait de lui et de son père) :
Il n’est pas un musulman ayant deux parents musulmans envers lesquels il se montre bienfaisant en espérant la récompense d’Allah, sans qu’Allah ne lui ouvre deux portes du Paradis. S’il n’en a qu’un, une seule porte lui est ouverte. Et s’il met l’un d’eux en colère, Allah ne sera pas satisfait de lui jusqu’à ce que son parent soit satisfait de lui.
On lui demanda : Même s’ils sont injustes envers lui ?
Il répondit : Même s’ils sont injustes envers lui.
Vous avez donc bien agi en renonçant à rompre les liens avec votre père et en veillant à maintenir les liens de parenté et à lui témoigner de la bonté.

Quant à la colère que vous ressentez encore à son égard, il vous est demandé, d’un point de vue religieux, de la maîtriser et de ne pas vous laisser emporter par elle. Vous devez vous en tenir aux limites fixées par Allah, afin que cette colère ne vous conduise ni à manquer de respect envers votre père, ni à négliger les droits qu’il détient sur vous.

Pour atténuer cette colère et vous en libérer progressivement, il est utile de solliciter l’aide d’Allah, de placer votre confiance en Lui, de multiplier les invocations en faveur de votre père, de lutter contre votre âme, et de méditer sur les mérites de la piété filiale, de la maîtrise de la colère et du pardon envers celui qui vous a offensé. Allah, Exalté soit-Il, dit :
Ceux qui dominent leur colère, pardonnent aux gens ; et Allah aime les bienfaisants. (Coran 3/134)
Il dit également :
Qu’ils pardonnent et passent sur les fautes. N’aimez-vous pas qu’Allah vous pardonne ? Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux. (Coran 24/22)

Et Allah sait mieux.

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