Est-il permis de manquer la prière en groupe après l’iqâma afin de faire cesser un acte répréhensible ou de tuer un gecko ?
Fatwa No: 535060

Question

Celui qui se rend à la mosquée après que l’iqâma a été prononcée peut-il s’arrêter pour accomplir une obligation, comme faire cesser un acte répréhensible ou tuer un gecko — selon l’avis considérant qu’il est obligatoire de s’en débarrasser ? Le jugement diffère-t-il selon que cet arrêt lui fait manquer ou non la prière en groupe ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Si celui qui se rend à la mosquée pour accomplir la prière en groupe se trouve confronté à une obligation qu’il ne pourrait plus accomplir s’il ne lui donnait pas priorité sur la prière en groupe — comme faire cesser un acte répréhensible qui ne peut être différé, sauver une personne d’un danger mortel ou toute autre situation semblable —, il doit alors donner priorité à cette obligation. En effet, l’intérêt consistant à accomplir cette obligation et à remédier à la situation avant qu’il ne soit trop tard prime sur l’accomplissement de la prière en groupe.


Al-‘Izz ibn ‘Abd al-Salâm écrit dans Qawâ‘id al-ahkâm :
Huitième exemple : donner priorité au sauvetage de personnes dont la vie est inviolable et qui risquent de se noyer, plutôt qu’à l’accomplissement des prières. En effet, sauver de la noyade ces personnes est, auprès d’Allah, meilleur que d’accomplir la prière. Il est en outre possible de réunir ces deux intérêts : on sauve d’abord la personne qui se noie, puis on rattrape la prière. Il est évident que l’intérêt manqué en n’accomplissant pas la prière à son heure n’est nullement comparable à celui qui réside dans le sauvetage d’une âme musulmane de la mort. Fin de citation.


Les ouvrages des savants mentionnent plusieurs excuses autorisant à manquer la prière en groupe. Il n’est pas possible de les exposer ici en détail, et certaines des actions qui constituent de telles excuses ne sont d’ailleurs pas obligatoires en elles-mêmes.


Quant au fait de tuer un gecko, cela est recommandé, et nous n’avons trouvé aucun avis affirmant son caractère obligatoire. Le Sahîh de l’imam Muslim contient ainsi un chapitre intitulé : Recommandation de tuer le gecko .
Al-‘Irâqî écrit dans Tarh al-tathrîb :
Il est rapporté dans le Sahîh de Muslim, d’après Sa‘d ibn Abî Waqqâs, que le Prophète () “ordonna de tuer le gecko et le qualifia de petite bête nuisible”. Ibn ‘Abd al-Barr a dit : “Les traditions rapportées à ce sujet sont nombreuses et concordantes. Nos jurisconsultes l’ont assimilé aux cinq animaux nuisibles qu’il est recommandé de tuer. Plusieurs hadiths encouragent par ailleurs à le tuer.” Fin de citation.


Par conséquent, la prière en groupe doit avoir priorité sur le fait de tuer le gecko, en particulier si l’on craint de la manquer en s’occupant de cela. Certains savants considèrent en effet que la prière en groupe constitue une obligation individuelle, et cet avis est solide et étayé par les preuves religieuses.


Et Allah sait mieux.

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