Règles et conditions de la vente à tempérament via les applications et entreprises contemporaines Fatwa No: 536629
- Fatwa Date:8-9-2026
J'aimerais savoir : le paiement échelonné via l'application Mylo est-il illicite (haram), et comporte-t-il de l'usure (riba) ou non ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Le statut juridique de l'échelonnement des paiements via les applications et sociétés contemporaines dépend de la nature du contrat et des clauses qu'il renferme. En effet, la vente à tempérament est encadrée par des règles juridiques qui la rendent licite, ainsi que par des motifs d'interdiction qui, s'ils se vérifient, entraînent son illicéité — à l'instar des pénalités de retard. Ainsi, si l'application stipule l'imposition d'une pénalité financière en cas de retard de remboursement des échéances, il s'agit alors de riba formellement prohibé, semblable à l'usure de l'époque préislamique (riba al-jahiliyya : soit tu rembourses, soit tu augmentes [la dette] ). Il n'est donc pas permis de souscrire à un contrat comportant cette condition, même si la personne a la ferme intention de payer dans les délais impartis.
De même, si l'application assure le financement en réglant le prix de la marchandise au commerçant au comptant, puis récupère la somme auprès de l'acheteur sous forme de versements échelonnés assortis d'une majoration bénéficiaire conditionnée au financement, il s'agit d'un prêt usuraire illicite et non valide. Il en va de même si le commerçant majore le prix de la marchandise par rapport à son tarif au comptant : cela constitue également un motif d'interdiction.
Il est stipulé dans la résolution de l'Académie islamique du Fiqh (n° 108, 2/12) ce qui suit : Il est permis à la banque émettrice de percevoir auprès du commerçant une commission sur les achats du client, à condition que la vente par carte effectuée par le commerçant se fasse au même prix que la vente au comptant. [Fin de citation]
En revanche, si l'organisme de financement s'acquitte du prix pour le compte de l'acheteur, puis recouvre la somme auprès de lui sans la moindre majoration, et sans imposer de pénalité en cas de retard de paiement, cela ne pose aucun problème, si Allah le veut. Le fait que le financeur perçoive une commission de la part du commerçant n'altère en rien la licéité de l'opération, certains juristes contemporains qualifiant cette rémunération de courtage ou d'intermédiation (samsara / dilala), à l'instar de la commission prélevée par la banque auprès du commerçant lors d'un règlement par carte Visa ou autre carte bancaire — comme indiqué précédemment dans l'extrait de la résolution de l'Académie du Fiqh.
Et Allah sait mieux.