Le mari qui ordonne à son épouse de porter le voile devant ses mahrams
Fatwa No: 538126

Question

Un mari a ordonné à son épouse de porter le voile devant ses mahrams, mais elle a refusé de se conformer à son ordre. Est-elle alors considérée comme étant en état de désobéissance conjugale (nushûz) ? Le mari peut-il recourir aux différentes étapes prévues pour remédier à cet état ? Sachant que les membres de la famille de l’épouse sont des personnes respectables et que ses rapports avec eux ne suscitent aucun soupçon.
Qu’Allah vous récompense par le bien.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Allah, exalté soit-Il, a autorisé la femme à paraître sans voile devant ses mahrams. Il dit : Et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs époux, ou à leurs pères… (Coran 24/31).

Si le fait qu’une femme ne porte pas le voile devant ses mahrams ne suscite aucun soupçon, que ceux-ci sont des personnes chastes et dignes de confiance, que tout risque de tentation est écarté et que ses vêtements ne portent pas atteinte à la pudeur, en dévoilant ce qu’il est interdit de découvrir ou en en laissant apparaître les formes du fait de leur étroitesse, nous estimons que lui imposer le voile, dans cette situation, relève d’une restriction abusive à laquelle une épouse ne devrait pas être soumise. Nous lui conseillons néanmoins d’éviter les comportements que son mari lui interdit et qui provoquent sa colère, même lorsqu’il n’est pas en droit de les lui interdire, pourvu que cela ne lui cause pas de difficulté.

Si elle ne se conforme pas à cet ordre, elle n’est considérée ni comme désobéissante ni comme étant en état de désobéissance conjugale. En effet, l’obéissance de la femme à son mari n’est pas absolue : elle n’est obligatoire que dans ce qui relève du contrat de mariage et des obligations qui en découlent.

Nous conseillons également au mari de vivre avec son épouse dans la bienveillance et de ne pas lui imposer de restrictions dans un domaine où la Loi islamique lui accorde une latitude.

Si son attitude est motivée par la jalousie, celle-ci est louable lorsqu’elle repose sur un motif de suspicion. En revanche, lorsqu’elle ne repose sur aucun motif de ce genre, elle est blâmable.

De son côté, nous conseillons à l’épouse de veiller à la pudeur de sa tenue devant ses mahrams, afin d’écarter tout soupçon et de ménager les sentiments de son mari. Tous deux doivent chercher à s’entendre avec douceur et bienveillance, et éviter ce qui pourrait provoquer des disputes et des dissensions.

Et Allah sait mieux.
 

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