Rapporter des propos tenus sur une personne sans en nommer l'auteur Fatwa No: 538303
- Fatwa Date:11-10-2026
Quel est le statut juridique (hukm) du fait de rapporter des propos tenus au sujet d'une personne sans divulguer l'identité de leur auteur ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Si votre intention porte sur le fait de rapporter ces propos à la personne même qui en fait l'objet de manière malveillante, cela est illicite, quand bien même le nom de l'auteur ne serait pas mentionné. Cela constitue en effet un préjudice moral envers elle, en suscitant en son cœur du chagrin et en risquant de l'amener à mener des investigations pour démasquer l'auteur, voire à nourrir des soupçons injustifiés envers des tiers en croyant à tort qu'ils sont ceux qui ont médit d'elle. Or, la préservation de la pureté du cœur et la bienveillance mutuelle constituent une exigence légale de la charia, et le Prophète () a formellement proscrit tout ce qui est de nature à l'altérer. Il est en effet rapporté dans les Sunan d'Abû Dâwûd et d'At-Tirmidhi, d'après un hadith d'Abdullah ibn Mas'oud (qu'Allah soit satisfait de lui), que le Messager d'Allah () a dit :
Que nul ne me rapporte quoi que ce soit sur l'un de mes compagnons, car j'aime aller à leur rencontre le cœur exempt de toute rancœur.
Ainsi, que l'on qualifie juridiquement le fait de rapporter ces propos sans nommer leur auteur de colportage de ragots ou non, cela introduit de l'angoisse et de l'affliction dans le cœur du musulman visé, ce qui est strictement prohibé.
En revanche, si votre question vise le fait de relayer ces propos malveillants à un tiers étranger (et non à la personne directement concernée), cela n'est pas permis non plus ; cet acte constitue en soi une médisance, en plus d'être une validation et une propagation de la médisance originelle.
Et Allah sait mieux.