Parler pendant la prière : conséquences pour l’imam et les fidèles qui prient derrière lui
Fatwa No: 74789

Question

Durant la prière de l’Icha à la mosquée, le téléphone portable de l'un des fidèles a sonné deux fois et l’imam a pris la parole au milieu de la prière et a demandé à cet homme d’éteindre son téléphone. Quelle est la conséquence de ce geste ? Invalide-t-il uniquement la prière de l’imam ou également celle des fidèles qui prient derrière lui ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons :

 

Si l’imam a parlé volontairement, sa prière est invalide et c'est l'avis unanime des savants. Ibn Qudâma, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : Quant au fait de parler volontairement en ayant conscience que la prière est en cours, cela est interdit s'il n'y a aucun intérêt pour la prière et que rien n'oblige à parler. La prière est invalide selon le consensus des savants. (Al-Mughni)

 

Après avoir réparti en plusieurs catégories les paroles prononcées durant la prière, l’imam al-Nawawi, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : Parler volontairement sans que cela n’ait un intérêt pour la prière, invalide la prière selon l'avis unanime des savants et ce consensus a été rapporté par Ibn al-Mondhir et d’autres (Al-Madjmou’)

 

Il n'y avait aucun intérêt pour la prière à ce que cet imam parle car la sonnerie d’un téléphone portable n’invalide pas la prière même si cela perturbe les fidèles qui prient. Cependant, si l'imam a parlé par erreur ou par ignorance, sa prière est valide selon certains savants. C’est l’avis du Cheikh al-Islaam Ibn Taymiyya, qu'Allah lui fasse miséricorde, qui a dit : La prière n’est pas invalidée par celui qui parle par oubli ou par ignorance et c’est l’avis de l’imam Ahmad (Al-Fatâwa al-Kubra)

 

Si les paroles mentionnées ont été dites volontairement en sachant que cela est interdit, c'est un péché, car il est interdit d’interrompre la prière et donc de l'invalider sans excuse valable. Si cela s’est produit par oubli ou par ignorance pour éviter que les fidèles qui prient ne soient perturbés alors, l’auteur de cet acte est excusé et n’a pas commis de péché car le Prophète () a dit : Certes, Allah pardonne à ma communauté les péchés commis par erreur, oubli ou contrainte. (Ibn Mâdjah, Al-Albâni : Sahîh)

 

Si la prière de l’imam est invalide, celle des fidèles qui priaient derrière lui ne l'est pas, car ils pensaient à priori que ce que l’imam avait fait était correct. Leur prière ne devient invalide que dans le cas où ils ont conscience du péché commis par l'imam et continuent à le suivre.

 

Et Allah sait mieux.

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