L’imam Ach-Chafi'i

L’imam Ach-Chafi
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Son nom est Mohammed ibn Idriss de la lignée de ‘Abdoul Mouttalib grand-père du Prophète Mohammed (). Il est né en Palestine et précisément à Gaza en l’an 150 de l’Hégire qui est aussi l’an où est mort Abou Hanifa. Ses ancêtres habitaient la Mecque, mais son père s’établit à Gaza. Après la mort de son père, sa mère retourna à la Mecque où elle éleva son enfant orphelin.

Ach-Chafi’i a appris le Coran très jeune. Ismail Ibn Yahia a dit qu’il l’a entendu dire: « J'ai appris par cœur le Coran à l'âge de sept ans et le Mouwatta de l'Imam Malik à l'âge de 10 ans. »
Après avoir appris le Coran, il quitta la Mecque pour rejoindre la tribu des Banou Houdhayl  qui était la tribu la plus éloquente de toute l'Arabie et y resta de longues années. Il apprit d'elle l'éloquence de la langue et sa force. Puis il revint à la Mecque et se pencha sur l’étude du Fiqh auprès de grands érudits qui l’ont autorisé à prononcer des Fatwas dès l’âge de 15 ans. Il effectua des voyages d’études à Médine, en Irak, en Egypte.
A Médine, lorsqu’il se présenta à l’imam Malik pour s'instruire auprès de lui, Malik fut surpris de sa grande intelligence et de sa bonne compréhension, et lui dit : « Je me rends compte qu’Allah, exalté soit-Il, a éclairé ton cœur de lumière; ne la laisse pas s'éteindre à cause de l'obscurité qui résulte des péchés.»
L'Imam Malik lui a dit dans une autre occasion : « Ô fils de mon frère ! Apprends et Allah t'élevera. » Il  lui dit encore : « Ô Mohammed ! Crains Allah, car tu vas certainement avoir un avenir d'une brillance hors du commun. »
Le mérite d’Ach-Chafi’i est d’avoir initié la science des fondements du Fiqh. Son œuvre « Rissala » où il développe les règles et les méthodes de déduction et d’interprétation ne cesse de faire l’admiration des juristes et des Faqihs du monde entier.
Ahmed ibn Hanbal qui était l’un de ses disciples, témoigne : « Achafi’i était le plus faqih du monde en matière de Coran et de Sunna ».
Ahmed a dit aussi à propos de lui : « Ach-Chafi'i faisait partie des personnes les plus éloquentes. Et l'Imam Malik était subjugué par sa lecture, en raison de son éloquence.»
En plus de son savoir hors pair, Ach-Chafi’i était un homme d’un très bon caractère, généreux, courageux et d’une intelligence rare.
Al-Mazani rapporte : « Je suis entré chez Ach-Chafi'i lors de la maladie qui a entraîné sa mort, et je lui ai dit : comment te sens-tu ? Il me dit : " Je quitte cette vie, je me sépare de mes frères, je vais boire à la coupe du destin, je vais rencontrer mes mauvaises actions et revenir vers Allah, et je ne sais pas si mon âme se dirigera vers le Paradis afin que je la félicite ou si elle se dirigera vers l'Enfer afin que je lui présente mes condoléances." puis il se mit à pleurer.» (As-Siyar, 5/99)
Il est mort après la prière du Maghrab, la nuit du vendredi, dernier jour du mois de Rajab de l'an 204 H, à l'âge de 54 ans.
La doctrine de Chafi’i
Sa doctrine est basée sur :
 1) le Coran
2) la Sunna
3) le consensus (qui signifie selon lui l’absence de désaccord)
4) l’analogie
Achafei s’appuie fortement sur la Sunna ; il admet le hadith rapporté par un seul si le rapporteur est digne de confiance. Il rejette le jugement préférentiel au sujet duquel, il a écrit un livre intitulé : “invalidation de l’istihsan”. Il considère cette règle comme étant une manière de légiférer. Il rejette également la règle de l’intérêt absolu et ne tient pas compte des habitudes des gens de Médine. Il critique la méthode des hanafites consistant à exiger la célébrité de certains hadiths comme condition de validité.
La doctrine d’Achafei se situe entre l’école de l’opinion (Irak) et celle de ceux qui s'attachent au hadith (Hijaz). Il concilie le rigorisme des uns et la souplesse des autres.
Achafi’i a élaboré deux doctrines. Une en Irak (l’ancienne) et une en Egypte, après y avoir élu domicile (la nouvelle).
Sa doctrine est répandue en Egypte, en Afrique orientale, en Indonésie, en Malaisie, en Thaïlande, en Somalie, au Kurdistan, aux Philippines et en Amérique du Sud.
Témoignages de grands savants :
L'imam Ahmad réservait beaucoup de respect et d'admiration pour Ach-Chafi'i au point que, pendant quarante années consécutives, il ne passa pas une nuit sans faire des invocations en faveur de son maître. Lorsqu'il narrait le hadith dans lequel Messager d’Allah () a dit : « Au début de chaque siècle, Allah envoie un réformateur qui renouvelle à cette communauté les affaires de sa religion. » Il disait : « Allah, exalté soit-Il, a envoyé notre maître 'Omar Ibn 'Abd Al-'Aziz au début du deuxième siècle pour renouveler à cette communauté sa religion, et j'espère qu'Ach-Chafi'i soit celui envoyé au début du troisième siècle.»
 
L’imam Ahmad ibn hanbal (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Personne ne touche un encrier ou une plume sans qu'il ne soit redevable de quelque chose à Ach-Chafi'i. »
Dawoud ibn Ali Al-Isbahani raconta qu'il entendit Ishaq ibn Rahawayh dire: « J'ai rencontré Ahmad ibn Hanbal à la Mecque et il m'a dit: "Viens je vais te présenter à un homme hors du commun" et il me montra Ach-Chafi'i »
Salih fils de l'imam Ahmad raconte qu'il rencontra Yahya ibn Ma'in qui lui dit: Ton père n'a-t-il pas honte de ce qu'il a fait?
Et qu'a-t-il fait ? demanda Salih. Je l'ai vu avec Chafi'i qui était sur sa monture et ton père à pied tenait les rênes.
Salih rapporta cela à son père qui lui dit : Si tu le revois dis lui de ma part que s'il veut apprendre le fiqh qu'il vienne tenir l'autre côté des rênes de la monture de Chafi'i
Le grand linguiste Al-Asma'i avait l’habitude de dire: « J'avais l'habitude de corriger mes fautes de poésie houdhaylite auprès d'un jeune à la Mecque qui s'appelait Mohammed Ibn Idriss.»
Abou 'Obayd a dit : « Ach-Chafi'i faisait partie de ceux auprès desquels on venait apprendre la langue.»
Abou Ayyoub As-Souwaid a dit : « Apprenez la langue arabe chez Ach-Chafi'i.»
Al-Houmaydi qui était l’un des grands spécialistes du hadith a dit : « Bien que la volonté ne nous manquait pas, nous ne savions comment répondre aux juristes du Ray, jusqu'à ce que Ach-Chafi'i apparut. C'est grâce à lui que nous apprîmes à répliquer et à vaincre nos adversaires.»
Ar-Rabi' Ibn Soulayman rapporte : « Ach-Chafi'i (qu’Allah lui fasse miséricorde) avait l'habitude de s'asseoir dans son assemblée après la prière du Sobh. C'est alors que venait à lui les spécialistes du Coran. Ils prenaient de sa science puis le quittaient lorsque le soleil se levait. Venait alors le tour des spécialistes du hadith, qui le questionnaient au sujet de l'exégèse et du sens des paroles du Prophète (). Ils quittaient l'assemblée lorsque le soleil était haut dans le ciel, et l'assemblée se consacrait alors à la confrontation des avis et à la déduction. Lorsque l'heure du Dhoha sonnait (milieu de la matinée), les élèves se levaient pour laisser place aux spécialistes de la langue arabe, de la métrique (science de la composition des vers de poésie), de la grammaire et de la poésie. Ils restaient à ses côtés et profitaient de sa science jusqu'à ce que le soleil atteigne son zénith, moment où l'Imam Ach-Chafi'i (qu’Allah l'agrée) quittait l'assemblée. »
Mohammed Ibn Abdelhakam rapporte : « De ma vie je n'ai jamais vu quelqu'un de comparable à Ach-Chafi'i. Les spécialistes du hadith venaient à lui et lui présentaient les sujets ardus de la science du hadith. Il leur donnait alors des enseignements concernant les secrets de cette science, secrets dont ils n'avaient jamais soupçonné l'existence auparavant. Ils se levaient alors de l'assemblée, pleins d'admiration pour l'Imam. Quant aux spécialistes de la jurisprudence (fiqh) - qu'ils soient des adeptes de son école ou non - ils ne quittaient pas son assemblée sans reconnaître sa suprématie. Les spécialistes de la littérature lui présentaient des poèmes, dont il n'avait aucune difficulté à percer le sens profond. Il connaissait par cœur 10 000 vers de poésie Houdhaylite (de la tribu des Bani Hudhayl), de même qu'il savait parfaitement les analyser et les expliquer. En outre, il faisait partie des plus grands savants concernant l'histoire des arabes... et tout cela grâce à la sincérité de ses actes pour Allah le Très-Haut.»
Ibn Khallikan a dit : « Il y a eu consensus des savants de toutes les contrées, parmi les gens du hadith, du fiqh, des bases du fiqh, de la langue, de la grammaire et des autres sciences, au sujet de la probité de Chafi’i, de sa dignité, de sa notoriété, de sa frugalité, de sa crainte d’Allah, de sa vie probe, de sa place élevée et de sa générosité. »
Mas'ab Ibn Abdillah Az-Zubeyri a dit : « Je n'ai jamais vu une personne plus versée dans l'histoire des arabes que Ach-Chafi'i. »

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