Un tribunal belge ouvre la porte pour renvoyer des femmes voilées de leur emploi

Un tribunal belge ouvre la porte pour renvoyer des femmes voilées de leur emploi
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Un tribunal belge a émis un arrêté qui autorise les employeurs à renvoyer les employées voilées. C'est ainsi que le tribunal des prud'hommes de la ville belge de Antwerp a ordonné que l'entreprise de sécurité "G4S", spécialisée dans les gardiennes, interdise le port de tout signe indiquant l'appartenance religieuse sur le lieu de travail.

Cette décision intervient après qu'une musulmane a rejoint le bureau de l'accueil de cette entreprise depuis 2003, et c'est à cette époque qu'est sortie une directive qui interdit aux employés le port de tout signe religieux distinctif sur les lieux publics.
Et en 2006, l'employée musulmane a informé la direction de l'entreprise qu'elle désirait porter le voile durant les heures de travail ; cependant, la direction a rejeté cette demande puis elle a décidé de mettre fin à son contrat et lui a donc versée des indemnités de départ. 
L'employée a déposé une plainte à travers laquelle elle accuse l'entreprise de l'avoir renvoyée parce qu'elle est musulmane et qu'elle porte le voile, et par conséquent ce renvoi a, selon elle, un motif islamophobe. Par ailleurs, elle a demandé à l'entreprise une compensation financière correspondant au moins à six mois de salaire.
Le tribunal a rejeté les prétentions de l'employée, il a prétendu que son renvoi ne s'appuie sur aucun motif religieux et qu'il n'y a pas la moindre islamophobie dans cette décision, laquelle concerne tous les travailleurs parmi lesquels on trouve des gens aux croyances et appartenances religieuses diverses.
Il faut rappeler que la Belgique a connu une vive polémique autour du voile à partir de 2007 au moment où le conseil de la province de la ville belge de Gand a accepté le projet d'un arrêté soumis par le parti libéral flamand avec le soutien de la droite dure de la région. Cet arrêté stipule l'interdiction du voile pour les fonctionnaires qui travaillent dans les institutions gouvernementales et publiques, et spécialement pour celles qui ont un contact direct avec les gens.
Le problème du voile ne s'arrête pas aux fonctionnaires, les étudiantes des écoles belges en souffrent également ainsi que les musulmanes qui souhaitent obtenir la carte de résidence ou la carte de nationalité.
Certains organismes refusent les photos d'identité des femmes portant le voile, de même que de nombreuses écoles belges ont annoncé vouloir refuser le voile, l'Etat préfère ne pas s'occuper de cette question considérant que chaque direction d'école a le droit d'émettre des décisions ou d'adopter des procédures qui concernent le fonctionnement interne de l'école.
Il est à signaler que la Belgique a commencé depuis plusieurs mois à appliquer la loi d'interdiction du port de la burqa et du niqab dans les lieux publics.    

 

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