Les réseaux sociaux et le fait de parler d'Allah sans science
Les gens ont beaucoup parlé des avantages des réseaux sociaux, des portes qu'ils ont ouvertes vers les connaissances, les moyens de communication, la facilitation des intérêts et des affaires, parmi d'autres choses qui ont simplifié la vie des gens. Nous en avons parlé à plusieurs reprises, mais cette fois, nous tenterons de mettre en lumière l'autre aspect de ces plateformes. Car malgré les bénéfices de cette technologie moderne, elle comporte également en son sein diverses formes de corruption et de préjudices.
Les plateformes sociales ont offert à toute personne, quiconque elle soit, la possibilité de s'exprimer et de faire entendre sa voix à un grand nombre, pourvu qu'elle dispose d'un smartphone et d'une adresse e-mail. Il lui est ainsi facile de créer un compte personnel sur chacune d'elles pour y publier tout ce qu'elle désire.
Si beaucoup considèrent cela comme un immense avantage, c'est également l'ouverture d'une grande porte vers le mal, où chaque individu diffuse son contenu sans gardien ni contrôle, sans que personne ne rende compte du licite ou de l'illicite, du vrai ou du faux, de l'utile ou du nuisible, du bien ou du mal.
Nous évoquons ici un fléau des plus graves, car il touche à la religion des gens, leur croyance, leur adoration, leur moralité et leurs transactions, causant de grands malheurs, préjudices et corruptions aux bons serviteurs d'Allah et aux musulmans ordinaires. C'est le fait que n'importe quel ignorant, ou même un pseudo-savant, puisse parler de religion et donner des avis juridiques... comme s'il était Mâlik, Abû Hanîfa, Ash-Shâfi'î ou Ahmad.
Ainsi s'est ouverte la porte de parler d'Allah sans science, de mentir sur le Messager d'Allah (
), et de lui attribuer des paroles qu'il n'a jamais dites ni prononcées. Ils agissent ainsi par ignorance ou intentionnellement, alors qu'il est établi dans les deux Sahîh et autres, voire rapporté de manière concordante, sa parole : « Celui qui ment intentionnellement sur mon compte, qu'il prenne sa place en Enfer. »
Ils se sont exprimés sur le droit, les adorations et la religion des gens avec des assertions inouïes, contraires à ce qui est nécessairement connu de la religion d'Allah, et opposées aux avis des gens de science et de connaissance. Cela est naturel, « celui qui parle en dehors de son domaine produit des absurdités ». C'est là un mal qui fit pleurer à son sujet Rabî'ah ibn 'Abd ar-Rahmân, le maître de l'Imâm Mâlik. Ibn 'Abd al-Barr rapporte dans son ouvrage Jâmi' Bayân al-'Ilm wa Fadlih : selon son chaînage de transmission remontant à l'Imâm Mâlik ibn Anas, l'Imâm de Médine, qui a dit : « Un homme m'a informé qu'il était entré chez Rabî'ah ibn Abî 'Abd ar-Rahmân et l'a trouvé en pleurs. Il lui demanda : "Qu'est-ce qui te fait pleurer ?" – s'inquiétant de ses larmes – "Est-ce un malheur qui t'a touché ?" Il répondit : "Non, mais on demande des avis à des gens sans science, et une affaire grave est apparue en Islam." » Rabî'ah dit : « Certains de ceux qui donnent des avis ici méritent plus la prison que les voleurs. » Certains savants dirent : « Oui, par Allah ! Car les voleurs ne volent que les biens et la vie d'ici-bas des gens, tandis que ceux-ci volent leur religion et leur vie dernière. »
Les réseaux sociaux nous ont ouvert une porte qui était fermée. Ces personnes étaient auparavant inconnues, ignorées de tous, chacun cachant son ignorance derrière les murs de sa maison, jusqu'à ce que chacun ait un compte par lequel il émerge pour donner des avis, décider, commenter, exprimer son opinion, contester les gens de mérite, défier les sommités de la science et prétendre corriger les savants par son ignorance.
L'un d'eux, dès qu'il a saisi le micro ou qu'un public l'a regardé, s'est cru véritablement juriste ou sincèrement savant, se persuadant avoir le droit de parler de religion, voire de prendre des extraits de cheikhs pour les commenter selon son propre avis, émettant des jugements totalement contraires à ce qui est connu et établi chez les gens de science, de connaissance, les juristes, les savants et les étudiants respectueux.
La hardiesse à donner des avis juridiques et à parler de la religion d'Allah sans compétence relève du fait de parler sur Allah sans science, lequel compte parmi les plus grands péchés et les crimes les plus graves. Allah l'a même rendu plus sévère que le polythéisme et les péchés majeurs, et a menacé de son sujet un douloureux châtiment. Allah dit : « Dis : "Mon Seigneur n'a interdit que les turpitudes (les grands péchés), ce qui en est apparent et ce qui est caché, de même que le péché, l'injustice sans droit, et d'associer à Allah ce dont Il n'a fait descendre aucune preuve, et de dire sur Allah ce que vous ne savez pas." » (Coran 7/33). Et Il dit : « Et ne dites pas, conformément aux mensonges proférés par vos langues : "Ceci est licite, et cela est illicite", pour forger le mensonge contre Allah. Certes, ceux qui forgent le mensonge contre Allah ne réussiront pas. » (Coran 16/116-117). Et Il dit : « Qui est donc plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Allah pour égarer les gens sans science ? Allah ne guide pas les gens injustes. » (Coran 6/144).
Ibn al-Qayyim dit dans Madârij as-Sâlikîn concernant le verset {et de dire sur Allah ce que vous ne savez pas} : « Ceci est le plus grand des interdits auprès d'Allah et le plus chargé en péchés, car il implique le mensonge sur Allah, Lui attribuer ce qui ne Lui convient pas, changer Sa religion et l’altérer, nier ce qu'Il a affirmé et affirmer ce qu'Il a nié, établir ce qu'Il a invalidé et invalider ce qu'Il a établi, être ennemi de ceux qu'Il a pris pour alliés et allié de ceux dont Il est ennemi, aimer ce qu'Il déteste et détester ce qu'Il aime, et Le décrire par ce qui ne Lui convient pas dans Son Essence, Ses attributs, Ses paroles et Ses actes. Il n'y a pas, parmi les catégories d'interdits, rien de plus grave auprès d'Allah, de plus sévère et de plus chargé en péchés que cela. Il est la source du polythéisme et de la mécréance, et c'est sur lui que sont fondées les innovations et les égarements. Toute innovation égarant dans la religion a pour fondement le fait de parler sur Allah sans science. »
Celui qui donne des avis aux gens sans science tombe dans deux péchés majeurs :
Le premier : La hardiesse à mentir et à accuser Allah mensongèrement. Allah dit : « Qui est donc plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Allah pour égarer les gens sans science ? Allah ne guide pas les gens injustes. » (Coran 6/144).
Le second : Égarer les gens et les induire en erreur. D'après 'Abdullah ibn 'Amr ibn al-'Âs (qu'Allah soit satisfait de lui), le Messager d'Allah (
) a dit : « Allah ne reprend pas la science en l'arrachant brutalement des serviteurs, mais Il reprend la science en reprenant les savants, jusqu'à ce qu'Il ne laisse aucun savant. Les gens prendront alors comme guides des ignorants ; on les interrogera et ils donneront des avis sans science, s'égarant eux-mêmes et égarant les autres. » (Al-Boukhârî et Mouslim). Ainsi, celui qui donne des avis sans science s'est égaré de la vérité et a égaré ceux qui ont suivi son avis.
Il est mentionné dans Al-Mawsû'a al-Fiqhiyya (32/24) : « Donner des avis sans science est interdit, car cela implique de mentir sur Allah et Son Messager, et cela implique d'égarer les gens. C'est l'un des grands péchés. »
Ceci est un message à quiconque s'arroge le droit de donner des avis sans en être digne, sans en posséder les outils, et sans avoir atteint la science qui l'y habilite : qu'il craigne Allah en lui-même, qu'il ne se précipite pas vers le Feu, et que la recherche d'abonnés plus nombreux ou de vues accrues ne le pousse pas à mentir sur Allah et Son Messager. Le Prophète (
) a dit : « Celui qui ment intentionnellement sur mon compte, qu'il prenne sa place en Enfer. » (Al-Boukhârî et Mouslim). Et Allah dit : « Certes, ceux qui forgent le mensonge contre Allah ne réussiront pas. » (Coran 16/116-117).


Articles

