Conflit autour du protocole lors de funérailles
Fatwa No: 135724

Question

Ma grand-mère vient de décéder. Depuis son décès, mon cousin paternel qui vit à l’étranger ne cesse de me reprocher des erreurs honteuses, dit-il, qui se sont produites durant les funérailles qui ont eu lieu dans notre maison. Je vis également à l’étranger, mais je suis profondément vexé par les propos de mon cousin. Il prétend que les personnes qui ont informé sa famille de ces soi-disant erreurs sont fiables et ne mentent pas. Il n’a absolument rien vu. En fait, il ne fait que raconter ce que certaines personnes qui ont assisté aux funérailles de ma grand-mère ont colporté. Il prétend par exemple que la nourriture et les boissons ont été servies à certains visiteurs et pas à d'autres. Il faut savoir que ma grand-mère est décédée le soir et que les funérailles ont eu lieu le lendemain. Il prétend que pas même un verre d’eau n’a été servi à certaines personnes venues présenter leurs condoléances. Il prétend aussi que
la médisance est licite. Est-ce correct ?
Faut-il vraiment servir de la nourriture et des boissons aux personnes qui viennent présenter leurs condoléances, ou bien les gens doivent se réunir à cette occasion pour invoquer Allah, exalté soit-Il, en faveur du défunt ? Renseignez-moi, s’il vous plaît, tout en citant les preuves tirées du Livre et de la sunna.

Réponse

Louange à Allah, et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

 

Qu’Allah, exalté soit-Il, vous console de la mort de votre grand-mère. Vous devez conseiller votre cousin et lui dire de ne plus aborder ce sujet, car premièrement, il n’est pas certain de ce qu’il dit. Il doit avant de parler vérifier l’authenticité des faits. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « Ô vous qui avez cru ! Si un pervers vous apporte une nouvelle, voyez bien clair [de crainte] que par inadvertance vous ne portiez atteinte à des gens et que vous ne regrettiez par la suite ce que vous avez fait » (Coran 49/6).

Admettons que ce qu’il dit soit vrai, cela ne lui donne pas le droit de vous reprocher des choses avec lesquelles vous n’avez rien à voir. La mort d’une personne chère occupe la famille et celle-ci n’a pas vraiment le temps de donner l’hospitalité aux visiteurs. La famille du défunt a plus besoin de consolation. Lorsque Dja'far, qu’Allah soit satisfait de lui, trouva la mort en martyre, le Prophète () dit à ses Compagnons : « Préparez un repas pour la famille de Dja'far, car elle est affairée aujourd’hui par sa mort ».

Deuxièmement, votre cousin est pour vous un non Mahram et il ne doit parler avec vous que dans les limites du besoin.De plus, se réunir chez la famille du défunt après l’enterrement est un acte Makrûh. Les prédécesseurs ont réprouvé cette pratique considérée comme une sorte de lamentation. Il ne fait pas non plus partie de la Sunnah de se réunir pour invoquer Allah, exalté soit-Il, en faveur du défunt, et celui qui veut invoquer Allah, exalté soit-Il, en faveur de lui peut le faire n’importe où.

Il ne convient pas de prétendre que la médisance est licite. En fait, la médisance est illicite. C’est un péché capital, mais certains oulémas l’ont autorisée dans certaines limites lorsqu’il y a un intérêt prépondérant.

 

Et Allah sait mieux.

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