Négligence de la prière et divorce
Fatwa No: 139750

Question

Je suis nouvellement marié et j’ai des problèmes avec ma femme parce qu’elle manque certaines prières. Après ses menstruations, il lui est difficile de recommencer à prier. Je ne cesse de le lui rappeler mais étant donné que nous ne vivons pas ensemble en ce moment, il m’est difficile de lui rappeler chaque salât. Un jour je lui ai demandé si elle avait fait sa prière, et elle m’a dit que non. Je lui ai demandé quelle en était la raison, mais comme elle n’en avait pas de conforme à la Charî‘a, je suis devenu fou de rage et je lui ai dit : « Si tu ne pries pas tu es automatiquement répudiée. » J’ai regretté de l’avoir dit bien que j’étais sérieux. Je ne voulais pas qu’elle néglige la salât. Je ne voulais pas divorcer d’elle parce qu’elle fait ce qu’elle peut et je lui donnerai un peu plus de temps bien que parfois je sens qu’elle ne fait pas assez d’efforts. Que faut-il faire maintenant ? Serons-nous divorcés si un jour elle ne prie pas ? Est-ce que je peux revenir sur mon serment, sachant que ma femme essaye de prier régulièrement mais que Satan la manipule parfois. Qu’en pensez-vous ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons.
En liant le divorce à la négligence de la salât, celui-ci a lieu si vous votre intention était le manquement d’une seule prière, mais si votre intention était le manquement de la salât dans l’absolu, le divorce n’a pas lieu. Vous vous contredisez en disant que vous ne souhaitiez pas le divorce, et en même temps vous dites que vous étiez sérieux lorsque vous avez prononcé le divorce.
Les oulémas ont dit que la prononciation franche de la formule du divorce rend celui-ci effectif même si elle a été dite sans intention ou en guise de plaisanterie, et ce conformément à ce hadith d’Abou Hourayra () :
« Il y a trois paroles qui, prononcées sérieusement ou pour plaisanter, sont prises au sérieux : les paroles de divorce, d’affranchissement et de révocation du divorce. » [(Boukhari, Mouslim, Ibn Majah, Abou Dawoud)]
Vous demandez si vous pouvez reprendre votre femme avant que la condition que vous avez émise ne se réalise ? On a posé cette question au Cheikh ‘Uthaymîn, qu'Allah lui fasse miséricorde : « Le divorce conditionné est-il annulé si on annulle la condition ? ». Il a répondu : « Elle ne peut pas être annulée ainsi » Vous ne pouvez donc pas annuler votre condition. Cependant, votre divorce est un divorce révocable s’il n’est pas le troisième, et le mari peut reprendre sa femme tant que la période de viduité ne s’est pas écoulée.
Le mari doit ordonner à sa femme de prier. Il doit la conseiller et si elle n’obéit pas, il doit la répudier, c’est un devoir. On a demandé à Ibn Taymiya (qu’Allah lui fasse miséricorde) : « Si un homme a une épouse qui ne prie pas, doit-il lui ordonner de prier ? Et si elle ne lui obéit pas doit-il divorcer d’elle ? »  Il répondit : « Oui, il doit lui ordonner la prière et il doit l’ordonner à tous ceux sur qui il a un pouvoir si personne d’autre ne le fait. Allah, exalté soit-Il, dit (sens des versets)
• « […] Commande la salât à ta famille ! Et toi-même, persévère dans la salât ! » (Coran 20/132)
• « Ô vous qui croyez ! Préservez vos personnes et vos familles de l'Enfer qui se nourrit d'hommes et de pierres […] » (Coran 66/6)
Le Prophète () a dit : « Enseignez- leur et éduquez-les. » Si la femme insiste à ne pas prier son mari doit divorcer d’elle, c’est un devoir. Celui qui ne prie pas mérite une punition selon l’avis unanime des musulmans. »
Et Allah, exalté soit-Il, sait mieux.

Fatwas en relation

Recherche Fatwas

Vous pouvez rechercher une fatwa à travers de nombreux choix

Le plus lu aujourd’hui