La nature des maladies qui rendent autorisée la rupture du jeûne
Fatwa No: 25543

Question

Lorsque j’avais 15 ans, j'étais souvent malade et mon père m’a dit que je devais rompre mon jeûne du mois de Ramadan. Je n’ai donc pas jeûné pendant dix jours et je les ai rattrapés plus tard. Cependant, j'avais le sentiment que je pouvais jeûner. Est-ce que je dois expier mon acte ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

 

Les oulémas sont unanimes sur le fait qu'une personne malade peut rompre son jeûne. Ils s’appuient sur la parole d'Allah, exalté soit-Il, (sens du verset) : « Quiconque d'entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d'autres jours. […] » (Coran : 2/184)

 

Ils divergent cependant sur le fait de savoir quel type de maladie rend autorisée la rupture du jeûne. Selon la majorité des oulémas, et parmi eux les imams des quatre grandes écoles jurisprudentielles, la maladie qui rend licite la rupture du jeûne est celle qui risque d’être aggravée par le jeûne et dont on craint de guérir moins vite en jeûnant.

 

Ibn Qudâma, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « La maladie qui rend licite de rompre le jeûne est celle qui est considérée comme grave, que le jeûne risque d’aggraver et dont on craint de guérir moins vite en jeûnant.  : "Quand le malade peut-il rompre son jeûne ?" demanda-t-on à l’imam Ahmad, qu’Allah lui fasse miséricorde.

– "Lorsqu'il est incapable de jeûner", répondit-il.

– "Comme lorsqu'il a de la fièvre ?" lui demanda-t-on alors. 

– "Y a-t-il pire maladie que la fièvre ?"  répondit-il. » (Al-Mughnî)

 

L'imam al-Nawawî, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Il peut rompre son jeûne s’il a une difficulté évidente à jeûner et attendre d'en arriver à une situation où la personne est incapable de jeûner n’est pas une condition. Nos compagnons ont dit : "La condition pour pouvoir rompre son jeûne est que ce jeûne entraîne une difficulté difficile à supporter." »

 

Al-Kharachî, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit dans son commentaire du traité de jurisprudence malékite,  Mukhtasar Khalîl : « Il est permis de rompre son jeûne lorsque l'on est malade et que l'on craint une aggravation de sa maladie.»

 

L'auteur du traité al-Durr al-Mukhtâr et juriste de l'école hanéfite a dit en citant les raisons permettant de rompre le jeûne : « … ou le malade qui craint une aggravation de sa maladie […] ».

 

Étant donné ce qui précède, si votre maladie avait atteint le stade décrit par les oulémas, il vous était alors permis de rompre votre jeûne et de rattraper les jours non accomplis. Par contre, si votre maladie n'avait pas atteint un tel stade, vous avez certes commis un acte de désobéissance en rompant votre jeûne. Vous devez alors vous en repentir, demander pardon à Allah, exalté soit-Il, et rattraper les jours de jeûne non accomplis sans avoir besoin d'expier votre acte.

 

Et Allah sait mieux.

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