Divers questions sur l'intention et la prière
Fatwa No: 372154

Question

Assalam alaykoum,J’ai lu que parmi les causes d’annulation de la prière, il y avait le fait de faire dépendre la poursuite de cette dernière par la survenance de quelque chose. Par exemple, si je me dis : « si on frappe à la porte, je vais ouvrir ». Dans ce cas, j’ai lu qu’elle s’annulait.Maintenant, j’ai plusieurs questions :- Cela s’applique-t-il dans toutes les 4 écoles juridiques ?- Est-ce la même chose si on fait dépendre la poursuite de la prière par quelque chose d’évident qui nous pousserait réellement à l’interrompre ? Comme par exemple, se dire au cours de la prière : « Si je perds mes ablutions en constatant réellement la sortie d’un gaz, je l’interromps ou si la vie de quelqu’un est en danger et qu’il appelle à l’aide, je l’interromps et je vais l’aider. » cela annule la prière ?- Cette même condition d’annulation de la prière que j’ai citée, s’applique-elle aussi en faisant les ablutions ? Si on se dit pendant les ablutions : « Si je me trompe, je recommence ! » les ablutions s’annulent sur le champ et doit-on les recommencer depuis le début en évitant d’avoir ce genre de pensées ?Vos réponses me seront d’une grande aide. Qu’Allah, le Puissant, le Sage vous récompense.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, ainsi que sur sa famille et ses compagnons :


Certains oulémas ont énoncé que la prière s’annule si on lie l’intention d’en sortir à la  survenue d'un événement : par exemple il dit si quelqu’un arrive j’abandonne la prière.
Cheikh Zakaria al-Ansari a dit : « S’il lie l’abandon de la prière avec la survenue d’un événement, alors elle s’annule aussitôt même s’il n’est pas assuré que cela survienne… ».
Dans le livre « I'ânatou al-Talibin » : « La prière s’annule si on lie l’intention d’en sortir à la survenue d'un événement : par exemple il dit si quelqu’un arrive j’abandonne la prière. »
Certains oulémas ont énoncé que la prière s’annule même si on lie l’intention d’en sortir à la survenue d’un événement impossible. Dans le livre « Touhfatou al-Mouhtaj » : « Même si l’événement est impossible ordinairement, comme c’est apparent car il s’oppose à la détermination dans l’intention qui est exigée continuellement…. ».
Dans le livre « Hachiat Al-Chiryani ala al-Touhfa » : « Son expression "impossible ordinairement " veut dire "non rationnel en apparence" …»
A votre question (Cela s’applique-t-il dans toutes les 4 écoles juridiques ?), nous répondons par ceci : nous n’avons aucun texte sur ce sujet autre que celui des chaféites, lesquels sont les seuls à considérer cela comme une invalidation de la prière. Sachez aussi que cet avis n’est pas unanime chez les chaféites eux-mêmes : il y a un autre avis qui stipule que la prière est valide si l’événement auquel est liée l’intention d’en sortir ne survient pas. Aussi si l’événement survient et que le priant l’oublie et n’abandonne pas la prière, un avis formule qu’elle est valide et ne s’annule pas.
L’imam al-Djouwayni a dit dans son livre « Nihayat al-Matlab » : « S’il lie l’intention de sortir de la prière à la survenue d’un événement probable ou improbable, par exemple il dit si quelqu’un arrive j’abandonne la prière… est-ce que cela annule la prière ? Il y a deux avis connus :
Le premier est que la prière s’annule car ce qu’il a fait est une incertitude dans l’intention qui s’oppose à sa prescription ainsi qu’à sa continuité…
Le deuxième est que la prière ne s’annule pas car il n’est pas impossible que celui qu’il a évoqué ne rentre pas et que la prière s’achève avec son indétermination dans l’intention… ce n’est pas correct.
Si on juge que la prière est nulle instantanément, alors il n’y a rien à dire. Mais si on juge que la prière n’est pas nulle instantanément : si l’événement auquel est liée l’intention d’en sortir survient mais qu’il l’oublie, alors là il y a une possibilité… et ce que j’ai appris du savoir de l’imam est que la prière ne s’annule pas même dans ce cas et que cette condition suspensive qu’il a établi est nulle et n’a aucun effet : son existence et inexistence sont semblables ! ».
A votre question (cette condition d’annulation s’applique-t-elle aussi aux ablutions ?), nous répondons par ceci : les oulémas ont énoncé que les ablutions, le jeûne et l’I’tikaf sont différents de la prière concernant ce sujet et que ces adorations ne s’annulent pas par l’incertitude dans l’intention ou la condition suspensive. Il a dit dans le livre « Moughni al-Mouhtaj » : « S’il a l’intention d’abandonner la prière ou hésite entre abandonner ou continuer la prière, alors sa prière s’annule à l’opposé des ablutions, du jeûne, du Hadj et de l’I’tikaf car les verdicts de la prière sont plus restreints (contraignants) et c’est pour cela que ses effets sont plus évidents lorsqu’il y a des dissemblances dans les intentions. ».
Dans le livre « Al-Minhadj al-Qawim » de l’imam Ibn Hadjar al-Haythami : « Les ablutions, le jeûne, le Hadj et l’I’tikaf ne s’annulent pas avec l’intention d’abandon ou autre car les verdicts de la prière sont plus restreints. ».
Cher frère, si vous souffrez du Waswas nous vous conseillons en premier lieu de craindre Allah, le Très Haut, puis de vous éloignez tant que vous le pouvez de ces obsessions sataniques et de ne pas abandonner la prière à cause de ces tentations diaboliques…
Même les oulémas qui disent que la prière s’annule à cause de la condition suspensive ont énoncé que celui qui est éprouvé par le waswas est excepté de ce verdict. D’ailleurs c’est indiqué dans le livre « I'ânatou al-Talibin » : « La prière s’annule – non le jeûne ou l’I’tikaf – qu’elle soit obligatoire ou surérogatoire avec l’intention de l’abandonner s’il survient un événement même impossible (même s’il hésite dans cet abandon), mais celui qui est éprouvé par le waswas contraignant dans la prière est excusé… ».

Et Allah sait mieux.
 

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