Conversion et effacement des péchés
Fatwa No: 375460

Question

Assalam alaykoum,
Je suis converti depuis de nombreuses années.
Je sais que la conversion efface ce qui a été commis auparavant. Mais qu'en est-t-il des fautes graves commises envers nos semblables, et que nous n'avons pas pu réparer ? (parce qu'ils ne sont plus de ce monde, par exemple)
Si on considère certains hadiths, comme celui de la conversion de ‘Amr posant comme condition le pardon de tous ses péchés, on peut être optimiste, de même que le hadith sur l'homme qui a tué 100 personnes.
Par contre, d'autres hadiths semblent bien montrer que ces fautes non réparées seront compensées avec nos bonnes actions (jusqu'à épuisement si nécessaire). Par ailleurs, de nombreux savants précisent dans de tels cas que l'homme est responsable de ce qu'il a fait, et sa conversion à l'islam n'effacera en rien ce qu'il a fait. J'ai lu l'avis suivant qui dit : Les droits des hommes ne s’annulent que s’ils pardonnent et y renoncent. Mais s'ils n'y renoncent pas, alors ces droits ne cessent d’être dus, même s’il se convertit et se repent auprès d’Allah, car ce genre de chose ne s’annule pas par le repentir
Que disent Allah et Son envoyé sur ce type de situation ?
Merci d'avance pour votre réponse.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager Mohammed ainsi que sur sa famille et ses compagnons:

La louange entière est à Allah Qui vous a guidé à l'Islam et vous a fait sortir des ténèbres de la mécréante.
Sachez que l'Islam efface tout ce qui le précède en termes de mécréance. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « Dis à ceux qui ne croient pas que, s'ils cessent, on leur pardonnera ce qui s'est passé. Et s'ils récidivent, (ils seront châtiés) ; à l'exemple de (leurs) devanciers. » (Coran 8/38)
Bon nombre de oulémas ont rapporté l’Ijma’ (le consensus) que cela n’incluent pas les péchés ayant un impact sur autrui. Car la conversion à l’Islam seule ne suffit pas pour effacer ce genre de péchés. Leur effacement nécessite de réparer le tort qu’il a fait à la personne qu’il a lésée ou persécutée dans la période où il était mécréant en lui restituant ses droits ou en obtenant son pardon. S’il s’agit d’une injustice qu’il a commise sur un musulman en période de guerre, le plus juste des avis des oulémas est qu’elle est pardonnée directement par sa conversion à l’Islam et ne nécessite aucune réparation des dégâts qu’elle a causés.
Si l’injustice porte sur un bien matériel, il doit rendre ce bien à la personne lésée, ou à ses héritiers si elle est morte. S’il perd espoir de retrouver le propriétaire de ce bien ou l’un de ses héritiers, il doit le donner en aumône ou le dépenser dans l’intérêt des musulmans au nom de cette personne pour se décharger de sa responsabilité.
Si celui qui se converti à Islam se trouve dans l’impossibilité de réparer son injustice ou de se faire pardonner par les ayants droits, rien ne lui incombe et son repentir sera accepté si Allah le veut. Nous pouvons lire dans une fatwa émise par Le Comité permanant de l’Ifta en Arabie saoudite ce qui suit : « Les droits d’Allah sont basés sur le pardon, et les droits des hommes sont basés sur l’intransigeance. Si le péché concerne une transgression envers autrui, le seul repentir devant Allah ne suffit pas, il est nécessaire en plus du repentir de réparer le tort causé et ou de se faire excuser par la personne lésée. Celui qui se repent sincèrement et se trouve dans l’incapacité de réparer le tort qu’il a causé faute de moyens Allah, exalté soit-Il, accepte son repentir et donnera satisfaction le Jour de la Résurrection à la personne lésée.

Et Allah sait mieux.

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