Degrés de mérites en fonction des aumônes
Fatwa No: 453724

Question

Je suis un homme qui possède beaucoup de biens – louange à Allah – et je souhaite faire des aumônes. La situation des pays musulmans est très difficile. Beaucoup de musulmans ne trouvent pas de quoi manger. J’ai donc considéré que la meilleure aumône consisterait à nourrir des pauvres et des indigents. Est-ce que mon idée est juste ou y a-t-il des autres types d’aumône qui me permettraient d’obtenir plus de récompenses ? Pouvez-vous mentionner quels sont-ils le cas échéant. Le mieux serait-il de nourrir des pauvres dans mon pays ou des musulmans des pays pauvres ? Sachant que ces derniers ont plus besoin de nourriture et de cette aumône. Qu’Allah fasse que vous soyez utiles à la communauté.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Donner à manger à son prochain compte parmi les plus grands actes d’adoration et les plus méritoires. C’est une des plus grandes catégories d‘aumône. Dans l’épître d’Ibn Rajab intitulée Ikhtiyâr Al-Ûlâ Fî Charh Hadith Ikhtisâm Al-Malâ’ Al-A’la, il est dit : « Dans le Coran, Allah dit que donner à manger à son prochain est une des causes qui oblige d’accéder au paradis et à ses bienfaits. Allah dit :
« Les pieux croyants offraient de la nourriture, pourtant si chère à leurs yeux, au nécessiteux, à l’orphelin et au captive. » (Coran 76/8) jusqu’au verset « abreuvés par leur Seigneur d’une boisson d’une grande pureté. » (Coran 76/21).
Dans ces versets, Allah a donc fait des fruits et des boissons du paradis la récompense des pieux croyants pour avoir offert de la nourriture. Dans le recueil de Tirmidhi, Abou Said Al-Khudri rapporte que le Prophète () a dit : « Tout croyant qui donne à manger à un autre croyant qui a faim Allah le nourrira des fruits du paradis. Et quiconque abreuve un croyant qui a soif, Allah l’abreuvera du nectar cachet. »
Dans les recueils de Tirmidhi et de Ahmad, selon Ali, le Prophète () a dit : « Au paradis, il y aura des demeures dont on verra l’extérieur de l’intérieur et l’intérieur de l’extérieur. » A qui seront-elles ô Messager d’Allah ? « A ceux qui auront offert de la nourriture, tenus des propos agréables et prier la nuit pendant que les gens dorment. »
Et dans le hadith de Abdullah ibn Salâm rapporté par les auteurs des sunans, il a entendu dire à son arrivée à Médine : « Mes compagnons ! Saluez-vous les uns les autres, donnez à manger à celui qui est dans le besoin, maintenez les liens de parenté et priez au moment où les gens dorment, vous entrerez au Paradis en toute sécurité. »
Et dans le hadith de ‘Ubâda, on a demandé au Prophète () : « Quelle est l’œuvre la plus méritoire ? » Il répondit : « La foi en Allah et en Son Messager. » On demanda : « Et ensuite ? » Il répondit : « Le combat pour la cause d’Allah. » « Et ensuite ? » « Un pèlerinage pur de tout péché. Et plus facile que cela : offrir de la nourriture et tenir des propos agréables. » Rapporté par Ahmad.
Dans le hadith de Hâni ibn Yazîd, on lui a demandé : « Messager d’Allah ! Indique-moi une œuvre qui me fasse entrer au Paradis et m’éloigne de l’Enfer. » Il répondit : « Offrir de la nourriture et saluer les gens. »
Selon Hudhayfa, le Prophète () a dit : « Celui dont la dernière œuvre est d’offrir de la nourriture entrera au paradis. »
Et dans les recueils de Boukhari et Mouslim, Abdullah ibn ‘Amr rapporte qu’un homme a dit : « Messager d’Allah ! Quelles sont les œuvres les plus méritoires en islam ? » Il répondit : « Donne à manger à celui qui est dans le besoin et salue celui que tu rencontres, que tu le connaisses ou pas. »
Selon Suhayb, le Prophète () a dit : « Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui offrent de la nourriture à leur prochain. »
Offrir de la nourriture est un acte qui oblige l’entrée au paradis, éloigne de l’enfer et permet d’en échapper comme Allah le dit : « Si seulement il s’engageait dans la voie, si difficile, de son salut ! Mais qui pourrait t’indiquer en quoi consiste cette voie si ardue ? A affranchir un esclave, ou à nourrir, malgré la faim, un proche parent orphelin ou un pauvre dans le besoin, » (Coran 90/11-16).
Et dans un hadith authentique : « Préservez-vous de l’Enfer, ne serait-ce que par la moitié d’une datte donnée en aumône. »
Abou Moussa dit à son fils : « Souvenez-vous de l’homme qui a fait aumône de son pain. » Puis il raconta l’histoire d’un homme de la tribu des enfants d’Israël qui avait voué le culte à Allah durant soixante-dix ans. Puis, le diable vint enjoliver à ses yeux une femme et il resta avec elle durant sept jours avant de s’enfuir et la quitter. Il demeura alors avec des pauvres gens. Et alors qu’il reçut un bout de pain en aumône, et que les pauvres en sa compagnie le désiraient, il préféra le leur donner plutôt que le manger. Et il mourut. C’est alors que furent pesées ses soixante-dix ans d’adorations face aux sept jours qu’il passa avec la femme et les sept jours pesaient plus lourds. Puis on pesa les sept jours passés avec la femme face au bout de pain qu’il remit en aumône et le bout de pain pesait plus lourd. » Fin de citation.
Mais le degré de mérite des aumônes dépend de leur utilité et du besoin de la nature de l’aumône. Et on ne peut pas dire qu’il y ait un type d’aumône – comme offrir de la nourriture - qui soit plus méritoire qu’une autre dans l’absolu comme nous l’avons déjà expliqué dans le détail.
A partir de ce principe, offrir de la nourriture dans des pays pauvres où le besoin est bien plus important qu’ailleurs est plus méritoire que d’en offrir dans d’autres pays.

Et Allah sait mieux.
 

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