Les règles des dépenses financières du père pour ses enfants
Fatwa No: 455062

Question

Est-ce que je suis avare ? J’ai grandi dans une famille modeste. Je me suis marié en ramenant mon épouse dans une des chambres de l’appartement familial et je n’ai pas dépensé d’argent pour mon mariage. C’est mon père qui en a supporté les frais. J’ai travaillé et je suis sorti de la chambre de l’appartement familial pour m’installer dans un autre appartement. C’était un appartement composé d’une chambre et d’une salle à manger. J’ai ensuite acheté un appartement de 68 m2 dans une ville cossue. J’ai ensuite acheté une petite maison qui est maintenant de trois étages et louanges à Allah pour sa subsistance.
Durant cette période j’ai eu cinq enfants qui sont tous devenus de jeunes adultes. L’un d’eux s’est marié et je l’ai aidé quand il a acquis son appartement grâce auquel il s’est marié. J’ai laissé à ma fille une somme d’argent sur un compte en banque de façon à ce qu’elle puise faire face à ses frais de mariage.
Je suis quelqu’un qui n’aime pas quand on vient frapper à sa porte pour lui demander de l’argent. Ce que j’ai gagné aujourd’hui, j’en épargne une partie pour le lendemain.
Je donne à ma famille un niveau de vie moyen alors que je pourrais les faire vivre mieux mais je regarde l’avenir de mes enfants et celui de ma fille dans un contexte économique très difficile dans notre pays.
Les enfants constatent que beaucoup de parents aident leurs enfants en leur donnant de l’argent et en leur achetant un appartement. Mais je refuse d’entendre de tels propos. Je leur ai dit que je les aiderai pour leur mariage en leur donnant la même somme qu’ils posséderaient pour se marier : celui qui dispose de 50000 guinées je lui donnerai 50000 guinées. Mais que l’un d’eux me dise : je n’ai pas d’argent et il veut que je le marie. Je suis désolé pour ne pas lui apporter mon aide.
Mais leur réponse à cela est : « Et toi est-ce que tu t’es marié par tes propres moyens ? C’est mon grand-père qui a assumé les frais de ton mariage – il entend par là mon père qu’Allah lui fasse miséricorde -.
Mais si je leur donne de l’argent pour se marier et fait ce qu’ils me demandent alors qu’ils ne se sont pas fatigués, je devrais alors supporter par la suite mon fils et son épouse et ses enfants. Et il rejettera sur moi les responsabilités qui sont les siennes. Ceci parce qu’en fait il ne s’est pas fatigué pour se marier.
Oui, c’est vrai que c’est mon père qui m’a marié en me permettant de m’installer avec mon épouse dans une des chambres de l’appartement familiale mais c’était une autre époque, une autre génération. Aujourd’hui nous avons affaire à une autre génération, complétement différente.
Louange à Allah, je suis assidu dans mes prières. Ma relation avec Allah est, je pense, plutôt bonne. Mais j’agi comme le fait la fourmi de Soulaymân quand on lui a fermé l’accès à la nourriture et qu’elle disposait de deux grains de blé. J’en mange un et je garde l’autre pour faire face aux éventuelles difficultés de la vie. Surtout avec le nombre important de maladies qui sévissent, le peu d’opportunité de travail et pour bien d’autres raisons.
Est-ce que je suis avare ? Et est-ce que c’est une bonne chose d’aider les enfants à se marier sans qu’ils ne participent à la construction de leurs maisons ? Je parle des garçons car pour la fille je sais bien que c’est moi qui assumerai tous les frais qui lui incombent jusqu’à ce qu’elle rejoigne la maison de son mari – si Allah le veut -.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Si vous vous acquittez de vos droits financiers comme la Zakât et vos dépenses obligatoires alors vous n’êtes pas avares. Dans son exégèse, Al-Qourtobî a dit : « L’avarice qui est blâmable en religion est celle où le fidèle s’abstient de s’acquitter de ce qu’Allah lui a imposé. » Fin de citation.
La religion enjoint de dépenser avec modération. Allah dit :
« Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont également ceux qui, dans leurs dépenses, ne se montrent ni prodigues, ni avares, mais savent garder le juste milieu. » (Coran 25/67).
Dans son exégèse, Ibn Kathîr a dit : « C’est-à-dire qu’ils ne dépensent pas plus que nécessaire en gaspillant leurs biens ni ne sont avares envers leurs familles et négligent leurs droits en ne les mettant pas à l’abri du besoin. Ils sont plutôt pondérés et raisonnables. Et la meilleure des positions est toujours celle du juste milieu. Les serviteurs du Tout Miséricordieux ne sont donc ni prodigues ni avares. » Fin de citation.
Dans le Musnad de Ahmad, qu’Allah lui fasse miséricorde, Ibn Mas’ûd rapporte que le Prophète () a dit : « Celui qui dépense modérément ne sera jamais dans l’indigence. » Dans son ouvrage Fayd Al-Qadir, Al-Munâwî, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « C’est-à-dire que celui qui dépense ses biens modérément et ne dépasse pas les limites du gaspillage ou ne dépense pas de façon abusive ne se retrouvera jamais dans une situation de pauvreté. Le sens voulu est : s’il ne dépense pas dans la désobéissance à Allah et n’est pas avare en restreignant les dépenses qu’il fait pour sa famille et prive des gens de leurs droits par avarice et parce qu’il craint qu’Allah ne lui rendra pas cette dépense par une autre subsistance … » Fin de citation.
Et s’il est louable que vous incitiez vos enfants à s’efforcer de gagner leurs vies honnêtement et de manger du fruit de leur travail, il n’est pas louable de refuser d’aider ceux d’entre eux qui n’ont pas les moyens de se marier. Les savants ont énoncé qu’il est obligatoire au père qui en a les moyens de marier son fils si celui-ci a besoin de se marier et n’a pas d’argent ou de biens pour ce faire.
Dans son ouvrage Al-Mughnî, Ibn Qudâma dit : « Le père doit aider son fils à préserver sa chasteté si c’est lui qui subvient à ses besoins et qu’il a besoin de rester chaste. C’est l’avis de certains savants de l’école Chafi’ite. » Fin de citation.
Quant au fait d’assumer les frais liés au mariage de la fille, c’est en réalité à son mari de les assumer et ce n’est pas une obligation qui incombe au père de la fille contrairement aux usages très répandus dans certains pays.
Sachez qu’Allah a promis à ceux qui dépensent pour leur famille une compensation et une grande récompense. D’après Abou Horayra (qu’Allah soit satisfait de lui) le Prophète () a dit : « Il ne se lève pas de jour sans que deux anges ne descendent, le premier disant : “Ô Allah ! Accorde une compensation à celui qui dépense pour les autres”, et le second disant : “Ô Allah ! Apporte la ruine à celui qui se montre avare”. » Rapporté par Boukhari et Mouslim.
Toujours selon Abou Horayra (qu’Allah soit satisfait de lui) le Prophète () a dit : « Allah le Très Haut a dit : “O fils d’Adam ! Dépense (dans les voies du bien) et on dépensera pour toi”. » Rapporté par Boukhari et Mouslim.
Selon Abou Horayra (qu’Allah soit satisfait de lui) le Prophète () a dit : « Entre une pièce d’or que tu dépenses pour la cause d’Allah, une autre pour affranchir un esclave, une autre dont tu fais aumône à un nécessiteux et une dernière que tu dépenses pour ta famille, celle qui te vaudra la meilleure récompense est celle dépensée pour ta famille. » Rapporté par Mouslim.
Et Allah sait mieux.
 

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