Un des plus grands moyens d’être bon envers ses parents est de s’efforcer de les guider sur le droit chemin
Fatwa No: 458476

Question

J’ai un père avec lequel il est difficile de faire preuve de bonté. J’essaie de le faire autant que faire se peut. Il est vraiment très loin de la religion et ne fais pas la prière. Sachant que c’est quelqu’un de cultivé et n’est pas un ignorant mais il est d’un relationnel très difficile. Je ne peux pas parler d’un sujet en lien avec la religion ou l’appeler à faire la prière car ceci le conduit à un état de stress avancé. Il est même possible qu’il se mette en colère contre moi et m’insulte. Comment faire pour qu’il se repente ? Et comment faire aimer la foi à son cœur ?
Nous avons déjà parler à un Cheikh qui est venu le voir mais il ne l’a pas reçu. Et s’il entend l’imam durant le sermon du vendredi il le maudit et tient des propos offensants le concernant. Quelle est la voie ou la méthode à emprunter avec lui afin de de le guider sur le droit chemin ? Le verset suivant : « Tu ne saurais guider qui tu veux. C’est Allah, en effet, qui guide qui Il veut. Il sait parfaitement qui mérite d’être guidé. » (Coran 28/56) veut-il dire que je dois arrêter d’essayer de le guider ? Je demande à Allah qu’il vous mène à toute la réussite.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Si votre père est dans la situation que vous avez mentionnée, qu’il délaisse la prière et la néglige alors il encourt un grand danger. Délaisser la prière est un grand crime et un péché capital.
Que les savants divergent sur le statut de qui délaisse la prière est suffisant pour que cela soit un mal. En effet, certains affirment que délaisser la prière exclut de l’Islam, et d’autres ne sont pas de cet avis. Les premiers considèrent qu’il commet une mécréance qui l’exclut de la communauté musulmane.
Quel que soit le mal qu’il commet, le droit du père à la piété filiale subsiste et son fils lui en est toujours redevable. Allah a enjoint de faire preuve de bonté envers le père mécréant. Allah dit :
« Si toutefois ils te poussent à M’associer des divinités dont tu n’as aucune connaissance, ne leur obéis pas, mais conduis-toi avec eux de manière convenable ici-bas. » (Coran 31/15).
Boukhari et Mouslim rapportent de Asmâ’, la fille d’Abou Bakr As-Siddîq, qu’Allah l’agrée elle et son père, relate ce qui suit : Ma mère polythéiste me rendit visite à l’époque de la trêve conclue par le Messager d’Allah () avec les païens de la Mecque. J’interrogeai donc le Prophète à ce sujet, disant : « Ma mère est venue me voir pour me demander quelque chose. Dois-je la traiter convenablement ? » « Oui, traite ta mère convenablement », répondit-il.
Un des plus grands moyens d’être bon avec votre père est de s’efforcer de le guider sur le droit chemin et de se repentir à Allah. C’est un des meilleurs actes de bienfaisance.
Si Allah fait en sorte que vous soyez une cause de sa guidée alors c’est une très bonne chose pour vous et pour lui. Selon Abou Al-‘Abbâs Sahl ibn Sa’d As-Sâ’di (qu’Allah soit satisfait de lui) le Messager d’Allah () à Ali quand il l’envoya le jour de la conquête de Khaybar : « Et je jure qu’il vaut mieux pour toi qu’Allah guide un seul homme par ton intermédiaire que posséder les biens les plus précieux. »
Se souvenir de ce genre de propos vous aidera à patienter face à son cas et à fournir tous les efforts pour mettre les moyens en œuvre pour le guider – avec la permission d’Allah -.
Nous vous recommandons d’invoquer beaucoup en sa faveur, de vous humilier devant Allah, de vous faire tout petit devant lui. Il est capable d’attendrir le cœur de votre père et de le conduire au repentir. Il fait ce qu’Il veut de Ses serviteurs. Ahmad rapporte de Aicha (qu’Allah soit satisfait d’elle) du Messager d’Allah () « L’invocation qu’il répétait le plus souvent était : “Toi qui retournes les cœurs ! Fais que mon cœur reste fermement attaché à Ta religion (yâ mouqalliba al-qouloub, thabbit qalbî ‘alâ dînik)”. » Aicha lui demanda : « Tu dis souvent cette invocation ? » Il s’expliqua : « Et quelle garantie j’ai de ne pas m’égarer, les cœurs sont entre deux doigts parmi les doigts du Miséricordieux et Il les fait tourner comme Il le veut. »
Adresser un conseil sincère est une chose requise tant qu’on espère que la personne en tirera profit. Mais si on a la forte présomption qu’il n’en tirera aucun profit alors il n’y a pas de mal à s’arrêter de le faire tout en guettant les moments où il est opportun de proscrire le mal et de le conseiller si possible – comme en exploitant des moments de faiblesse, lorsqu’il est malade ou autre cas dont on espère qu’il répondra favorablement -. Dans son exégèse, Al-Sa’di a dit : « Rappelle par les lois d’Allah et Ses versets si cela est utile c’est-à-dire si cela est accepté et si les exhortations sont écoutées – que l’objet du rappel ait été utile dans son intégralité ou qu’en partie -. Et ce que l’on comprend du verset : si le rappel ne porte pas ses fruits – et que le rappelle accroit le mal ou diminue le bien – alors le rappel n’est pas enjoint mais plutôt défendu. » Fin de citation.
Il est aussi possible que le conseil soit adressé de façon indirecte – comme en mettant une exhortation enregistrée sur un appareil ou autre -.
Le verset mentionné ne prouve en rien qu’il faille s’arrêter de s’efforcer à le guider. La possibilité de guider une personne qui est niée dans ce verset concerne la guidée de réussite et d’inspiration divine. C’est une guidée qui n’appartient qu’à Allah le Seigneur de la création et personne n’est en mesure de le faire. Le mieux qu’on exige des fidèles est ce qu’on appelle guider dans le sens de montrer le droit chemin et orienter les gens.
Et Allah sait mieux.
 

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