Doit-on s’acquitter d’abord des droits d’Allah ou de ceux des serviteurs : réflexions sur l’ordre de priorité
Fatwa No: 61286

Question

A la lumière des textes du Coran et de la Sunna et des règles générales de la religion, quels sont les droits qui méritent le plus d’être restitués en premier : les droits d’Allah ou les droits des hommes. Sachant que les savants disent que la règle concernant les droits d’Allah est qu’ils reposent sur le pardon alors que les droits des hommes sont réclamés avec rigueur.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
 

La question posée par notre noble frère est un long sujet qui nécessite un développement. On ne peut pas dire qu’il faille s’acquitter des droits des hommes prioritairement par rapport aux droits d’Allah dans tous les cas et on ne peut pas affirmer non plus l’inverse. C’est en développant quelque peu cette question qu’on pourra avoir une vision plus juste. Partant, nous reproduisons ici, en résumé et avec quelques adaptations, le passage d’un ouvrage du grand savant al-‘Izz ibn Abd al-Salâm qui traite de ce point, ce qui sera suffisant. Il a dit, qu’Allah lui fasse miséricorde :
Sixième point : Les droits d’Allah qui sont prioritaires aux droits des hommes, par bienfaisance de la part du Seigneur pour Ses serviteurs, pour leur intérêt dans l’au-delà. On peut citer plusieurs exemples de cette catégorie : accomplir prioritairement les prières obligatoires lorsque le temps imparti pour le faire est restreint plutôt que de de se prélasser à boire et manger … supporter les difficultés des actes de culte plutôt que de passer du temps à se reposer … sacrifier son âme et son argent dans le combat pour la cause d’Allah …
Septième point : Les droits des hommes dont on doit s’acquitter prioritairement par rapport aux droits d’Allah, par compassion pour eux dans leur vie en ce bas monde. On peut citer plusieurs exemples de cette catégorie : prononcer une parole de mécréance quand on est contraint de le faire pour préserver sa vie ou les membres de son corps … les excuses qui permettent de ne pas assister aux prières en commun et à celles du vendredi … les excuses qui permettent d’être dispensé de participer à la guerre … ajourner l’accomplissement du jeûne en raison d’une maladie ou d’un voyage.
Huitième point : des cas où les avis des savants divergent pour savoir s’il faut donner ou non la priorité aux droits d’Allah sur ceux des hommes :
Premier cas : si un homme meurt endetté et devait aussi s’acquitter de plusieurs Zakâts. Si les biens imposables existent toujours alors il faut s’acquitter de la Zakât en priorité parce que cela ressemble au lien entre une hypothèque et une dette. Mais si les biens n’existent plus alors dans ce cas il faut savoir que les savants ont émis trois avis :
1 : certains considèrent qu’il faut s’acquitter des dettes avant la Zakât. Ils considèrent que, dans ce cas, l’intérêt qui prévaut est celui des droits des hommes.
2 : D’autres considèrent qu’aucun des deux droits ne doit prévaloir sur l’autre parce qu‘ils se valent.
3 : Et enfin, une autre catégorie de savants sont d’avis qu’il faut s’acquitter des droits d’Allah avant ceux des hommes parce qu’il y a un plus grand intérêt à le faire. Ce dernier avis est celui que nous considérons être le plus pertinent. Et ce, pour deux raisons :
La première est que le Prophète, , a dit : « Les dettes contractées envers Allah sont plus en droit d’être réglées que toute autre. »
La deuxième : En s’acquittant de la Zakât, on s’acquitte du droit d’Allah mais aussi du droit des pauvres et des indigents. On s’acquitte donc de deux droits, ceux d’Allah et ceux des hommes. On doit donc donner la priorité à la Zakât par le biais de laquelle on s’acquitte de deux droits alors que s’acquitter d’une dette envers un tiers revient à ne s’acquitter que d’un droit, celui des hommes. Or, il n’est pas permis de donner la priorité à un acte par lequel on s’acquitterait d’un seul droit sur un autre par lequel on s’acquitterait de deux droits.
Deuxième cas : Un défunt qui n’avait pas accompli son obligation du Hajj a laissé également des dettes. Certains savants considèrent qu’il faut donner la priorité au pèlerinage en raison du texte qui le stipule. D’autres soutiennent qu’il faut s’acquitter avant tout des dettes. Et enfin, certains affirment qu’aucun des deux n’a la priorité sur l’autre si on trouve une personne pour effectuer le Hajj en son nom. » Fin de citation.
 

Et Allah sait mieux.
 

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