Quel est la sentence relative à l’entrée au parlement ?
Fatwa No: 81429

Question

Quel est la sentence relative à l’entrée au parlement ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur Son Prophète et Messager Mohammed ainsi que sur sa famille et ses compagnons :

Les savants des temps présents on divergé au sujet des élections parlementaires. Certains les interdisent totalement et pensent qu’il n’est pas permis de les briguer dans l’état actuel des choses, tandis que d’autres trouvent que les musulmans doivent au contraire briguer ces élections et ne pas perdre cette occasion. Un troisième groupe a autorisé ces élections à certaines conditions. Pour connaître l’avis juste, nous mentionnons les paroles d’Ibn Taymiyya, qu’Allah lui fasse miséricorde, qui dit : « La délégation du pouvoir par les gens est l’une des plus grandes obligations religieuses sans laquelle le monde ne peut pas se maintenir. Le pouvoir doit être choisi volontairement comme un moyen de rapprochement avec Allah, exalté soit-Il … » Il continue en disant : « Les gens bienfaisants parmi les musulmans désirent le pouvoir non pas pour gagner en notoriété et faire le mal mais pour se rapprocher d’Allah, exalté soit-Il, Lui vouer la religion et s’investir pour Sa cause. »

Lorsque l’amour de l’argent et de la notoriété ont gagné un grand nombre de gouverneurs les gens ont trouvé que la gouvernance était contraire à la vraie foi et à la religion parfaite. Certains gouverneurs sont même allés jusqu’à contredire la religion et à la délaisser pensant qu’elle allait à l’encontre de leur notoriété. Ceux qui suivent les deux voies corrompues : celle qui consiste à se référer à la religion sans lui donner son dû, et celle qui consiste à chercher la richesse et la notoriété sans avoir l’intention d’établir la religion encourent la colère d’Allah, exalté soit-Il.

Il dit encore : « Le musulman doit faire des efforts selon ses capacités. Celui qui prend le pouvoir en ayant l’intention d’obéir à Allah, exalté soit-Il, de faire ce qu’il peut pour sa religion, pour le bien des musulmans et d’accomplir ses devoirs envers sa religion en évitant autant qu’il peut l’illicite n’aura pas à rendre compte des choses qu’il n’a pas pu faire. Le pouvoir entre les mains des pieux est meilleur pour la nation qu’entre les mains des pervers. Celui qui détient le pouvoir n’est pas obligé de faire ce dont il est incapable car la religion se maintient par le Livre, la bonne orientation et les armes. »

Lorsqu’il en eut l’occasion, Yûsûf () demanda au roi d’Egypte de lui confier la garde des trésors de la terre et il le fit parce qu’il savait qu’il pouvait faire régner la justice et se faire obéir. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « Confie-moi, dit Joseph, l'intendance des dépôts du pays, j'en serai le gardien vigilant » (Coran 12/55) Le cheikh ‘Abd al-Rahmân Nasir al-Sa‘dy, qu'Allah lui fasse miséricorde, dit dans son exégèse intitulée  ‘Taysîr al-Karim al-Ramân fi Tafsîr Kalâm al-Mannân’ au sujet de ce verset (sens du verset) :
« Ô Shu`ayb, répliquèrent-ils, nous ne comprenons pas grand-chose à ce que tu nous dis. D'ailleurs, ta position n'est guère enviable parmi nous et, sans ton clan, nous t'aurions déjà lapidé, car rien ne nous aurait empêchés de le faire ! » (Coran 11/91) : 

« Parmi les enseignements que l’on tire de ce verset majestueux il y a le fait qu’Allah, exalté soit-Il, repousse le mal loin des croyants de nombreuses façons qu’ils peuvent connaître ou non. Il peut le faire au moyen de leur tribu ou de leur patrie comme Il l’a fait avec Shu`ayb, , au moyen de son clan. Il n’y a pas de mal à utiliser ces moyens pour défendre l’Islam et les musulmans parce que la bienfaisance est recommandée à chacun selon sa capacité. Le Cheikh Mannâ‘al-Qattân, qu'Allah lui fasse miséricorde,  dans son livre intitulé ‘Mu‘awwiqât al-Charî‘â al-islâmiya’ mentionne une fatwa (avis juridique) du cheikh ‘Abd al-‘Azîz ibn Bâz, qu'Allah lui fasse miséricorde,  en réponse à une question sur la léicité de se faire élire au parlement  et la position de l’islam sur le fait que l’on puisse être électeur pour choisir des frères pieux comme députés : « Le Prophète () a dit : « Les actions valent par leur intention et chaque personne est rétribuée selon son intention. » Il n’y a donc aucun mal à se faire élire au parlement si l’intention est de soutenir la vérité, de ne pas approuver le mal et de s’unir avec ceux qui invitent à Allah, exalté soit-Il. De même il n’y a pas de mal à être électeur pour choisir les gens du bien, soutenir le bien et les gens qui le pratiquent. Et c’est Allah, exalté soit-Il, qui donne le succès.

Nous prions Allah, glorifié soit-Il, de donner le succès aux musulmans dans tout ce qui apporte le bien. »

Et Allah sait mieux.

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