La greffe d’organe d’animaux sur des êtres humains
Fatwa No: 82240

Question

Quel est l’avis de la religion au sujet de la greffe d’organes d’animaux sur des êtres humains comme par exemple le rein et le foie du porc qui seront bientôt utilisés en Europe dans ce genre d’opérations.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons :

La transplantation des organes n’était pas connue autrefois, elle est aujourd’hui possible grâce aux progrès de la médecine.

La greffe d’un organe implique deux cas de figure :

Le premier est que l’organe greffé soit pris à un être humain.

Le deuxième cas de figure est que l’organe greffé soit pris à un animal.

Dans la première situation, l’organe peut être prélevé sur la personne même ou bien sur une autre personne.

Il est licite de prélever un organe sur la personne même à trois conditions :

La première est que l’opération soit absolument nécessaire et qu’elle ne soit pas faite à des fins esthétiques.

La deuxième est que le succès de l’opération soit, dans la mesure du possible, garanti et cela doit être confirmé par un rapport médical rédigé par des professionnels de confiance.

S’il s’agit d’un don d’organe par une personne à une autre, le donneur peut être musulman ou mécréant, vivant ou mort.

Si l’organe est pris à un musulman ou un Dhimmi (chrétien ou juif vivant dans pays musulman), il faut que :

1- Le prélèvement de l’organe ne cause pas de dommages au donneur.

2-  Le donneur ait la liberté d’accepter ou non.

3- La transplantation soit le seul moyen de guérison.

4- Les probabilités de succès de l’opération soient grandes.

5- L’organe soit donné grâcieusement sans contrepartie financière.

Les mêmes conditions s’appliquent si le donneur est une personne décédée à condition que ce dernier ait donné son approbation avant sa mort. Si tel n’est pas le cas, l’approbation des héritiers est requise, ou celle du gouverneur si l’identité de la personne est inconnue.

Plusieurs congrès, conciles et organisations islamiques ont approuvé cet avis dont le Congrès Islamique Mondial qui s’est tenu en Malaisie en 1969 et le Concile du Fiqh islamique lors de sa huitième session tenue à la Mecque.

Allah, exalté soit-Il, dit (sens des versets) :

·        « Il vous interdit seulement de consommer la bête morte, le sang, la viande de porc et celle de tout autre animal sur lequel on aura invoqué un autre nom que Celui d’Allah. Cependant, si on se trouve contraint d'en consommer par nécessité, et non par insoumission ni désinvolture, on ne commet aucun péché, car Allah est Clément et Miséricordieux. » (Coran 2/173)

·        «  Celui qui, en période de disette, aura contrevenu à ce qui précède, par nécessité et non par désir de mal faire, sera absous, car Allah est Clément et Miséricordieux. » (Coran 5/3)

 

Si le malade qui a besoin d’une greffe d’organe risque la mort, s’il souffre par exemple d’une urémie ou d’une cirrhose du foie, Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « Quiconque sauve la vie d'un seul être humain est considéré comme ayant sauvé la vie de l'humanité tout entière ! » (Coran 5/32)

Cette règle est générale. Elle s’applique à toute personne qui fait don d’un organe pour sauver la vie d’un frère ou qu’une personne recouvre la vue.

Il est licite de se soigner en utilisant des membres d’animaux purs, comme les bêtes de sacrifice : les chameaux, les bovins ou les ovins. Le Prophète () a dit : « Soignez-vous car Allah n’a laissé aucun mal sans lui avoir créé de remède à part un seul. » [(Abû Dâwûd, al-Tirmîdhi)]

Les savants ont approuvé la transplantation d’organes provenant de ces animaux. L’imam al-Nawawi, qu'Allah lui fasse miséricorde, dit : « L’os brisé doit être réparé avec un os pur. » (Al-Madjmû‘ 138/3)

Dans les fatwas indiennes, nous trouvons que : « Il n’y a pas de mal à se soigner avec des os purs comme ceux de la brebis, de la vache, du chameau, du cheval ou d’autres bêtes encore hormis le porc. »

Se soigner avec des os de bêtes de sacrifice est permis, ce qui prouve que leurs organes peuvent être greffés sur le corps humain en cas de besoin. Mais si l’os est pris à une bête morte, il est alors considéré comme impur et son utilisation est interdite parce qu’il  altère la pureté du corps, pureté obligatoire pour la salât et les autres actes cultuels.

Cependant, en cas de nécessité absolue, il est permis de greffer à l’homme des organes d’animaux impurs.

L’imam al-Nawawi, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Celui qui a un os brisé doit le réparer avec un os pur. D’après les savants il ne peut utiliser l’impur que s’il ne trouve pas le pur ; et dans ce cas il est excusé »

Donc la règle est qu’il n’est pas permis de se soigner avec ce qui est impur si on trouve ce qui est pur.

On peut utiliser ce qui est impur à deux conditions :

La première est qu’il s’agisse d’une nécessité absolue.

La deuxième est qu’on ne trouve pas ce qui est pur. Si l’une des deux conditions n’est pas remplie, la greffe d’organes prélevés sur des animaux impurs est interdite.

Mais même en cas de nécessité, les organes prélevés sur un porc ne peuvent pas être utilisés à l’instar des organes prélevés sur des animaux impurs pour deux raisons :

1- L’interdiction générale de tirer profit de cet animal ou de l’un de ses membres et le fait qu’il soit qualifié d’impur par tous les savants lorsqu’il est vivant.

2- La confirmation de sa nocivité lorsque l’un de ses organes est greffé sur le corps humain.

Preuves en sont les résultats obtenus par le groupe de savants de l’institut Roselyne à Edimbourg. Ils ont cessé le clonage des porcs dont les organes étaient transplantés sur des êtres humains. Un virus inconnu a suscité leur inquiétude.

Il n’est donc pas licite d’utiliser les organes du porc et de les greffer sur le corps humain.

Et Allah sait mieux.

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