Est-il permis de couper toute relation avec sa sœur qui n’observe pas les prescriptions islamiques ?
Fatwa No: 89611

Question

Mon nom est Talâl et je suis Suédois. J’ai coupé toute relation avec ma sœur et ses filles car sa fille ainée est tombée enceinte d’un mécréant sans s’être mariée avec lui. Ma sœur était au courant de cela mais elle n’y prêta pas attention. Jusqu’à maintenant, elle n’observe en rien les prescriptions d’Allah, exalté soit-Il. Dois-je maintenir les liens de parenté avec elles ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

La communauté est unanime sur l’obligation de maintenir les liens de parenté en vertu de la Parole d’Allah, exalté soit-Il :
« […] Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang… » (Coran 4/1)

Cela signifie : craignez de désobéir à Allah et craignez de rompre les liens de parenté. Pour confirmer l’importance du devoir de maintien des liens de parenté, il faut savoir que ce mérite concerne même le fait de maintenir les liens de parenté avec des mécréants comme dans le hadith de Asmâ’ lorsqu’elle dit : « Ô Messager d’Allah ma mère est venue me voir et m’a demandé de lui rendre service alors qu’elle est polythéiste. Dois-je entretenir de bonnes relations avec elle ? - ‘ Oui, aie de bonnes relations avec ta mère’, me répondit-il. » Si cela concerne les mécréants, alors à plus forte raison les musulmans dépravés. Parmi ce qui indique l’obligation de maintenir les liens de parenté avec eux figure la parole du Prophète () :
« Celui qui maintient les liens de parenté n'est pas celui qui rend le bien pour le bien mais c'est celui qui continue à respecter ces liens même lorsque ses proches les rompent. » (Boukhari)

Par conséquent, celui qui rompt les liens de parenté commet un péché car le Prophète () a ordonné de les maintenir. Cependant, si le fait de couper les liens de parenté avec un pervers a un effet dissuasif sur lui et peut le pousse à accomplir des actes d’obéissance alors cela n’est pas interdit.

Al-‘Irâqî a dit : « Quant à sa parole : “Les musulmans ne doivent pas s’éviter plus de trois jours” cela est dans le cas où ils s’évitent à cause des passions ou de l’obstination des gens de ce bas monde. »

Al-Nawawî, qu'Allah lui fasse miséricorde,  a dit : « Les partisans de notre école juridique et d’autres ont dit : cela concerne le cas où ils s’évitent sans excuse légitime. En revanche, si cela est justifié par une excuse, comme le fait qu’on évite quelqu’un car il est blâmable en raison d’une hérésie qu’il a introduite, de sa perversité ou autres, ou que cela comporte un bénéfice pour la foi de celui qui évite ou de celui qui est évité alors cela n’est pas interdit. C’est ainsi qu’il faut interpréter le fait que le Prophète () ait évité Ka’b ibn Mâlik et ses deux compagnons et le fait qu’il ait interdit aux Compagnons de leur parler. C’est également ainsi qu’il faut interpréter le fait que certains Salafs en aient évité d’autres.” »

Partant, si vous avez évité votre sœur et ses filles dans un intérêt religieux comme pour les dissuader de commettre leurs actes de désobéissances alors vous avez le droit de faire cela. De même, si vous craignez qu’elles n’influencent les membres de votre famille alors vous avez le droit de les éviter.

En revanche, si aucun intérêt religieux n’est espéré, alors en principe les liens de parenté doivent être maintenus tels qu’ils sont, et vous devez continuer à conseiller votre sœur et ses filles et recourir pour cela à des enregistrements islamiques et des livres bénéfiques tout en faisant cela avec douceur et en invoquant Allah dans l’espoir qu’Il les ramène à la raison.

Et Allah sait mieux.  

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