La manière dont les gens vont mourir appartient-elle au Décret Divin (Qadar) ?
Fatwa No: 89696

Question

Je voudrais vous interroger à propos de mon enfant qui est décédé à l’âge d’un an et 11 mois dans un accident de voiture à cause de son père. Allah, exalté soit-Il, a-t-Il décrété la manière de mourir des gens, ou est-ce notre faute ou bien un châtiment divin ? Comment me comporter envers mon autre fils de quatre ans qui verse de chaudes larmes parce que son frère décédé lui manque ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

 

Nous implorons Allah, exalté soit-Il, de vous consoler de la meilleure façon pour avoir perdu votre fils, de lui permettre d’intercéder en votre faveur le Jour de la Résurrection, et de vous donner quelque chose de meilleur à sa place. Sachez qu’Allah, exalté soit-Il, a fixé le destin de chaque chose avant de créer les cieux et la terre. Allah, exalté soit-Il, l’Omniscient a enregistré ce qui s’est produit et ce qui adviendra. Il dit, exalté soit-Il (sens du verset) :

 

« Ne sais-tu pas qu’Allah sait ce qu’il y a dans le ciel et sur la terre ? Tout cela est dans un Livre, et cela est pour Allah bien facile » (Coran 22/70).

 

Et le Prophète () a dit :
« Allah a fixé le destin des créatures cinquante mille ans avant la création des cieux et de la terre » (Mouslim).

 

La mort de votre fils a été décrétée par Allah, exalté soit-Il ; et si la cause est son père, cela également a été décrété par Allah, exalté soit-Il. Le malheur peut être une épreuve par laquelle le serviteur expie ses péchés et voit sa récompense amplifiée s’il se montre patient tout en espérant Sa rétribution. Le Prophète () a dit :

 

« Allah, exalté soit-Il, dit : “Si je reprends l’âme d’un être cher à mon serviteur croyant, et qu’il fait montre de patience et d’espérance, il n’aura d’autre récompense que le Paradis” » (Boukhari).

 

Nous vous annonçons la bonne nouvelle transmise par le Prophète () :
« Aucune femme ne perd trois de ses enfants sans que ceux-ci ne soient pour elle un bouclier contre le Feu ». « Et deux enfants ? », demanda une femme. Le Prophète () lui répondit : « Et même deux enfants » (Boukhari).

 

Nous vous conseillons de faire preuve de patience et de la manifester devant votre fils aîné pour qu’il soit réconforté et fasse de même. Vous devez également le distraire pour l’amener à oublier ce malheur.

 

Reste à considérer un dernier point, à savoir la faute du père qui a entraîné la mort de cet enfant. Si ce père a pris toutes les précautions nécessaires sans la moindre négligence, il n’aura commis aucun péché. Par contre si l’accident s’est produit à cause d’une négligence de sa part, il doit s’acquitter d’une indemnisation, que paie sa famille, et il n’a pas le droit d’hériter de cet argent ; il doit également faire l’expiation d’un homicide involontaire soit par l’affranchissement d’un esclave ou, à défaut, le jeûne deux mois d’affilée.

 

Et Allah sait mieux.

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