Les objectifs de lAd (fte)

10/10/2010| IslamWeb

La loi d’Allah, Exalté soit-Il, à laquelle Il soumet Ses créatures, implique que les événements de la vie ne se déroulent pas de manière uniforme et ne suivent pas un cours monotone et routinier. Bien au contraire, il fit du changement et de la diversité une loi naturelle à laquelle se plient la vie et les êtres vivants. Ceci est illustré par les fêtes qui viennent répondre aux besoins des gens, en se conformant à leur nature qui aime l’amusement et le changement et penche vers la nouveauté et la diversité. C’est ce qui explique pourquoi Allah, Exalté soit-Il, prescrivit l’Aïd Al-Fitr (fête de rupture du jeûne), qui a lieu juste après la prescription du jeûne, de même que l’Aïd Al-Adh-ha (fête du sacrifice) que l’on fête suite à l’accomplissement du Hadj (pèlerinage).

 
En effet, bien que les fêtes soient des traditions communes à toutes les sociétés et toutes les nations qui ont chacune leurs propres festivités et célébrations, les fêtes en Islam diffèrent quant à leurs objectifs et leurs significations.
 
A titre d’exemple, lorsque le Prophète, Salla Allahou `Alaihi wa Sallam, s'établit à Médine, il remarqua que ses habitants avaient deux jours de fête pendant lesquels ils se divertissaient.
Il leur demanda, Salla Allahou `Alaihi wa Sallam :
-              « Quels sont ces deux jours ? »
-              « Nous nous y divertissions auparavant, pendant la Djaahiliyyah (période préislamique) », lui répondit-on.
-              « Allah a substitué à ces deux jours deux autres bien meilleurs, à savoir : le jour d'Al-Adh-ha et le jour d'Al-Fitr », répliqua le Prophète, Salla Allahou `Alaihi wa Sallam. (Abou Daawoud et autres)
 
Parmi les éminents objectifs pour lesquels les fêtes furent prescrites en Islam, figure le fait de resserrer les rangs des membres de cette même communauté, de raffermir les liens de la foi et d’enraciner la fraternité religieuse entre les Musulmans de par le monde, conformément au Hadith du Prophète, l’élu, Salla Allahou `Alaihi wa Sallam : « Les croyants sont comme les matériaux d'un édifice, ils se renforcent mutuellement » (Boukhari).
 
L’Aïd en Islam n’est pas propre à un pays ou à un certain nombre de gens en particulier. Tous les Musulmans aux quatre coins du monde y participent là où ils se trouvent si ce sont des Musulmans croyants.
 
C’est pourquoi il est préconisé que toute la famille se dirige le jour de l’Aïd vers la mosquée sans laisser aucun de ses membres à la maison : enfants, personnes âgées, hommes ou femmes, toute la famille est appelée à y participer, même la femme en période de menstrues. Tout le monde doit se rencontrer, répéter le Tahliil (dire : « La Ilaha Illa Allah », Nul n’est digne d’être adoré en dehors d’Allah), le Takbiir (dire : « Allahou Akbar », Allah est le Plus Grand) et évoquer Allah, Exalté soit-Il, dans le but de réaliser l’objectif de l’Aïd.
 
Parmi les objectifs de l’Aïd, notons le fait de changer le rythme habituel de la vie et de rompre sa monotonie quotidienne. En effet, la nature humaine aime le changement et tend à varier les tâches habituelles qui lui incombent. L’Aïd devient ainsi une occasion propice pour introduire ce changement, pour se détendre, pour se reposer après tant de fatigue, pour se réjouir après tant de labeur et de peines, pour se délasser et se divertir dans la mesure de ce qu’Allah, Exalté soit-Il, a rendu licite.
 
C’est ainsi que la personne, de retour au travail, s’y remettra avec ardeur et entrain. C’est pourquoi, et Allah sait mieux, il a été interdit de jeûner le jour de l’Aïd. A cet égard, le Prophète, Salla Allahou `Alaihi wa Sallam, a dit :
 
« Les jours de Tachriiq (trois jours suivant le jour de Nahr, sacrifice) sont des jours où l’on boit, où l’on mange et où l’on évoque Allah » (Mouslim et autres).
 
Parmi les objectifs de l’Aïd, notons celui de se divertir et de s’amuser avec la famille, d’autant plus que les exigences de la vie et ses préoccupations ne manquent pas d’éloigner le père de ses enfants, le mari de sa femme et chacun de nous de ses proches.
 
A cet égard, `Aïcha, qu'Allah soit satisfait d’elle, a dit : « Le Prophète, Salla Allahou `Alaihi wa Sallam, entra chez moi alors que deux jeunes filles chantaient des chansons sur la Bataille de Bo`aath (la victoire de Bo`aath remportée par les Aws sur les Khazradj). Il s'étendit sur le lit en nous tournant le dos. Sur ces entrefaites, arriva Abou Bakr qui voulut les chasser en s'écriant :
- ‘Des chants diaboliques auprès du Messager d’Allah ?!’
Mais le Messager d’Allah, Salla Allahou `Alaihi wa Sallam, se tournant vers lui, lui dit :
- ‘Laisse-les ! C’est un jour de fête !’.
 
Puis, alors qu’Abou Bakr n'y prenait point garde, je fis un signe aux deux jeunes filles qui sortirent. C'était un jour de fête et les Africains jouaient avec leurs boucliers et leurs lances. Je demandai alors au Messager d’Allah, ou peut-être est-ce lui qui en prit l’initiative :
- ‘Veux-tu regarder ces jeux ?’.
- ‘Oui’, répliquai-je.
Il me plaça derrière lui, ma tête sur son épaule, ma joue contre la sienne, et lorsque je fus lassée de ce spectacle, il me dit :
- ‘En as-tu assez ?’
- ‘Oui’, lui répondis-je ».
Dans une autre narration, elle dit, qu'Allah soit satisfait d’elle : « Le Prophète, Salla Allahou `Alaihi wa Sallam, m’appela alors pour les regarder. Il me plaça derrière lui, et, la tête sur son épaule, je me mis à regarder leurs jeux. Et quand j'en eus assez de ce spectacle, c’est moi qui détournai mon regard de mon propre chef » (Boukhari et Mouslim).
 
Ce Hadith montre donc que la bonne humeur que l’on trouve durant l’Aïd lui est propre et que l’un de ses objectifs est de se détendre et de s’amuser avec la famille et les amis tout en respectant les limites de ce qu’Allah, Exalté soit-Il, nous autorisa.
 
A cet égard, Ibn Hadjar, qu'Allah lui fasse miséricorde, fit ce commentaire : « Parmi les enseignements à tirer de ce Hadith, notons le fait qu’il est permis de lâcher la bride à la famille les jours de l’Aïd de sorte qu’elle puisse se détendre, psychologiquement et physiquement après l’effort fourni lors des pratiques cultuelles, et que manifester sa joie lors des fêtes religieuses compte parmi les symboles de l’Islam ».
 
A cet égard, il s’avère impératif de souligner que cette détente et cet amusement ne signifient aucunement que les normes soient transgressées, les mœurs relâchées, les passions déchaînées et que les âmes se livrent aux péchés et aux plaisirs défendus, répondant ainsi aux appels de la passion et de Satan sans aucun élément dissuasif, qu’il s’agisse de la religion ou du sens de la pudeur ; tout ceci sous prétexte que l’Aïd est une occasion pour se délasser et se réjouir.
 
Parmi les objectifs fondamentaux de l’Aïd figure le fait de rappeler aux gens le droit que les indigents et les démunis ont sur eux, et de réconforter les pauvres et les nécessiteux en les aidant et en leur épargnant l’embarras de demander de quoi se nourrir ce jour-là en particulier ; et ce afin de voir la joie régner dans tous les foyers et rayonner au sein des familles. C’est précisément pour cette raison que furent prescrits le sacrifice lors de l’Aïd Al-Adh-ha et l’aumône de la rupture du jeûne lors de l’Aïd Al-Fitr.
 
L’Aïd est également une occasion pour concilier les âmes, adoucir les cœurs, raffermir les liens et les relations et dissiper les animosités et les rancoeurs. C’est ainsi que l’on verra les liens de parenté, jadis rompus, établis à nouveau ; l’on verra les gens qui s’aiment se réunir après une longue absence, et l’on verra les cœurs et les âmes devancer les mains pour se saluer avec affection.
 
Finalement, il est à souligner que l’Aïd est en soi une louange adressée à Allah, le Magnanime, qui accorda à Ses serviteurs la réussite dans l’accomplissement des pratiques cultuelles qui leur incombent et les aida à les parachever. C’est ce qu’Il confirme, Exalté soit-Il, par Sa parole (sens du verset) :
 
« (…) Afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d’Allah pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants! » (Coran 2/185)
 
Qu’Allah, Exalté soit-Il, agrée nos œuvres et les vôtres et que cette fête nous apporte le bien et la bénédiction.

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