Abû Sufiân ibn Harb, le père des Umayyades

29/02/2012| IslamWeb

Il s’agit d'Abû Sufiân Sakhr ibn Harb, qu’Allah soit satisfait de lui, le père de la mère des croyants Umm Habîba, qu’Allah soit satisfait d’elle, et du prince des croyants Mu’âwiya, qu’Allah soit satisfait de lui. Il était l’un des notables, chefs et sages des tribus arabes. Il avait dix ans de plus que le Prophète (). Il embrassa l’Islam le jour de la conquête de La Mecque. Après avoir pris part à la bataille de Hunayn aux côtés des musulmans, le Prophète () lui donna sa part de butin, soit cent chameaux et quarante uqiya-s (l’équivalent de 80 dirhams). Il dit alors au Prophète () : « Par Allah, tu es généreux. Puisses-tu vivre au prix de la vie de mon père et de ma mère. Par Allah, je t’ai combattu et tu a été le meilleur combattant, et j’ai fait la paix avec toi et tu a été le meilleur homme de paix. Qu’Allah t’accorde la meilleure récompense ».

Racontant l’histoire de la conversion d'Abû Sufiân à l’Islam, Ibn ‘Abbâs, qu’Allah soit satisfait de lui et de son père, dit que, le jour de la conquête de La Mecque, al-‘Abbâs, qu’Allah soit satisfait de lui, le conduisit au Prophète () lui demandant de lui accorder la sécurité. Le Prophète () s’adressa alors à Abû Sufiân et lui dit : « Malheur à toi, Abû Sufiân. N’est-il pas temps que tu attestes que nul n’est digne d’être adoré en dehors d’Allah ? ». Il lui répondit : « Puisses-tu vivre au prix de la vie de mon père et de ma mère. Tu respectes les liens de parenté et tu es très clément et généreux. S’il y avait une autre divinité qu’Allah, elle m’aurait été utile maintenant ». Le Prophète () poursuivit : « Malheur à toi, Abû Sufiân. N’est-il pas temps que tu attestes que je suis le Messager d’Allah ? ». Il répondit : « Puisses-tu vivre au prix de la vie de mon père et de ma mère. Tu es très clément et généreux et tu respectes les liens de parenté. Quant à ceci, j’ai encore des doutes ». Là, al-‘Abbâs, qu’Allah soit satisfait de lui, lui dit : « Malheur à toi ! Embrasse l’Islam et atteste que nul n’est digne d’être adoré en dehors d’Allah et que Muhammad est le Messager d’Allah avant que tu ne sois exécuté ». Il prononça alors les deux attestations et embrassa l’Islam. Puis, al-‘Abbâs, qu’Allah soit satisfait de lui, dit : « Ô Messager d’Allah, Abû Sufiân est un homme qui aime le prestige et la notoriété, accorde lui une faveur. ». Alors, le Prophète () l'honora et dit :

« Quiconque entrera dans la maison d'Abû Sufiân sera en sûreté. Quiconque entrera à la Mosquée sacrée sera en sûreté. Quiconque baisse son arme sera en sûreté. Et quiconque s’enfermera chez lui sera en sûreté » (Ibn Ishâq).

Le jour de la bataille de Tâ`if, Abû Sufiân, qu’Allah soit satisfait de lui, fut blessé à l’œil. Il alla voir le Prophète () et lui dit : « Voici mon œil qui a été atteint dans le sentier d’Allah ». Le Prophète () lui dit : « Si tu veux, j’invoquerai Allah pour qu’il guérisse et si tu veux, tu seras introduit en récompense au Paradis ». « Je préfère le Paradis », répondit Abû Sufiân, qu’Allah soit satisfait de lui (Ibn ‘Abd al-Barr).

Et le jour de la bataille de Yarmouk, Abû Sufiân, qu’Allah soit satisfait de lui, combattit sous l’étendard de son fils Yazîd, qu’Allah soit satisfait de lui. L’un des Compagnons l’entendit dire : « Approche, ô victoire d’Allah », puis il sermonna les gens en disant : « Ô gens, vous êtes l’élite des Arabes et les partisans de l’Islam, alors qu’eux, ils sont l’élite des Byzantins et les partisans du polythéisme. Seigneur, voici l’un de Tes jours glorieux. Seigneur, accorde la victoire à Tes serviteurs ».

Abû Sufiân, qu’Allah soit satisfait de lui, était un homme honnête, même à l’égard de ses adversaires : l’animosité qu’il éprouvait vis-à-vis du Prophète () avant d’embrasser l’Islam ne l’a pas empêché de dire la vérité, lorsque Héraclius l’interrogea à propos de Muhammad ().

Abû Sufiân, qu’Allah soit satisfait de lui, rendit l’âme au temps de ‘Uthmân ibn ‘Affân, qu’Allah soit satisfait de lui.

Source : L’Encyclopédie de la famille islamique

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