Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Comme vous l’avez indiqué, les péchés du serviteur se divisent en deux catégories :
1. Ceux qui relèvent exclusivement du droit d’Allah, tels que la consommation d’alcool, la fornication, etc. Leur auteur est soumis à la volonté d’Allah : s’Il veut, Il le châtie ; s’Il veut, Il lui pardonne. S’il s’en repent, Allah accepte son repentir.
2. Ceux qui impliquent à la fois le droit d’Allah et celui de Ses serviteurs, comme le meurtre et le vol. S’agissant du droit des créanciers, Allah ne le délaisse pas ; Il fait en sorte que celui qui subit une injustice soit dédommagé. C’est pourquoi les oulémas affirment qu’il est nécessaire que les victimes recouvrent leurs droits.
Certains oulémas ont expliqué le hadith auquel vous faites allusion en disant qu’Allah, connaissant la sincérité du repentir de ce meurtrier, a satisfait ses victimes à son sujet.
Dans ‘Umdat al-Qârî, commentaire du Sahîh al-Boukhârî par Badr ad-Dîn al-‘Aynî, il est dit :
« À propos de l’expression “Allah lui pardonna”, on pourrait demander : les droits des serviteurs ne disparaissent pas par le simple repentir ; il faut nécessairement obtenir le pardon des personnes lésées. La réponse est qu’Allah, lorsqu’Il accepte le repentir de Son serviteur, satisfait alors son adversaire. »
Et l’imam Ibn Hajar dit dans Fath al-Bârî, commentant ce même hadith :
« Cela doit être interprété ainsi : lorsqu’Allah accepte le repentir du meurtrier, Il se porte garant de satisfaire sa victime. »
Ainsi, les droits des opprimés ne se perdent jamais auprès d’Allah, le Juge équitable. Ils doivent nécessairement les recevoir le Jour de la Résurrection — comme cela est établi — ou bien Allah les satisfera et les dédommagera au sujet de qui Il veut parmi Ses serviteurs repentants et sincères.
Et Allah sait mieux.