Divorce et héritage

20-2-2014 | IslamWeb

Question:

Assalam alaykoum, Mon frère est décédé et a été séparé de sa femme depuis plus 6 mois sans enfant. Peut-elle hériter des biens de mon défunt père dont l’héritage n’est pas partagé. baraka oufik.

Réponse:

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons: 

Cette question nécessite de nombreux détails en raison de ses nombreuses ramifications et de la divergence des oulémas à son sujet. Quoi qu'il en soit, si votre frère avait répudié sa femme de manière révocable (c'est-à-dire le premier divorce ou le deuxième) et qu'il décède alors qu'elle était encore dans sa période de viduité, sa femme hérite alors de lui. Dans ce cas, peu importe que le divorce ait eu lieu alors qu'il était en bonne santé ou durant une maladie mortelle.

Si la mort est survenue après l’écoulement de la période de viduité, alors sa femme n'hérite pas si sa répudiation a eu lieu alors qu’il n’était pas un malade moribond. Elle n'hérite pas non plus s'il l'a répudiée de manière irrévocable (c'est-à-dire pour la troisième fois) à un moment où il n’était pas atteint d’une maladie mortelle. Dans ce cas, elle n'hérite donc pas de lui, et peu importe s'il décède alors qu'elle était encore dans sa période de viduité ou si elle été parvenue au terme de celle-ci. La période de viduité prend fin lors de l'accouchement pour la femme enceinte, au bout d'un délai de trois menstrues pour la femme qui n'est pas enceinte et qui a ses menstrues, ou au bout d'un délai de trois mois pour la femme qui n'a pas de menstrues en raison de son jeune âge ou de son âge avancé.

Par contre, s'il l'a répudiée de manière irrévocable (comme dans le cas d’une troisième répudiation) alors qu'il était atteint d'une maladie mortelle, les oulémas ont quatre avis sur son droit à l’héritage :

Le premier avis est qu'elle n'hérite absolument pas même s'il est accusé d'avoir voulu la priver d'héritage et même si le mari est mort durant la période de viduité. Tel est l'avis correct selon l'école chaféite. Le livre intitulé Al-Fiqh al-Islâmî écrit par Wahba al-Zuhaylî mentionne : « La femme n'hérite pas selon l'école chaféite même si le mari a voulu la priver d'héritage et est mort durant sa période de viduité, car la répudiation irrévocable coupe tout lien de mariage. »

Le deuxième avis est qu'elle hérite de lui dans l'absolu, et cela, qu'il soit accusé d'avoir voulu la priver d'héritage ou pas. Cet avis est celui de l'école malékite ainsi que l'un des deux avis de l'école hanbalite choisi par Cheikh al-Islâm Ibn Taïmiya comme l'a mentionné l'auteur du livre intitulé Al-Insâf. Elle hérite de lui dans l'absolu selon l'école malékite, et cela, qu'elle se soit remariée après lui ou pas. L'Encyclopédie de la jurisprudence mentionne : « L'école Malékite est d'avis qu'elle hérite dans l'absolu, c'est-à-dire que le divorce soit à sa demande ou pas même s'il est mort après qu'elle ait terminé sa période de viduité et qu'elle se soit remariée avec autrui. »

Le troisième avis est qu'elle hérite de lui s'il est accusé d’avoir voulu la priver d'héritage. Dans ce cas, elle hérite si elle ne s'est pas remariée et n'a pas apostasié. Par contre, si elle s'est remariée avec quelqu'un d'autre après lui ou si elle a apostasié, elle n'hérite pas de lui. Cependant, s'il n'est pas accusé d'avoir voulu la priver d'héritage comme dans le cas où elle lui aurait elle-même demandé de la répudier durant sa maladie mortelle et qu'il la répudia alors, elle n'hérite pas de lui. Tel est l'avis de l'école hanbalite. L'auteur du livre intitulé Al-Furû' a dit : « S'il l'a répudiée durant sa maladie mortelle et qu'il est accusé d'avoir voulu la priver d'héritage, elle hérite de lui si elle ne s'est pas remariée et n'a pas apostasié. »

Le quatrième avis est qu'elle hérite de lui si elle est encore dans sa période de viduité et qu'elle n'hérite pas de lui si sa période de viduité est terminée. Tel est l'avis de l'école hanéfite. Un des livres de l'école hanéfite initulé Al-ikhtiyâr li ta'lîl al-Mukhtâr mentionne : « Celui qui répudie irrévocablement sa femme durant sa maladie puis meurt, verra alors sa femme hériter de lui si elle est encore dans sa période de viduité, et ne pas hériter de lui si sa période de viduité est terminée. Par contre, s'il l'a répudiée de manière irrévocable à sa demande ou que la séparation est venue d'elle durant sa maladie alors, elle n'héritera pas de lui. »

Les détails mentionnés à propos de la troisième répudiation sont également valables concernant l’écoulement de la période de viduité d’une répudiation révocable avant la mort de celui qui ordonna la répudiation durant sa maladie.

Et Allah sait mieux.


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