Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Concernant le fait que l'employeur vous ait pardonné sans que vous n'ayez détaillé la nature et le montant du droit prélevé, la libération de la dette (barâ'at adh-dhimma) dans ce cas fait l'objet d'une divergence entre les savants.
L'Imam Al-Bukhari a consacré un chapitre à ce sujet : « Celui qui a subi une injustice, s'il en décharge l'auteur, celui-ci doit-il préciser l'objet de l'injustice ? ». Il cite le Hadith du Prophète Salla Allahou Alaih wallm) : « Que celui qui a lésé son frère dans son honneur ou ses biens s'en libère aujourd'hui, avant que ne vienne un jour où il n'y aura ni dinar ni dirham... ».
Certains savants estiment que le pardon est valide pour tout ce qui s'est passé entre les deux parties, même sans précision du montant. Cela libère l'auteur du tort dans ce monde et dans l'au-delà.
La décharge n'est valide que si l'auteur précise le montant ou la nature du bien dû, ou du moins une estimation proche. Ibn Battal rapporte que cette opinion s'appuie sur le Hadith précisant que l'on prélèvera des bonnes actions du fautif « à hauteur de l'injustice », ce qui suppose une quantité connue.
Dans la majorité de nos fatwas, nous préconisons qu'il est nécessaire de détailler le montant du droit pour plus de précaution et de sécurité spirituelle.
Toutefois, si vous vous en tenez à cette demande d'absolution générale (istihlâl 'âm) sans entrer dans les détails, en suivant l'avis des savants qui le permettent, cela ne vous est pas reproché. Le juriste Al-Bahuti mentionne d'ailleurs que le mufti peut laisser au demandeur le choix de suivre son avis ou celui d'un autre savant en cas de divergence notoire.
Allah sait mieux.