Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Les applications et plateformes pouvant être utilisées aussi bien à des fins licites qu’illicites sont, en principe, permises à concevoir et à développer, dès lors qu’elles ne sont pas intrinsèquement dédiées à l’illicite.
Toutefois, si l’usage illicite est prédominant ou largement répandu, l’interdiction prévaut, par prise en compte de la réalité.
Ash-Shawkânî a dit dans Al-Bahth al-Musfir :
« Ce qui ressort des preuves est l’interdiction de la vente de toute chose dont l’utilité est exclusivement limitée à un usage illicite, ou qui n’y est pas exclusivement limitée mais dont l’usage dominant est illicite, ou encore lorsque la vente a lieu dans l’intention d’en faire un usage illicite. Toute chose relevant de l’un de ces trois cas voit sa vente interdite…
Parmi les preuves du deuxième cas figure le hadith rapporté par At-Tirmidhî d’après Abû Umâma, selon lequel le Messager d’Allah (
) a dit :
“Ne vendez pas les chanteuses, ne les achetez pas, ne les formez pas ; il n’y a aucun bien dans leur commerce et leur prix est illicite.”
Or, il est connu que l’utilité des chanteuses n’était pas exclusivement limitée à l’illicite, mais comme leur usage dominant était illicite, la Loi religieuse leur a appliqué le même jugement que pour ce dont on ne tire aucun profit licite, en considérant le plus fréquent comme équivalent à la totalité. » (Fin de citation)
Il a également dit dans As-Sayl al-Jarrâr :
« Lorsque l’usage dominant du bien vendu est illicite, sa vente n’est pas permise. » (Fin de citation)
Sur cette base, si le demandeur estime très probable que la majorité des utilisateurs de cette plateforme la relieront à des comptes de banques usuraires et l’utiliseront comme aide pour des activités d’investissement illicites ou des prêts usuraires, il doit s’en abstenir dès le départ. En revanche, s’il n’existe pas une telle présomption dominante, le principe de base demeure la licéité.
Concernant les cryptomonnaies (Crypto), elles soulèvent, par nature, des problématiques juridiques religieuses, notamment quant à leur reconnaissance comme biens ayant une valeur légale ou non. Ces incertitudes empêchent de statuer de manière générale sur la licéité de leur échange et de leur investissement, comme cela a déjà été mentionné dans plusieurs fatwas antérieures.
Et Allah sait mieux.