Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Il ne convient pas au musulman de se laisser aller aux soupçons et aux conjectures au point d’imaginer que toute forme composée de deux lignes qui se croisent serait l’emblème de la croix. Tout ce qui ressemble à une croix ne prend pas nécessairement le statut juridique de la croix, surtout lorsque cette forme est dictée par des exigences techniques, sans que le fabricant ni l’utilisateur n’aient voulu imiter ce symbole.
Il incombe au musulman, lorsqu’il ignore le statut juridique d’une chose, d’interroger les oulémas avant d’adopter une position fondée sur une opinion dont il ne sait pas si elle est juste ou erronée. Allah, Exalté soit-Il, a dit :
« Interrogez donc les gens du rappel si vous ne savez pas » (Coran 16/43).
Le principe de base est qu’il est permis de poser le Coran sur une chaise, un support ou une table, qu’ils aient quatre pieds, un seul pied, ou toute autre forme, dès lors que l’endroit est pur, qu’il y a élévation du Mushaf et respect à son égard. Il n’existe aucune preuve imposant un type précis de pupitre.
En conséquence, ce que vous avez mentionné ne constitue pas une excuse vous permettant de délaisser la prière en groupe à la mosquée. Vous devez revenir accomplir les cinq prières avec les fidèles à la mosquée. Celui qui délaisse la prière à la mosquée sans excuse légale perd une immense récompense, et commet même un péché s’il la prie seul chez lui, car la prière en groupe est obligatoire selon l’avis le plus prépondérant des oulémas.
Même en admettant que ces pupitres aient effectivement la forme de croix, la prière dans la mosquée reste valide, et la présence d’objets ressemblant à des croix n’affecte pas sa validité. Or, si la prière est valide dans une église elle-même – bien qu’elle y soit réprouvée –, il est a fortiori plus évident qu’elle soit valide dans une mosquée, même en présence d’images de croix – si tant est qu’elles existent –, comme cela a été expliqué dans une fatwa antérieure.
Quant à ce que vous avez mentionné au sujet du fait que certains imams seraient jahmites, ou que certains croiraient à l’éternité des auteurs de grands péchés en Enfer, il convient à l’homme de ne pas attribuer de telles qualificatifs à autrui, sauf s’il possède une connaissance sûre et précise de ces croyances et qu’il est certain de leur présence chez ceux qu’il accuse.
Cheikh al-Islâm Ibn Taymiyya a dit dans Minhâj as-Sunna an-Nabawiyya :
« Les propos sur les gens doivent être fondés sur la science et la justice, non sur l’ignorance et l’injustice, comme c’est le cas des gens de l’innovation. » Fin de citation.
Le principe de base est d’avoir une bonne opinion des musulmans, surtout de ceux qui sont connus pour leur piété.
Il faut également se prémunir contre l’excès et la dureté excessive (tanattu‘), car celui qui s’y adonne est voué à la perdition – qu’Allah nous en préserve. L’exemple des Khâridjites est une leçon et un avertissement : ils ont fait preuve d’exagération et de sévérité jusqu’à déclarer mécréants les musulmans, à rendre licite le sang des Compagnons, et l’un d’eux est même allé jusqu’à se rapprocher d’Allah par le meurtre de ‘Alî ibn Abî Tâlib (qu’Allah soit satisfait de lui).
Et Allah sait mieux.