Le jeûne de la femme enceinte : statut et obligations

17-3-2026 | IslamWeb

Question:

Je suis enceinte de six mois et j'ai 40 ans. Je souffre chroniquement d'hypotension. Avant le Ramadan, j'ai consulté ma gynécologue qui m'a conseillé d'essayer de jeûner si j'en étais capable.
La première semaine s'est bien passée, mais j'ai commencé ensuite à souffrir d'acidité gastrique, de douleurs à l'estomac et de brûlures. Vendredi après-midi, j'ai vomi et je me suis sentie très mal, j'ai donc rompu le jeûne ce jour-là. J'ai pris un traitement contre l'acidité et, Dieu merci, mon état s'est amélioré. Cependant, mon problème réside dans l'hydratation : je n'arrive pas à boire suffisamment d'eau. Depuis le début de ma grossesse, j'ai une aversion pour l'eau ; mon état s'était amélioré récemment, mais l'aversion est revenue ces derniers jours.
Lors de ma précédente grossesse, j'ai subi un accouchement prématuré dû à un manque de liquide amniotique, et mon médecin m'a demandé de boire beaucoup d'eau. Aujourd'hui, mes urines sont foncées, même au moment de l'Iftar et avant l'aube (Souhour). M'est-il permis de ne pas jeûner demain par crainte de déshydratation et de chute de tension ? À noter que je suis moi-même médecin et que je travaille demain aux urgences de l'hôpital.

Réponse:

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Si la femme enceinte craint un préjudice pour elle-même ou pour son fœtus, il lui est permis de rompre le jeûne.


Par conséquent, il vous est permis de ne pas jeûner par crainte de la déshydratation ou d'un malaise vagal (chute de tension) durant le jeûne, d'autant plus que vous avez des antécédents médicaux et un risque avéré pour le fœtus. Il devient même obligatoire de rompre le jeûne si le préjudice pour vous-même ou votre enfant est confirmé en cas de jeûne.


Si vous rompez le jeûne par crainte pour vous-même et votre enfant simultanément, vous devez uniquement rattraper ce jour ultérieurement (Qada), sans aucune compensation financière (Fidya).


Si vous rompez le jeûne uniquement par crainte pour le fœtus, vous devez alors rattraper le jour et verser une compensation (Fidya). C'est l'avis juridique que nous adoptons dans nos fatwas.


Et Allah sait mieux.
 

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