Ma mère souhaite donner ou léguer ses biens à ses filles et priver son fils ingrat

3-6-2026 | IslamWeb

Question:

Assalamou alaykoum. Ma mère souhaite un avis islamique. Nous sommes 3 enfants (2 filles, 1 garçon). Depuis près de 3 ans, mon frère a rompu tout lien avec elle, ne prend aucune nouvelle et affirme ne plus la considérer comme sa mère. Seules mes sœurs et moi nous occupons d’elle. Peut-elle donner ou léguer ses biens uniquement à ses filles, ou doit-elle inclure son fils malgré cette rupture ? Afin d’agir selon la volonté d’Allah et sans injustice. BarakAllahu fikoum.

Réponse:

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

En ce qui concerne la donation de son vivant (Hiba) faite par la mère de ses biens à ses deux filles, en privant son fils ingrat (‘Aqq) : cela fait l'objet d'une divergence doctrinale entre les oulémas.
La position que nous adoptons dans nos Fatwas est que l'ingratitude filiale (‘Uqûq) s'apparente à de la perversité (Fisq). Si le fils persiste dans son attitude – après avoir été conseillé et averti –, il est alors permis de le priver de la donation, au même titre qu'on en priverait un pervers (Fâsiq).

Ibn Taymiyyah a mentionné dans Al-Fatawa al-Kubra :
« Si l'un des enfants est pervers et que son père lui dit : "Je ne te donnerai pas l'équivalent de tes frères tant que tu ne te seras pas repenti", cela est une bonne chose et constitue une exception nécessaire. Si l'enfant refuse de se repentir, c'est lui l'injuste ; mais s'il se repent, le père a l'obligation de lui donner sa part. » Fin de citation.

Quant au testament de la mère léguant ses biens après sa mort à ses deux filles, à l'exclusion de son fils ingrat : cela est illicite et ne peut être exécuté que si les héritiers – en l'occurrence, ici, le fils ingrat – l'avalisent. Les savants s'accordent en effet à dire qu'un testament en faveur d'un héritier n'est valide que si les autres héritiers l'approuvent.

Ahmad et Al-Tirmidhi ont rapporté d'après 'Amr ibn Kharijah que le Prophète () a dit :
« Certes, Allah a donné à chaque ayant droit son droit. Il n'y a donc pas de testament en faveur d'un héritier. » Al-Tirmidhi a qualifié ce hadith de bon et authentique (Hasan Sahih).

Dans Al-Marasil d'Abou Dawoud, d'après 'Ata al-Khurasani, d'après Ibn 'Abbas, le Messager d'Allah () a dit :
« Il n'y a pas de testament en faveur d'un héritier, à moins que les héritiers n'en décident autrement. »

Il est mentionné dans Al-Tamhid d'Ibn Abd al-Barr :
« L'Imam Malik a dit : "La tradition (Sunnah) qui ne fait l'objet d'aucune divergence chez nous est qu'un testament en faveur d'un héritier n'est pas permis." Et c'est exactement comme l'a dit Malik – qu'Allah lui fasse miséricorde – : c'est une tradition consensuelle sur laquelle les oulémas ne divergent pas si les héritiers ne l'avalisent pas. En revanche, si les héritiers l'approuvent, les avis diffèrent à ce sujet ; la majorité des juristes anciens est d'avis qu'elle devient valide pour l'héritier si les autres héritiers l'approuvent après la mort du testateur. » Fin de citation.

Et Allah sait mieux.

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